Laurent Herrou & Pauline Sauveur / Un monde_Tir à vue (chronique remue.net)

« Attendre dans le hall puis passer ensemble de ces portes fermées au public. Savourer sa chance. Passer dans les coulisses les pièces les bureaux. Découvrir la petite salle de répétition au plafond haut et ses tableaux en fenêtres sur le cours d’eau d’en face. Le micro ? Sur la poubelle à l’envers je propose, pour ne pas avoir à se pencher, qu’il soit à hauteur de bouches, pour qu’on puisse lire nos sept parties successives sans se soucier de l’angle de la tête avec le corps et les feuilles, pour n’avoir qu’à estimer notre proximité avec le micro, ce qui sera déjà bien assez. On sursautera aux portes qui claquent et on éclatera de rire au solo de batterie qui se jouera juste dans la salle à côté alors que normalement le mercredi rien y a personne personne je vous assure !
(…) »


Pauline Sauveur [12 juin 2017]

A voir, à lire, sur le site remue.net,  ce texte double, qui prend corps, prend voix, et cette fois s’enregistre.

Faire l’andouille (sur la vidéo) et attaquer le texte sérieusement l’instant d’après.

Les articles de la chronique, qui se poursuivra jusqu’au 14 juillet :

1 – LH et PS | Un monde_Tir à vue (introduction)
Deux textes mêlés dès le départ pour une lecture performance, qui se croisent et se répondent, qui abordent le politique, l’indissociable dimension politique de ce que nous sommes, dans une approche fragmentaire du quotidien, à travers ce qu’il peut y avoir de plus intime, de plus banal parfois.

2 – LH et PS | Un monde_Tir à vue (l’art n’est pas une guerre)
Un jour, un message tombe dans la boîte mail, je clique, un voisin, auteur, nouvellement installé à Bruxelles, passé par hasard devant la devanture d’éléments de langage (EDL) souhaiterait venir voir de plus près ce qui s’y trame. Nous convenons d’un rendez-vous.

3 – LH et PS | Un monde_Tir à vue (enregistrement)
Je me dis à l’écoute que nos deux voix se répondent au delà de l’intention du départ, plus fort que ce que le postulat de base postulait. Elles se répondent à la mesure de l’intuition qui présidait au collage initial. C’est audible à nouveau.

4 – LH et PS | Un monde_Tir à vue (lire en écho)
Lire à haute voix, à deux voix, au public, c’est chaque fois mettre en jeu l’espoir de l’écho, intérieur, silencieux, qui touche ceux qui écoutent. C’est ce qui parfois se forme sans se voir, et qui parfois revient.

Bonne lecture !

Friches et fragments – expo photo reportée

Le Pac des Ouches, le lieu de l’expo, n’est pas en friche mais bien en chantier et les joies de la réhabilitation, quand on se situe sous (oui exactement dessous) le petit Théâtre de Nevers, qui lui aussi est en chantier, font que les travaux de plâtrerie, plomberie et d’électricité se prolongent…

L’exposition est donc reportée à une date ultérieure !

—————————————————–

Du 7 au 28 juin 2017, “friches et fragments”
exposition organisée par le CAUE 58

Friche industrielle, urbaine ou rurale.
C’est le thème transversal de cette exposition, dont la première partie correspond à un regard personnel sur des espaces en attente, à l’abandon ou en devenir (usine Lambiotte de Prémery, caserne Pittié de Nevers, locaux industriels de Garchizy…)

Une seconde partie présente différentes actions de sensibilisation à l’architecture menées avec le CAUE de la Nièvre, sur l’idée de la friche et ce qui en découle : requalification, transformation, évolution du bâti (avec des scolaires, primaire collège ou BTS, des habitants…).

Ce travail découle d’une résidence de création menée avec le CAUE58, qui a également donné lieu à un blog dédié : Friches et mutations.

