Nouvelles maisons et préparations – Chaumont #8

La restitution d’une presque année de résidence se prépare aux Silos, maison du livre et de l’affiche, de Chaumont.

Exposition multiple :
Des portraits en quartier, fait avec les habitants de la Rochotte

Des Photos des installations réalisées par les écoliers de Bricon, dans leur classe et dans le beau jardin Agathe Roullot, intérieures et extérieures, Permutations Poétiques.

Le son, la voix, des étudiants du Lycée Charles de Gaulle, sur leurs textes.
Et la mise en forme d’une publication-création en riso(graphie).

Projet qui a pu débuter grâce aux efficaces conseils, en quelques minutes (décisives) de Benjamin Cheminat, graphiste de l’agence Des monstres sous mon lit, et à ceux de l’association Chaumont Design Graphique, avec qui se feront les tirages.

La riso est une machine entre le copieur et l’imprimante, qui fonctionne sur le principe de couleurs qui se superposent (une seule couleur peut avoir plusieurs niveaux de concentration). Le résultat est intéressant car imparfait, les couches étant légèrement décalées.

Ici tests bicolores : Noir et Or, faits sur mon imprimante qui elle, ne décale rien. Le rendu riso sera un peu moins net, moins uniforme et plus intéressant.

Affaire à suivre !

nouvelles texte photo sauveur pauline résidence d'auteure Chaumont impression riso

 

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Envisager – résidence Essonne #4

Extrait du journal de résidence
mené avec la Bibliothèque départementale de l’Essonne
et le Parc Naturel Régional du Gâtinais Français.
 
