Lecture en maison d’arrêt et Permutations école jardin – Chaumont #7

Pour l’après midi doucement l’émotion particulière se déploie le lieu oui mais plus intimement le texte rendez-vous à la maison d’arrêt rencontre lecture à nouveau cette étrange sensation d’une surveillance et d’une gestion réglementaire qui serait pourtant familiales de l’entrée et des passages par les portes verrouillées dévérouillées, revérouillées. L’émotion qui est du trac et autre chose aussi parce que le texte que je viens lire est presque premier avoir choisi de lire ce qui n’a jamais été lu parce que des volontaires se sont inscrit décidée à venir avec ce qui aura une incidence donner quelque chose de réel enjeu en je en jeu l’histoire d’une naissance à travers un drôle de rêve parfois mauvais souvent même.
Ils sont quatre hommes nous sommes trois femmes et je sens que ma voix déraille en commençant à dire avant de lire et trouver le ton que ce texte fait dans ma tête.
Le voyage le trajet j’espère que je vous ai embarqué loin dira l’un ah oui dira un second trop loin même dira l’autre et on en rit parce que c’était une sorte  e constatation de voyage à revenir à cette table pour moi et à plus que ça pour eux chacun et celui qui n’a pas parlé tout de suite.
Les photos du brise-glace qui est dans le texte plein la table les livres et Désir nu livre culotte que chacun regarde solitaire pendant qu’ensemble avec les autres on discute.
La trace de plâtre sur fissures de la porte voûtée plein cintre de pierres emmurée blindée de métal maintenant. Les barreaux s’oublient puisqu’on les voit peu dans la salle mais les lames effilées du barbelé me frappent à chaque fois au dessus de nos têtes au moment de sortir par la dernière porte du mur d’enceinte.
Le lendemain matin un appel de l’institutrice on maintient je dis je vous suis de toute façon puis effectivement découvrir l’étendue de la pluie qui persiste et se renforce une moitié des élèves sera à l’abri accueillie dans l’école proche et les autres nous attendent déjà ça crie du haut du jardin on est à nouveau ravis de se trouver là vaguement abrités par les auvents des cabanes à outils. Chacun a ses affaires extraites de l’école pour être installées ici lieu au choix et je me précipite avec l’appareil dès que l’une ou l’un a terminé et appelle il pleut sans discontinuer manteau ouvert j’y protège dès que je peux mon appareil qui prend l’eau sans râler.
Il fait froid et je tape des pieds.
La maman qui accompagne sourit la maîtresse rigole moi aussi les élèves aussi sauf ceux qui sont sérieusement concentrés. Je suis admirative de leurs installations ils ont exactement compris cette chose que c’est de poser un élément dans un lieu et d’organiser en dialogue.
Le geste la liberté la projection et le principe de réalité avec ce qu’on a dans les mains et l’immense envergure de ce qu’il est possible d’imaginer, je crois que j’y projette le corps et notre condition même, humaine. La respiration que c’est de poser, ça, là, exactement, sans que personne n’ait rien à y redire, mais tout à y voir. Courir sous la pluie tous ensemble rend le moment intense et vivant on ne peut pas être qu’à moitié sous la pluie on est tous bien là.
Une vingtaine de Bic sur le banc en pierre et leur répartition aléatoire mais en tension à équidistance les uns des autres, la petite diagonale des surligneurs au centre de la hutte, sourire de la boîte qui se prend pour un nid dans les branches, s’étonner de l’assemblage entre les deux noisetiers, de l’empilement de manuels scolaires qui prennent l’eau déjà, prendre en photo les mains vos mains voilà de chaque côté de ce qu’ils ont installé sur les plateaux extérieurs des abris à outils.
sauveur pauline permutations école Chaumont résidence d'auteure
Tout le groupe repart et nous attendons les grands. Leurs installations diffèrent très attachés à ce qu’ils ont mis au point au préalable le matériel sert à plusieurs il faut attendre que chacun ait fini et que la photo soit prise. Les objets se conjuguent différemment les empilements s’équilibrent et signifient on est proche de la sculpture parfois tour immeuble personnage bombe de dessin animé.
sauveur pauline permutations école Chaumont résidence d'auteure

Quelle chance ils ont ces gamins d’avoir leurs deux maîtresses aussi engagées à les seconder les tirer les pousser leur apprendre leur montrer les accompagner entières qui les regardent aussi qui ouvrent leurs yeux sur chacun et qui découvrent et accueillent aussi elles acceptent d’être étonnées d’en apprendre. Quelle chance. Cette complicité qui n’est jamais donnée d’avance et là le plaisir qu’on a partagé.