Exposition ouverte
du 7 au 28 juin
au Pac des Ouches à Nevers
ouverture du mardi au samedi 10-12h et 14-19h
03 86 61 42 67

Vernissage le mardi 6 juin à 18h00
Entrée gratuite

Plus d’informations et inscription
CAUE 58 : 03 86 71 66 90

Et en exclusivité mondiale
les affiches qui ont été faites
mais qui n’ont pas été retenues  : )

Un monde_tir à vue / lecture

C’est avec plaisir que je prépare, avec Laurent Herrou
la lecture à deux voix
du texte double Un monde_tir à vue.

La lecture aura lieu à Bourges
au café Un pavé dans la mare

On vous attend
le jeudi 8 juin
à partir de 19h !

café associatif un pavé dans la mare
73 rue bourbonnoux
18000 bourges
tel : 09 87 02 11 84

Le lien vers la page Facebook du collectif :
*public averti_collectif
et
des infos également ici.

***

« J’avais envoyé deux photographies à Pauline : l’une d’une carte postale de Nice que j’avais reçue le lendemain du 14 juillet, et un portrait de moi (la plage, Marseille). J’avais proposé à Pauline de faire de même, sans nous consulter, et que nous mettions en commun nos propositions : ce serait la base de cette lecture que nous allions faire, le 12 août au prieuré. Pauline avait joué le jeu et comme je le pressentais, nos images se répondaient. Comme nos mots se répondent.
(…) » L. H.

« et puis
on s’en fout de la poésie qu’est ce que tu crois
les mots la poésie la littérature hein ces conneries oui
y a ceux qui disent ça et il y a ceux qui s’indignent mais enfin voyons mais pas du tout pas du tout enfin mais la poésie la poésie enfin voyons la littérature la littérature les grands mots dans les grandes bouches les grands cris des grands hommes et des grandes femmes
(…) » P. S.

 

une préface – deviens ce que tu es

Deviens ce que tu es

c’est aussi
la préface de Christophe Dillinger,
qui est notamment photographe, rédacteur en chef et fondateur de Square Magazine, consacrée à la photo carrée, strictement carrée.

« Parfois, l’image ne suffit pas.

C’est pareil quand on parle. On se met vite à agiter les bras, à montrer du doigt, on dessine dans l’air. Les mots ne suffisent plus non plus.
Une photo, ça prend une fraction de seconde. Mais ça n’est pas toujours assez pour saisir le moment. Un moment, ça peut durer des minutes entières, voire même des années. On nous parle de Punctum. Certains veulent nous faire croire qu’une photo, ça devrait suffire. Que le reste, c’est de la gnognotte.

Le Punctum, je l’ai ressenti une seule fois dans ma vie. C’était à une exposition qui s’intitulait je crois « Controversies: A Legal and Ethical History of Photography » qui avait lieu à la Bibliothèque nationale à Paris en 2011, organisée par Daniel Girardin, Christian Pirke et Petr Nedoma. Quelques 80 photos, des baisers interdits de Toscani (interdites en Italie), à Abu Ghraib. Et puis, au détour d’une cloison bénigne, La petite fille et le vautour de Kevin Carter. Et là c’est le coup de poing dans l’estomac. Les larmes me viennent aux yeux et je m’offre un « fuck ! » qui résonne dans toute la galerie. On me regarde de biais mais je m’en fous. Je le tiens, mon punctum, après 40 ans de recherche.

Un punctum tous les 40 ans, alors qu’on ne vienne pas me rabâcher les oreilles avec la puissance de la photographie. C’est un art comme les autres. Un art qui a ses limites : essayez de prendre en photo une licorne qui vole dans un ciel vert. Vous ne pouvez pas ? C’est étrange, le moindre marmot de 5 ans peut le dessiner, lui. (…)  »
Christophe Dillinger

Le livre est en vente
sur le site des éditions Jacques Flament
ISBN : 978-2-36336-307-7
80 pages
Format 210 × 210 cm
Parution avril 2017
Collection Images & mots
Prix : 20 €

Deviens ce que tu es – parution

Trans.
Transformer.
Transporter.
Transhumance et migration des poils, le troupeau silencieux.
Transylvanie ? Littéralement région au-delà des forêts.
Partir, traverser les forêts inconnues et hantées des contes, celles des épreuves initiatiques.