10 février 2016
La carte postale, la question de l’image et les questions dans l’image.
Cette carte, invitation participative, sera à déposer par les participants directement là où elle aura été prise, chaque lieu qui prendra un stock de cartes aura donc une boîte pour les réceptionner. Préciser ce que c’est : un P.O.P.S, un petit objet poétique et singulier, pour donner envie de répondre poétiquement.
Dire ce que c’est.
autoportrait BDP et PNR Gâtinais Essonne résidence d'auteure sauveur pauline
Sortir de la communication me dis-je, sortir et aller vers l’invitation, l’objet poétique, le revendiquer, l’afficher, l’affirmer, ce qui fera la différence ?
Essayer une image au verso, grisée, photo à la chaise, traitée comme un fond. Essayer la chaise dans le paysage dans la carte postale.
autoportrait BDP et PNR Gâtinais Essonne résidence d'auteure sauveur pauline
Se rendre compte que le retour en arrière n’est pas possible : les trois questions s’éclairent de la présence de quelqu’un dans l’image, du corps et de sa chaise. Penser à mettre le mot pierre pour que le grès revienne, lui qui affleure, qu’il affleure donc dans l’écriture et l’invitation.
Des dates probables avec Séverine Delbosq, avec Pierre Giraud, avec Laurent Herrou, avec Mathieu Simonet, avec Barroux, avec Caroline Bartal.
Comme un cadeau ces rencontres.
Appelé hier soir le gérant de la pizzeria-bar-épicerie. Quand je me présente il répond : attendez, je m’assoie et vous allez me raconter une histoire. Cette histoire voulait-il dire ? Cette histoire de lecture ? Et quand j’évoque le projet Presq’îl-e : ah, ça, si on commence à entrer dans le sujet on va en avoir pour des heures : devenir soi, ça concerne tout le monde.
Le plaisir que c’est de s’entendre dire ça, exactement : racontez-moi, allons-y, je m’assois.
16 février 2016
Johann le Guillerm. J’ai un livre sur cet artiste, qui se définit comme un alchimiste qui cherche à créer ce qui n’existe pas encore, en marge du cirque. Sur ce que c’est que l’espace, l’espace du mot cirque, qui est non frontal. Qui aborde le corps-outil, qui crée un monde de tensions, qui amoncelle, assemble, rassemble, fait fonctionner, avancer, marcher des éléments. Chaque seconde de son spectacle « Secret » m’a plu, une à une, chaque scène, l’imaginaire prend vie, sous la forme d’une machine, d’un objet animé et poétique, d’un animal mécanique. Et ce dialogue muet du corps dans l’espace qui joue, sans précipitation, avec lenteur parfois minutieusement, parfois comme une fuite ou un combat.
23 février 2016
Envisager.
Tout le temps ce verbe.
Avancer, dans les strates du projet, la question de la vidéo, du son, du journal, des ateliers, des rencontres.
Écrire « envisager » ne suffit pas.
Écrire, décrire, développer, travailler.
24 février 2016
Pas de photo à la chaise aujourd’hui. Trop tard et trop de pluie. Lecture à voix haute (aimer lire) au démarrage de l’atelier maquettes structure cabane refuge maison. Avec contraintes littéraires. C’est prenant, avec grand plaisir. Pluie dans la cour commune à la bibliothèque et à la pizzeria. Rentrer au parc faire le point, rire et s’organiser pour le lendemain. Du monde au château le soir : Anaïs, Anne et ses enfants Adèle et Nathan et Samir. Vincent arrive tard. Manger ensemble et parler d’amour et de sexe. Longtemps. S’exclamer mais c’est le seul truc important !
Se garer loin, puis trimbaler la chaise tout le long de la piste cyclable interdite aux voitures qui s’enfonce dans les bois.
25 février 2016
Se garer loin, puis trimbaler la chaise tout le long de la piste cyclable interdite aux voitures qui s’enfonce dans les bois. Le Cyclop est monumental et endormi en travaux d’hiver.
Cyclop BDP et PNR Gâtinais Essonne résidence d'auteure sauveur pauline
Cyclop BDP et PNR Gâtinais Essonne résidence d'auteure sauveur pauline
Sa langue dans le plan d’eau aux 400 m2 de miroirs couverts d’un filet parce qu’ils tombent, reflétant la forêt. Les remplaçants (miroirs) attendent l’autorisation administrative depuis des années. L’oreille géante bouge sa tonne sur une charnière immense, les passerelles et les balcons, la tour éphémère dégringole immobile depuis 25 ans de travaux et d’entretien sans fin.
Cyclop BDP et PNR Gâtinais Essonne résidence d'auteure sauveur pauline
La molécule de la pilule, matérialisée, voulue, invitée dans la bouche du Cyclop, dans l’arrière-gorge, cette nécessité de la dire, de l’avaler, de l’intégrer, cette liberté qu’elle donne qu’il faut affirmer et protéger et le besoin de se battre pour se faire entendre, depuis le début, le boulot que c’est.
Le sol en damier et la sculpture de Niki à toucher porte-bonheur les cornes et les crânes de céramique joyeuse. Le compteur électrique pour l’énergie qu’il a fallu attention ne pas débrancher les fils (et les filles ?).
La bouche d’aération de Beaubourg tournée vers le bas comme un plongeoir Invitation au suicide (de Niki) avec un crâne monumental.
Le pénétrable sonore (de Jesús-Rafael Soto) cube fébrile de tubes suspendus avec un vide au centre pour écouter les cloches qu’on croirait folles. ça sonne plus fort quand c’est un grand qui passe à travers, à cause des épaules.
Cyclop BDP et PNR Gâtinais Essonne résidence d'auteure sauveur pauline
La suite sur le site remue.net : Notes #7.
A lire également les notes précédentes ainsi que les autres rubriques sur la page de la résidence
Belle lecture !