Permutations – Chaumont #6

Arrivée à Chaumont
Un peu de temps et un café
Contente d’être la
On part pour la Rochotte
C’est atelier panier pour œufs de Pâques, atelier photo prévu mais reste à dire expliquer et embarquer des participants. Elles sont d’accord les trois mamans et les filles, ils sont d’accord les fils et chacun prend une chaise. Portraits dans le quartier, du quartier des habitants souriants et des chaises en ligne on s’installe et l’idée que c’est curieux tout de même que c’est pas commun juste ça les chaises dans le bout de jardin où il y a déjà des primevères. C’est étrange de poser et d’ailleurs je ne leur demande rien mais on discute et on rit les enfants sont fiers de leur réalisation les mamans acceptent de s’asseoir avec les enfants sur les genoux.
Deuxième installation entre les piliers de la coursive du rez-de-chaussée il faut se tasser un peu pour tous s’y asseoir puis enfin sous les arbres plus loin ça fait une colline alors je grimpe dans une jardinière
aux fleurs absentes pour être à la même hauteur, chaises dispersées, on se
demande ce que vous attendez je dis.
sauveur pauline la Rochotte habitants Chaumont résidence d'auteure permutations
Retour à la maison de quartier les autres paniers avancent de nouveaux arrivants une femme et son mari monsieur très élégant, lui veut bien
et une maman me dit non non non je ne suis pas bien sur les photos vraiment je réponds qu’il ne s’agit pas d’un portrait classique plutôt une vue dans le quartier et des habitants après trois refus à mon quatrième essai avec les photos de la séance d’avant avec le mur de micro ondes elle s’étonne sourit et accepte d’autant que son fils veut participer et que sa fille plus jeune veut suivre son frère. Tous les quatre s’installent avec les chaises et le presque soleil qui dessine les branches sur le mur de l’immeuble où vivent les chats dans la cave. Les rires sont magnifiques et le plaisir d’essayer ensemble sans autre enjeu que celui d’être là eux qui s’assoient  moi avec l’appareil et absolument rien de grave on réfléchit ensemble les idées de chacun à voix haute le monsieur indique le cerisier en fleur là-bas et je pense à l’élégance de la femme qui se tourne vers ses enfants et qui dira à la fin quand on porte les chaises vers le retour qu’en fait c’était bien.
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Jeudi matin tôt debout pour aller à l’école permutations le jardin dans l’école aujourd’hui on est en avance et décidément les sourires en arrivant de bus on est mutuellement contents de se revoir j’ai le temps d’un café parce qu’il y a une sorte de petite récré avant que la matinée ne commence ils ont chacun préparé un extrait de jardin la maîtresse en famille est retournée au parc Agathe Roullot le week-end pour pouvoir alimenter encore ses élèves de branches du lierre du houx de l’if et des graviers. Commencent les installations elles ont été réfléchies et testées et améliorées ils se sont emparés de l’idée pour que ça soit un paysage un dessin un collage un zoo là c’est l’eau des requins et là les girafes certains ont choisi dans les étagères d’autres au pied de la table sur une écorce une pierre c’est un visage oui c’est toi elle éclate de rire à l’idée qui lui plait. Je demande elle trouve ils tiennent on essaye ensemble un réflecteur grande feuille de papier blanc pour lumière de dehors parfois nécessaire ah oui ça éclaire les reflets sur les feuilles je râle un peu contre la balance des blancs c’est nuageux ou fluorescent mais pas les deux alors que si justement.
sauveur pauline permutations école Chaumont résidence d'auteure
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L’autre partie de la matinée c’est le calme et la confiance et la voix enjouée de la maîtresse qui me dit l’école désertée tous les petits partis de sortie alors l’envolée des grands au top départ c’est la course permutations dans la salle info dans le couloir devant la porte vitrée de la cour au pied du copieur sous le bureau de l’atelier dans la classe oui parce que c’est tranquille et je grimpe sur la chaise puis le bureau pour prendre de là haut l’image puis la salle de sport les tables le hall la symétrie du carrelage dans l’axe de l’entrée l’axe de la feuille l’axe de l’installation je redis la force du cerveau qui réfléchit et qui dit aux bras de faire faire aux mains la symétrie des éléments qui se posent, à l’image de la première symétrie que l’on voit le visage les visages qui se sont penchés sur nous.
Je me suis étonnée en même temps de la brusquerie qu’ils ont entre eux et de l’énervement joué qui devient vrai les bousculades qu’ils ont pour s’agacer beaucoup c’est présent autant que cette envie de faire et l’enthousiasme de participer et de le crier fort pour le dire plus
Discussion des adultes avant de repartir sur les prévisions du lendemain pluvieux le bus est réservé cet accord ensemble que c’est pas si grave la pluie qu’il reste une chance que ça ne soit pas un déluge et qu’on maintient on saura faire dans tout les cas.