C’est un rituel qu’il va falloir apprendre.
Les aiguilles c’est du modèle enfant, ça rentre tout seul.
La première fois, j’ai dit bon, OK on y va et j’ai tapé fort en plein la cuisse, paf ! Comme ça. L’infirmière a hurlé : mais vous êtes fou ? Ça m’a fait marrer, je voyais pas où était le problème ça m’a fait mal trois jours, je n’arrivais plus à marcher. Mais au bout de cinq jours c’est parti.

Faire entrer la lumière.
Début des travaux percement d’une ouverture dans le mur du salon. Se mettre de la lumière à l’intérieur, se mettre en lumière. Ouvrir grand.
(…)

Deviens ce que tu es
devenir soi
se chercher
s’atteindre
trouver
transformer
chercher encore

Ce livre photo représente une étape de plus dans ce projet vaste qu’est Presqu’îl-e. Une rencontre un long cours, un projet multiple à la fois photographique, littéraire, théâtral…

Je suis très heureuse de cette nouvelle étape, qui est aussi le prolongement direct de l’exposition photo qui existe depuis 2014.
Elle fut exposée au Luisant à Germigny l’Exempt (18) (expo lecture)
puis l’année d’après aux Silos à Chaumont (52) (résidence d’écriture)
et enfin à Confluences (75) pour Trans time – dégenrez-vous (expo lecture).

C’est un projet qui a aussi été publié dans la revue Square Magazine qui se consacre à la photo carrée et plus précisément dans le n° 602 (2015) après avoir été hébergé et en chantier lors d’une résidence numérique.

Le sujet a également progressé, en filigrane tout le long de ma résidence en Essonne, dont le journal est en ligne sur le site remue.net.

C’est un projet
qui continue
encore.

En vente sur le site des éditions Jacques Flament
Collection : Images & mots

ISBN : 978-2-36336-307-7
80 pages
Format 210 × 210 cm
Parution avril 2017
Prix : 20 €

Sauvage(s)! – parution

Sauvage(s)!

c’est un livre collectif édité par ONiva, pour Ogres Nourris à l’Insouciance Vibrante de l’Art (oui, carrément) est un éditeur lyonnais.
C’est une maison qui se définie elle-même comme « farouchement indépendante, intégralement associative, raisonnablement démocratique, écologiquement responsable et foncièrement humaine« .

C’est un livre, née d’une image, celle de l’écriture-fauve, d’une main qui griffe la page lors d’un atelier d’écriture, avec les yeux de celle à qui appartient la main, cachés derrière une longue mèche de cheveux noirs.

C’est un livre avec
les textes de fabienne bergery, valérie sourdieux, judith lesur,
joséphine caraballo, marlène tissot, prune chanay, loutre barbier,
aurélie ruffié, lara caproni, pauline sauveur, polina vittoria,
servane danton, marie-lise priouret, anne-laure néron
et les illustrations de dorothée richard.

EXTRAITS :
« (…)
Paysages de mots tus et bouches cousues à travers le monde. Que deviennent tous les milliards de cris tus par jour ? Nos larynx finiront-ils atrophiés à force de ravaler ce qui devrait naturellement jaillir de nos gorges déployées ? (…) »
Le cri tu tue / Joséphine Caraballo

« (…)
Ils prennent sur tes battements de cœur
Sur ta respiration
Ils ont pris l’intérieur
Et ils restent en-deçà. Ils tournent… (…) »
La meute-loups / Marie-Lise Priouret

« (…)
24 images seconde qui déploient la tragédie, participent à l’apologie de l’horreur. La propagande en marche se rue sur nous…
À quelques mètres de moi, dans la chambre, son corps ensommeillé respire, palpite.
Je connais exactement l’endroit où la menace ne m’atteint pas, où je me dispense du monde. (…) »
Vivantes / Valérie Sourdieux Zoppardo