Lecture en maison d’arrêt et Permutations école jardin – Chaumont #7

Pour l’après midi doucement l’émotion particulière se déploie le lieu oui mais plus intimement le texte rendez-vous à la maison d’arrêt rencontre lecture à nouveau cette étrange sensation d’une surveillance et d’une gestion réglementaire qui serait pourtant familiales de l’entrée et des passages par les portes verrouillées dévérouillées, revérouillées. L’émotion qui est du trac et autre chose aussi parce que le texte que je viens lire est presque premier avoir choisi de lire ce qui n’a jamais été lu parce que des volontaires se sont inscrit décidée à venir avec ce qui aura une incidence donner quelque chose de réel enjeu en je en jeu l’histoire d’une naissance à travers un drôle de rêve parfois mauvais souvent même.
Ils sont quatre hommes nous sommes trois femmes et je sens que ma voix déraille en commençant à dire avant de lire et trouver le ton que ce texte fait dans ma tête.
Le voyage le trajet j’espère que je vous ai embarqué loin dira l’un ah oui dira un second trop loin même dira l’autre et on en rit parce que c’était une sorte  e constatation de voyage à revenir à cette table pour moi et à plus que ça pour eux chacun et celui qui n’a pas parlé tout de suite.
Les photos du brise-glace qui est dans le texte plein la table les livres et Désir nu livre culotte que chacun regarde solitaire pendant qu’ensemble avec les autres on discute.
La trace de plâtre sur fissures de la porte voûtée plein cintre de pierres emmurée blindée de métal maintenant. Les barreaux s’oublient puisqu’on les voit peu dans la salle mais les lames effilées du barbelé me frappent à chaque fois au dessus de nos têtes au moment de sortir par la dernière porte du mur d’enceinte.
Le lendemain matin un appel de l’institutrice on maintient je dis je vous suis de toute façon puis effectivement découvrir l’étendue de la pluie qui persiste et se renforce une moitié des élèves sera à l’abri accueillie dans l’école proche et les autres nous attendent déjà ça crie du haut du jardin on est à nouveau ravis de se trouver là vaguement abrités par les auvents des cabanes à outils. Chacun a ses affaires extraites de l’école pour être installées ici lieu au choix et je me précipite avec l’appareil dès que l’une ou l’un a terminé et appelle il pleut sans discontinuer manteau ouvert j’y protège dès que je peux mon appareil qui prend l’eau sans râler.
Il fait froid et je tape des pieds.
La maman qui accompagne sourit la maîtresse rigole moi aussi les élèves aussi sauf ceux qui sont sérieusement concentrés. Je suis admirative de leurs installations ils ont exactement compris cette chose que c’est de poser un élément dans un lieu et d’organiser en dialogue.
Le geste la liberté la projection et le principe de réalité avec ce qu’on a dans les mains et l’immense envergure de ce qu’il est possible d’imaginer, je crois que j’y projette le corps et notre condition même, humaine. La respiration que c’est de poser, ça, là, exactement, sans que personne n’ait rien à y redire, mais tout à y voir. Courir sous la pluie tous ensemble rend le moment intense et vivant on ne peut pas être qu’à moitié sous la pluie on est tous bien là.
Une vingtaine de Bic sur le banc en pierre et leur répartition aléatoire mais en tension à équidistance les uns des autres, la petite diagonale des surligneurs au centre de la hutte, sourire de la boîte qui se prend pour un nid dans les branches, s’étonner de l’assemblage entre les deux noisetiers, de l’empilement de manuels scolaires qui prennent l’eau déjà, prendre en photo les mains vos mains voilà de chaque côté de ce qu’ils ont installé sur les plateaux extérieurs des abris à outils.
sauveur pauline permutations école Chaumont résidence d'auteure
Tout le groupe repart et nous attendons les grands. Leurs installations diffèrent très attachés à ce qu’ils ont mis au point au préalable le matériel sert à plusieurs il faut attendre que chacun ait fini et que la photo soit prise. Les objets se conjuguent différemment les empilements s’équilibrent et signifient on est proche de la sculpture parfois tour immeuble personnage bombe de dessin animé.
sauveur pauline permutations école Chaumont résidence d'auteure

Quelle chance ils ont ces gamins d’avoir leurs deux maîtresses aussi engagées à les seconder les tirer les pousser leur apprendre leur montrer les accompagner entières qui les regardent aussi qui ouvrent leurs yeux sur chacun et qui découvrent et accueillent aussi elles acceptent d’être étonnées d’en apprendre. Quelle chance. Cette complicité qui n’est jamais donnée d’avance et là le plaisir qu’on a partagé.