« (…)
Je me fonds dans l’eau avec vous, je suis l’habitante de l’étang autant que vous, puisque je vis et respire avec vous, et je vous vois tous, je vous parle et vous comprends, êtres majestueux, je suis femme et nous avons les mêmes besoins et les mêmes plaisirs. (…) »
Entre chien et loup / Fabienne Bergery

« (…)
il ne faut plus rêver, il faut dépasser le rêve. (…) »
Soleil par terre / Laurence Loutre-Barbier

« (…)
D’ailleurs, je te berce tu sais. Tu vois bien. Tu sens. Le bercement.
Tu mords, tu mords, mais c’est pas grave.
Non, j’ai pas peur. Pourquoi j’aurais ? (…) »
Deux mains les dents / Pauline Sauveur

Sauvage(s)!
textes / photos / dessins
84 pages
11 x 17 cm
ISBN 978-2-915356-18-2
12 euros

Chez elle – parution

« presqu’île presqu’elle presqu’une île et de l’eau de l’eau partout de l’eau en ville j’habite chez elle et je dors dans le bureau il y a de gros travaux dehors dans le bureau je dors au pied du fusil mitrailleur je dors des boîtes de cartouches et la mallette en alu bien rangés je dors bien je pars à l’école chaque matin je file droit jusqu’au parc moche de l’église je tourne à gauche et j’entre dans le quartier de la montagne rouge
(…) »

Un texte court et deux photographies, dans le livre édité par Littérature mineure, imprimé et plié par Marie-Laure Dagoit, éditrice aussi élégante que son catalogue.

Chez elle
pauline sauveur
8 euros

Le drôle de chat qui mord – parution

Il est sorti, ce 10 février 2017, aux éditions de la Souris qui raconte !

Le drôle de chat est une drôle d’histoire…
Au départ, je voulais écrire sur l’architecture, les maisons.
Puis c’est devenu tragique et grave (au début).
Et la maison, comme les habitants ont appris à traverser le temps, à doucement continuer.

Le livre est numérique.
Pas de papier, ni de carton pour la couverture, pas d’album dans les mains.

J’ai d’abord découvert les premiers croquis de Giovanna Gazzi.
Puis ses propositions de mise en page et en animation.
Et en janvier dernier j’ai ouvert un mail avec le chemin de fer, c’est à dire l’enchainement de toutes les pages, le corps du livre avec l’intégration du texte. Quelle émotion !

Il y a peu, j’ai regardé le livre complet. Car oui le numérique fait livre. La voix raconte, les images s’étendent sur deux pages, une avec le texte de la page et l’autre pour le dessin. La musique effleure les pages, donne le ton, les bruitages légers accompagnent la lecture. Les animations, si simples, pleines de poésie.

Je suis très heureuse de faire partie d’une tel ensemble !

« Le drôle de chat qui mord
Ou
Le tamanoir froissé
Le tigre du Berry aux dents acérées
Le coléoptère géant qui dort à moitié

Quelle est cette ombre triste et glacée ?
Installée dans la maison, dans la clairière, dans la forêt ?
À côté du champ d’orge et de blé ?
Il était une fois, il y a fort longtemps, une femme et un homme qui s’aimaient.
Ils trouvèrent un grand pré, une clairière et un morceau de forêt.
Ils étaient jeunes et beaux, jeunes et amoureux.
Donc, plein d’amour et de volonté, ils commencèrent à labourer le champ, couper du bois et construire une maison. Ainsi passait chaque jour. Et ainsi chaque soir passait.
A la nuit tombée, ils retournaient à la petite cabane qu’ils habitaient juste à l’orée des bois, en attendant que leur maison soit terminée. La saison passait et chaque histoire grandissait : l’orge et le blé dans le champ, l’enfant dans le ventre de sa mère et le toit sur la grande et belle et unique pièce de la maison en bois. Au début de l’automne ils s’installèrent, et commencèrent immédiatement la construction d’une petite chambre à l’arrière, tournée vers la forêt.
Au printemps ce fut la joie. Mais, l’enfant attendu, c’est un mystère, touché par une maladie sans nom, ne vécu que le temps d’une saison. Inconsolables et malheureux les amoureux fermèrent la petite chambre et condamnèrent la porte par une belle étoffe brodée.
(…) »