Permutations – Chaumont #6

Arrivée à Chaumont
Un peu de temps et un café
Contente d’être la
On part pour la Rochotte
C’est atelier panier pour œufs de Pâques, atelier photo prévu mais reste à dire expliquer et embarquer des participants. Elles sont d’accord les trois mamans et les filles, ils sont d’accord les fils et chacun prend une chaise. Portraits dans le quartier, du quartier des habitants souriants et des chaises en ligne on s’installe et l’idée que c’est curieux tout de même que c’est pas commun juste ça les chaises dans le bout de jardin où il y a déjà des primevères. C’est étrange de poser et d’ailleurs je ne leur demande rien mais on discute et on rit les enfants sont fiers de leur réalisation les mamans acceptent de s’asseoir avec les enfants sur les genoux.
Deuxième installation entre les piliers de la coursive du rez-de-chaussée il faut se tasser un peu pour tous s’y asseoir puis enfin sous les arbres plus loin ça fait une colline alors je grimpe dans une jardinière
aux fleurs absentes pour être à la même hauteur, chaises dispersées, on se
demande ce que vous attendez je dis.
sauveur pauline la Rochotte habitants Chaumont résidence d'auteure permutations
Retour à la maison de quartier les autres paniers avancent de nouveaux arrivants une femme et son mari monsieur très élégant, lui veut bien
et une maman me dit non non non je ne suis pas bien sur les photos vraiment je réponds qu’il ne s’agit pas d’un portrait classique plutôt une vue dans le quartier et des habitants après trois refus à mon quatrième essai avec les photos de la séance d’avant avec le mur de micro ondes elle s’étonne sourit et accepte d’autant que son fils veut participer et que sa fille plus jeune veut suivre son frère. Tous les quatre s’installent avec les chaises et le presque soleil qui dessine les branches sur le mur de l’immeuble où vivent les chats dans la cave. Les rires sont magnifiques et le plaisir d’essayer ensemble sans autre enjeu que celui d’être là eux qui s’assoient  moi avec l’appareil et absolument rien de grave on réfléchit ensemble les idées de chacun à voix haute le monsieur indique le cerisier en fleur là-bas et je pense à l’élégance de la femme qui se tourne vers ses enfants et qui dira à la fin quand on porte les chaises vers le retour qu’en fait c’était bien.
sauveur pauline la Rochotte habitants Chaumont résidence d'auteure permutations
Jeudi matin tôt debout pour aller à l’école permutations le jardin dans l’école aujourd’hui on est en avance et décidément les sourires en arrivant de bus on est mutuellement contents de se revoir j’ai le temps d’un café parce qu’il y a une sorte de petite récré avant que la matinée ne commence ils ont chacun préparé un extrait de jardin la maîtresse en famille est retournée au parc Agathe Roullot le week-end pour pouvoir alimenter encore ses élèves de branches du lierre du houx de l’if et des graviers. Commencent les installations elles ont été réfléchies et testées et améliorées ils se sont emparés de l’idée pour que ça soit un paysage un dessin un collage un zoo là c’est l’eau des requins et là les girafes certains ont choisi dans les étagères d’autres au pied de la table sur une écorce une pierre c’est un visage oui c’est toi elle éclate de rire à l’idée qui lui plait. Je demande elle trouve ils tiennent on essaye ensemble un réflecteur grande feuille de papier blanc pour lumière de dehors parfois nécessaire ah oui ça éclaire les reflets sur les feuilles je râle un peu contre la balance des blancs c’est nuageux ou fluorescent mais pas les deux alors que si justement.
sauveur pauline permutations école Chaumont résidence d'auteure
sauveur pauline permutations école Chaumont résidence d'auteure
L’autre partie de la matinée c’est le calme et la confiance et la voix enjouée de la maîtresse qui me dit l’école désertée tous les petits partis de sortie alors l’envolée des grands au top départ c’est la course permutations dans la salle info dans le couloir devant la porte vitrée de la cour au pied du copieur sous le bureau de l’atelier dans la classe oui parce que c’est tranquille et je grimpe sur la chaise puis le bureau pour prendre de là haut l’image puis la salle de sport les tables le hall la symétrie du carrelage dans l’axe de l’entrée l’axe de la feuille l’axe de l’installation je redis la force du cerveau qui réfléchit et qui dit aux bras de faire faire aux mains la symétrie des éléments qui se posent, à l’image de la première symétrie que l’on voit le visage les visages qui se sont penchés sur nous.
Je me suis étonnée en même temps de la brusquerie qu’ils ont entre eux et de l’énervement joué qui devient vrai les bousculades qu’ils ont pour s’agacer beaucoup c’est présent autant que cette envie de faire et l’enthousiasme de participer et de le crier fort pour le dire plus
Discussion des adultes avant de repartir sur les prévisions du lendemain pluvieux le bus est réservé cet accord ensemble que c’est pas si grave la pluie qu’il reste une chance que ça ne soit pas un déluge et qu’on maintient on saura faire dans tout les cas.

Habitants participants – Chaumont #5

Attention c’est chaud, ça brule !
Les enfants, vous venez ? Aller, on partage.
Une part. Vous faites passer.
Les enfants en ont tous eu ?
Maman y a pas la fève ! (une toute petite voix).
Attend je t’explique, là, tu poses la pâte, puis tu poses la fève et puis tu mets le truc.
Et toi, tu restes un peu ?
Heureusement qu’on a cette salle, hein ?
J’avais pris mon lapin, mais je l’ai rentré, il a peur sinon. Mais j’en ai un autre.

résidence auteure sauveur pauline Chaumont la Rochotte permutations atelier photo

En janvier.
On est passé à l’Eco-point.
Qui est une invention simple et judicieuse et pas couteuse, de l’office d’HLM du quartier : pour lutter contre le lâcher de monstres sauvages, choisir un garage inutilisé. Lui coller une belle et immense pancarte. A partir de là, il suffit de lâcher le monstre devant la porte basculante. A n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. La télé foutue, le frigo qui chauffe, le canapé élimé, la chaise abimée, la table à trois pattes. Le technicien-gardien, passe, voit l’objet à jeter et le range très méticuleusement dans cet ancien garage, en vu de son recyclage.

On m’a dit : ça te tente l’Eco point ?
Tu fais ce que tu veux avec tout ce qu’il y a dedans.
Ah oui !

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Donc à l’Eco point.
Puis la maison de quartier où la séance galette des rois se prépare.
C’est une bonne idée, les participants sont nombreux.
Puisque les galettes sont au four, presque tout le monde se laisse convaincre, ceux venus avec un objet comme ceux venu pour le goûter.

Le mur de micro-ondes,
un fauteuil
des sourires encore
des rires
de la timidité devant l’appareil
de leur part de l’amusement bienveillant
devant mes idées curieuses
du sérieux et de la lumière dans les yeux
avec un objet ou pas dans les mains.

résidence auteure sauveur pauline Chaumont la Rochotte permutations atelier photo
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Etre dehors,
assis dehors
poser, avec deux petites soeurs
la grande est fière et belles et les jumelles suivent

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Je me sens reconnaissante
chaque fois
pour ces moments, ce temps
qu’ils acceptent de partager
leur attention
qu’ils accordent à ce projet
ces photos

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Et puis
Rentrer le fauteuil
rentrer les micro-ondes
rentrer au chaud
manger de la galette fumante

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merci à vous 🙂
et merci à l’équipe des Silos, maison du livre et de l’affiche
Et maintenant, préparer l’expo de juin…

Témoignages des descendants de carriers – Résidence Essonne #3

Je suis née le 24 décembre 1934 à Arbonne la Forêt. Mes parents étaient originaires de Slovaquie. Ils sont arrivés en France en 1929.