Auteure : Pauline Sauveur
Illustratrice : Giovanna Gazzi
Conteuse : Cécile Givernet
Animateur : Prakash Topsy
Développement : Pierre Canthelou
Editions : La souris qui raconte

Et pour en savoir un peu plus,
vous pouvez aller lire notre interview croisée sur le blog de la Souris,
extrait de l’interview :

(…)
LSQR :
Les illustrations de Giovanna Gazzi, d’une délicatesse infinie, respectent votre phrasé. Pas de pathos, mais au contraire une immense bienveillance sur ce sujet vivant qu’est la mort ! Vous le dites si bien ! Qu’avez-vous éprouvé à leur découverte, et si je vous demandais de choisir une seule image dans tout le livre, quelle serait-elle ?

PS :
Ce fut assez long je me souviens, pour trouver la personne qui prendrait en charge l’illustration. Mais j’étais confiante, car il me semble que l’idée de base dont on avait parlé ensemble, d’un dessin délicat et plein de poésie, était ce qu’il fallait pour ce texte. Aussi, j’ai beaucoup aimé ce que j’ai découvert du travail de Giovanna quand vous m’avez envoyé le lien.
Et dès les premier croquis j’ai adoré. C’était très beau de voir sa proposition, de voir le déroulé d’images prendre forme. Je me souviens aussi de l’instant où j’ai découvert le chemin de fer complet, c’était le 7 janvier 2016, il pleuvait, j’étais en déplacement, et j’ai ouvert le mail dans un café. J’étais sous le charme et heureuse. Je l’ai évoqué dans le journal de résidence que j’écrivais à ce moment là comme d’un moment lumineux. (c’est grâce au journal que je me souviens de la date !)

Pour choisir une seule image, quelle affaire ! J’aime toutes les petites bébêtes qui traversent l’écran, j’aime beaucoup l’arbre au fil des saisons, et la page avec le lièvre le tamanoir et le hérisson fâché !
Mais à choisir une seule page ce serait celle avec le petit bonhomme de bois sur le buffet. J’ai été étonnée et emballée par chaque détail, comme d’avoir 4 ans et de poser le nez sur le rebord du meuble pour regarder entre les bols, les vases, et les pots de fleurs. Mais heureusement le livre comporte plein de pages, on peut toutes les aimer !
(…)

Pour voir les 14 premières pages : un extrait gratuit du drôle de chat.

Les éditions fonctionnent sur un principe d’abonnement.
Vous trouverez toutes les infos sur leur site.

Bonne lecture !

Klaxon à Bruxelles *public averti avec éléments de langage

éléments de langage éditions Pascale Fonteneau Caroline Coppé Yannick Kujawa Laurent Herrou Pauline Sauveur Klaxon *public averti lecture rencontre auteurs

C’est un vrai plaisir de préparer prochainement cette nouvelle session de klaxon, soirée de lectures, à Bruxelles, accueillis par éléments de langage, comptoir éditorial indépendant et par Nicolas de Mar-Vivo.

Vous pourrez entendre, écouter, voir et rencontrer :
Pascale Fonteneau, Caroline Coppée, Yannick Kujawa, ainsi que les deux fondateurs de *public averti, Laurent Herrou et moi-même.

Buffet offert à partir de 18h
Livres en vente sur place, ceux des auteurs et bien sûr ceux des éditions éléments de langage.
Bienvenus !