A Arbonne, il y avait essentiellement des agriculteurs. Les gens avaient des fermes et il n’y avait pas d’ouvriers carrier. La main-d’œuvre était essentiellement Slovaque, Portugaise et Italienne.

Alors moi le jeudi j’amenais le repas de mon père en vélo. J’aimais bien aller en  forêt. Il travaillait vers Noisy sur école vers la forêt des trois pignons. Il fallait s’enfoncer dans le bois où il y beaucoup de châtaigniers. J’allais le regarder travailler et je lui apportait son repas. J’aimais beaucoup le voir.

Pour travailler, les patrons de carriers devaient avoir des concessions. Pour cela, ils allaient au bureau de tabac pour acheter un timbre. Les deux partis signaient le timbre en mentionnant la date. Les concessions étaient données pour 3, 6 ou 9 ans.

Puis ensuite, les carriers rendaient le terrain au propriétaire. Les carriers signaient un bail sous seing privé, c’est-à-dire qu’ils ne passaient pas devant le notaire.

Les carriers mettaient les pavés dans des tombereaux tirés par les chevaux. Ils mettaient un cheval à l’arrière pour freiner les tombereaux. Les charrettes étaient équipées avec des barres de chêne fixées en travers pour éviter que les bordures ne glissent.
La taille était un art. Il fallait être puissant et précis ; le coup devait toujours tomber au même endroit, comme les bûcherons. Il y avait une justesse de l’arrivée du coup.

Mon grand-père était un activiste socialiste. Quand il est venu en France il y avait Jaurès, le « phare ». Et l’abattoir était un lieu très intense d’activistes socialistes, en lutte contre les propriétaires terriens, c’était sévère. Politiquement, les carriers étaient très engagés à gauche.

Ils ne votaient pas mais en parlaient beaucoup et arboraient le drapeau rouge. Les carriers étaient également très anticléricaux et ils ont fait bien des misères aux curés. Cela s’est atténué avec l’arrivée des Portugais qui étaient très religieux.

Quand j’étais plus jeune, souvent, mon père ne travaillait pas le jeudi pour rester avec moi et m’empêcher ainsi de monter à la carrière. S’il travaillait, je montais l’après-midi vers 4h avec un petit casse-croûte.

Comme il ne voulait pas que je devienne carrier plus tard, il m’éloignait souvent du chantier, me demandait d’aller voir Lino et Bielle, savoir si ils avaient de la bonne pierre, où ils en étaient. Comme cela, il m’éloignait du chantier pendant 2h et le temps que je revienne, il était l’heure de rentrer.
C’était quand même un travail difficile. J’ai vu plusieurs fois mon père s’évanouir parce qu’il avait tapé avec une masse pendant des journées entières. Quand on tape pendant toute une journée avec une masse, le cœur est fragilisé. Mon père pouvait s’évanouir le soir tellement il était fatigué. C’est arrivé aussi sur la carrière.

Dans la région, j’ai vu les carriers travailler avec simplement un marteau, une masse et un pointeau. Ils ne mettaient pour ainsi dire pas de lunette. Combien de fois mon père a été obligé d’aller chez l’opticien quand il y en avait un dans le coin ou sinon chez le docteur, pour faire retirer des éclats de fer dans les yeux. Il en avait dans les bras parfois.

Les carriers fendaient directement la pierre avec des outils en acier. C’est pour cette raison qu’il y avait trois forgerons à Boutigny. A la forge, quand le métal était chauffé, il passait par toutes les couleurs. Puis, à un moment précis, il fallait le tremper dans l’eau. Certains forgerons trempaient le métal dans de l’huile de récupération.