Et en attendant écouter voir le lecteur en ces lieux qui nous accueillent :

éléments de langage éditions conception sonore Kivasana le lecteur Nicolas de Mar-Vivo
Le lecteur, contre-performance de Nicolas de Mar-Vivo.
(Montez le son !) – Conception sonore : Kivasana

« Deviens ce que tu es » en préparation

Choix des photos
ordre des images
choix des mots des phrases
choix de la place des mots
à quelle page
relire et relire
lire la préface en préparation par Christophe Dillinger
fondateur et rédacteur de Square Magazine*
s’en réjouir
voir la maquette électronique en pdf
scruter
relire encore
dire oui à un BAT (bon à tirer)
et s’en re-réjouir

Préparation du livre Deviens ce que tu es
à paraitre aux éditions Jacques Flament
collection Images et mots.

sortie prévue
avec le soleil et le printemps, en avril !

collection Images et Mots pauline sauveur auteure editions Jacques Flament deviens ce que tu es

 

pauline sauveur auteure préface Christophe Dillinger deviens ce que tu es Jacques Flament éditions

 

*Square mag, qui m’a accueillie en résidence numérique sur ce sujet
et à retrouver au fil du blog ici.

 

La maison digère – expo photo

« (…)
La maison ferme les yeux.
C’était chez lui, il y a peu, il y a cinq ou six ans, une petite éternité. Il a laissé des objets, la frange de la masse immense des affaires matérielles, qu’on trimbale et qui s’accordent à nos gestes essentiels. Manger, dormir, aimer, grandir, vieillir et vivre chaque jour. Machine à l’arrêt, elle les laisse fondre sous la langue et mâchouille rêveusement. Objets usés, ils s’amenuisent, se perdent et s’inutilisent. Oblitéré, superflus, sans valeur pour même se voir embarqués aux portes du dernier déménagement.

La maison rumine, inlassable, un pot à crayon, une assiette ébréchée, la rallonge de la table, la soucoupe, un réveil sans boutons, deux torchons, un outil rouillé. 
(…) »

La maison digère, les yeux clos derrière ses volets

Lignières restaurant l'Hirondelle auteure sauveur pauline la maison expo lecture

 

samedi 25 mars 2017
vernissage lecture et dégustation offerte
de 18h à 19h00
Je suis ravie d’être accueillie
au restaurant l’Hirondelle
34 Grande Rue, 18160 LIGNIERES
renseignements tel : 02 48 60 09 21
L’exposition s’installe jusqu’au 25 avril !
Les affiches non retenues
(mais les photos font partie de l’exposition !)
Lignières restaurant l'Hirondelle auteure sauveur pauline la maison expo lecture

 

Lignières restaurant l'Hirondelle auteure sauveur pauline la maison expo lecture

 

Lignières restaurant l'Hirondelle auteure sauveur pauline la maison expo lecture
Au plaisir de vous croiser à cette occasion 🙂

Sauvage(s)! lecture rencontre et dédicaces à Lyon !

Jeudi 9 mars à partir de 19h
MJC du Vieux Lyon
5 place Saint-Jean Lyon 5ème
Sauvage(s)!
avec
et
les textes de fabienne bergery, valérie sourdieux, judith
lesur, joséphine caraballo, marlène tissot, prune chanay, loutre
barbier, aurélie ruffié, lara caproni, pauline sauveur, polina
vittoria, servane danton, marie-lise priouret, anne-laure néron

et les illustrations de dorothée richard

et la présence de presque toutes ce jeudi !

EXTRAITS :
« (…)
Paysages de mots tus et bouches cousues à travers le monde. Que deviennent tous les milliards de cris tus par jour ? Nos larynx finiront-ils atrophiés à force de ravaler ce qui devrait naturellement jaillir de nos gorges déployées ? (…) »
Le cri tu tue / Joséphine Caraballo
« (…)
Ils prennent sur tes battements de cœur
Sur ta respiration
Ils ont pris l’intérieur
Et ils restent en-deçà. Ils tournent… (…) »
La meute-loups / Marie-Lise Priouret
« (…)
24 images seconde qui déploient la tragédie, participent à l’apologie de l’horreur. La propagande en marche se rue sur nous…
À quelques mètres de moi, dans la chambre, son corps ensommeillé respire, palpite.
Je connais exactement l’endroit où la menace ne m’atteint pas, où je me dispense du monde. (…) »
Vivantes / Valérie Sourdieux Zoppardo
« (…)
Je me fonds dans l’eau avec vous, je suis l’habitante de l’étang autant que vous, puisque je vis et respire avec vous, et je vous vois tous, je vous parle et vous comprends, êtres majestueux, je suis femme et nous avons les mêmes besoins et les mêmes plaisirs.
Entre chien et loup / Fabienne Bergery
« (…)
il ne faut plus rêver, il faut dépasser le rêve. (…)
Laurence Loutre-Barbier
« (…)
D’ailleurs, je te berce tu sais. Tu vois bien. Tu sens. Le bercement.
Tu mords, tu mords, mais c’est pas grave.
Non, j’ai pas peur. Pourquoi j’aurais ? (…) »
Deux mains les dents / Pauline Sauveur
Au plaisir de vous y croiser !