(…) Extraits de témoignages de descendants de carriers. 

Témoignages récoltés par le Parc Naturel Régional du Gâtinais.

Résidence d’auteure en cours
avec la bibliothèque départementale de L’Essonne
et le Parc Naturel Régional du Gâtinais.

Journal de la résidence à lire sur la page dédiée à la résidence sur le site de la revue littéraire remue.net

Habitants souriants – Chaumont #4

Rencontre à la maison de quartier de la Rochotte
Quelles personnes sont là,
mais aucunes ne compte rester pour l’atelier annoncé :
« photos intérieur/ extérieur » semble faire peur.

Alors, avant qu’ils ne partent tous,
je tente plus simple.
J’allais écrire le tout pour le tout.
Mais non pas d’enjeu vital, pas de bataille.
Mais oui, plonger, sauter sans filet.
Même s’il n’y a que le risque du refus, poli qui plus est.

Je propose que chaque personne pose avec un objet.

Profiter du pan de mur rouge
du vert pomme du canapé pour enfant
du blanc alvéolé du radiateur
du sourire de chaque personne
de leur regard amusé
et de leur attente un peu sur la réserve.

Finalement plein d’images.
Les mains, les objets, les clés, les tasses, les gens, les sourires, la lumière.

C’est assez simple et joyeux.
L’enthousiasme est communicatif.
Je compte sur mon sourire pour faire sourire,
comme nous a raconté Rinko Kawauchi avec ses modèles.

La dame qui gère la maison
la jeune femme avec elle
la petite fille qui a fait des bonhommes de neiges en chaussettes
le monsieur qui vient avec son appareil photo
le stagiaire qui est aussi pigiste au journal local
la dame qui a travaillé avec des réfugiés  » j’en ai eu plein, de partout hein, alors le globe, c’est quand même lié à mon travail, là, même si je ne suis jamais allée nulle part »
madame le maire
la dame avec un T-shirt de toutes les couleurs
La dame du service d’urbanisme
Céline des Silos
la belle vielle dame qui était venue aussi aux lectures,
qui me fait penser à mes grands mères,
le papa de la petite fille qui sourit, qui veut bien poser avec sa fille, qui repart chercher la chaise qu’il a fabriqué lors de l’atelier palettes, sa fille assise et sérieuse, qui veut bien se lettre debout sur la chaise de son père, et lui qui lui dit de jouer les stars, puis il rajoute » tout le monde ! Tout le monde ! »

Et voilà.
12 personnes, et de quoi convaincre les prochains, j’espère, avec les photos 🙂
Et toujours cette envie de réaliser « les Permutations »
Les photos dedans dehors.

Avant cette séance
on avait rencontré les deux responsables de l’Eco point, qui recycle les monstres.
Vu le nombre de garages vides dans le quartier, quelques uns sont utilisé pour accueillir les monstres.
Chacun peut laisser devant l’Eco point ce qu’il ne veut plus, et le technicien qui travaille dans le quartier, en passant ouvre le portail et range (extrêmement bien) l’objet avant qu’il ne soit recyclé.

Et un canapé vous auriez ça?
Oh oui, pas de problème, il y en a plusieurs même.
Et au moment de partir l’une d’elles me propose : et une lampe de salon, un petit meuble ça vous dirait pour votre installation?
Ah oui 🙂

Affaire à suivre
en janvier
Qui sait
Peut-être sous la neige ?

Un automne*public averti – l’expo

Des photos de la belle expo !

L’expo privée est visible jusqu’au 18 octobre.
Renseignements sur la page Facebook de public averti*

La performance d’Alexandra Guillot

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Les sculptures de Caroline Valmar dans le petit salon

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L’installation lumineuse de Jean-Baptiste Ganne dans l’une des chambres

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Les photos de Cyrille Berger à l’étage des greniers

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Les photos de Torsten Solin dans le couloir proche de l’entrée

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Et les miennes dans une autre chambre : « Anima / Animal »