à propos de Chez elle

Merci à Jean-Paul Gavard-Perret pour son regard sur le livre l’écriture et ses mots sur l’objet du texte des textes.

Merci
pour son article sur le site le Littéraire
dont voici le début :

« Domaine de la lutte
Au fil du temps, et au lieu de dormir, Pauline Sauveur apprit à écrire dans le noir. « Une feuille / Sous le réveil » et un feutre « Le bic peut ne pas, lui, / et alors au matin /vague trace d’une pointe sans encre /illisible ».

Vient le temps ensuite de photographier cette feuille et le monde qui se lève. Chez elle, ou ailleurs «presqu’île, presqu’elle (…) j’habite chez elle et je dors dans le bureau ».
Pauline Sauveur ne demande pas beaucoup. Presque rien.
Juste une chose : qu’on lui « foute la paix ». Pas asociale pour autant. Elle a même vécu une existence qu’on appellera conjugale — choisir à ce point pour en parler le temps, le mode et l’usage. Elle a compris avec le temps que celui d’être est essentiel. Alors trouver sa place nécessite un certain espace ou recul. Regarder, éprouver l’espace, les bruits. Saisir avec lenteur le lieu puis le retenir dans ce qui est son contraire : la photo, « l’instant précipité ».

(…) »

auteure sauveur pauline éditions littérature mineure chez elle JP Gavard Perret article lelitteraire
à propos de Chez Elle, Littérature Mineure, Rouen, 2017 — 8,00 €.

Parution – Le drôle de chat qui mord

Il est sorti, ce 10 février 2017, aux éditions de la Souris qui raconte !
Le drôle de chat est une drôle d’histoire…

éditions la souris qui raconte Le drôle de chat qui mord sauveur pauline auteure Giovanna Gazzi illustratrice

Au départ, je voulais écrire sur l’architecture, les maisons.
Puis c’est devenu tragique et grave (au début).
Et la maison, comme les habitants ont appris à traverser le temps, à doucement continuer.

Le livre est numérique.
Pas de papier, ni de carton pour la couverture, pas d’album dans les mains.

Tout d’abord, j’ai découvert, les premiers croquis de Giovanna Gazzi.

éditions la souris qui raconte Le drôle de chat qui mord sauveur pauline auteure Giovanna Gazzi illustratrice

Puis ses propositions de mise en page et en animation.

éditions la souris qui raconte Le drôle de chat qui mord sauveur pauline auteure Giovanna Gazzi illustratrice

En janvier dernier j’ai ouvert un mail avec le chemin de fer, c’est à dire l’enchainement de toutes les pages, le corps du livre avec l’intégration du texte. Quelle émotion !

Et il y a peu, j’ai regardé le livre complet.
Car oui le numérique fait livre.
La voix raconte, les images s’étendent sur deux pages, une avec le texte de la page et l’autre pour le dessin. La musique effleure les pages, donne le ton, les bruitages légers accompagnent la lecture. Les animations, si simples, pleines de poésie.

Je suis très heureuse de faire partie d’une tel ensemble !

éditions la souris qui raconte Le drôle de chat qui mord sauveur pauline auteure Giovanna Gazzi illustratrice
« Le drôle de chat qui mord
Ou
Le tamanoir froissé
Le tigre du Berry aux dents acérées
Le coléoptère géant qui dort à moitié
Quelle est cette ombre triste et glacée ?
Installée dans la maison, dans la clairière, dans la forêt ?
À côté du champ d’orge et de blé ?
Il était une fois, il y a fort longtemps, une femme et un homme qui s’aimaient.
Ils trouvèrent un grand pré, une clairière et un morceau de forêt.
Ils étaient jeunes et beaux, jeunes et amoureux.
Donc, plein d’amour et de volonté, ils commencèrent à labourer le champ, couper du bois et construire une maison. Ainsi passait chaque jour. Et ainsi chaque soir passait.
A la nuit tombée, ils retournaient à la petite cabane qu’ils habitaient juste à l’orée des bois, en attendant que leur maison soit terminée. La saison passait et chaque histoire grandissait : l’orge et le blé dans le champ, l’enfant dans le ventre de sa mère et le toit sur la grande et belle et unique pièce de la maison en bois. Au début de l’automne ils s’installèrent, et commencèrent immédiatement la construction d’une petite chambre à l’arrière, tournée vers la forêt.
Au printemps ce fut la joie. Mais, l’enfant attendu, c’est un mystère, touché par une maladie sans nom, ne vécu que le temps d’une saison. Inconsolables et malheureux les amoureux fermèrent la petite chambre et condamnèrent la porte par une belle étoffe brodée.
(…) »
Autrice : Pauline Sauveur
Illustratrice : Giovanna Gazzi
Conteuse : Cécile Givernet
Animateur : Prakash Topsy
Développement : Pierre Canthelou
Editions : La souris qui raconte

 

Et pour en savoir un peu plus,
Finlande Helsinki le Drôle de chat qui mord écriture photographie Sauveur pauline auteure
extrait de l’interview :
(…)
LSQR :
Les illustrations de Giovanna Gazzi, d’une délicatesse infinie, respectent votre phrasé. Pas de pathos, mais au contraire une immense bienveillance sur ce sujet vivant qu’est la mort ! Vous le dites si bien ! Qu’avez-vous éprouvé à leur découverte, et si je vous demandais de choisir une seule image dans tout le livre, quelle serait-elle ?
PS :
Ce fut assez long je me souviens, pour trouver la personne qui prendrait en charge l’illustration. Mais j’étais confiante, car il me semble que l’idée de base dont on avait parlé ensemble, d’un dessin délicat et plein de poésie, était ce qu’il fallait pour ce texte. Aussi, j’ai beaucoup aimé ce que j’ai découvert du travail de Giovanna quand vous m’avez envoyé le lien.
Et dès les premier croquis j’ai adoré. C’était très beau de voir sa proposition, de voir le déroulé d’images prendre forme. Je me souviens aussi de l’instant où j’ai découvert le chemin de fer complet, c’était le 7 janvier 2016, il pleuvait, j’étais en déplacement, et j’ai ouvert le mail dans un café. J’étais sous le charme et heureuse. Je l’ai évoqué dans le journal de résidence que j’écrivais à ce moment là comme d’un moment lumineux. (c’est grâce au journal que je me souviens de la date !)
Pour choisir une seule image, quelle affaire ! J’aime toutes les petites bébêtes qui traversent l’écran, j’aime beaucoup l’arbre au fil des saisons, et la page avec le lièvre le tamanoir et le hérisson fâché !
Mais à choisir une seule page ce serait celle avec le petit bonhomme de bois sur le buffet. J’ai été étonnée et emballée par chaque détail, comme d’avoir 4 ans et de poser le nez sur le rebord du meuble pour regarder entre les bols, les vases, et les pots de fleurs. Mais heureusement le livre comporte plein de pages, on peut toutes les aimer !
(…)
éditions la souris qui raconte Le drôle de chat qui mord sauveur pauline auteure Giovanna Gazzi illustratrice
éditions la souris qui raconte Le drôle de chat qui mord sauveur pauline auteure Giovanna Gazzi illustratrice
Pour voir les 14 premières pages : un extrait gratuit du drôle de chat.

Les éditions fonctionnent sur un principe d’abonnement.
Vous trouverez toutes les infos sur leur site.

Bonne lecture !

 

Une chaise dans le paysage

En finnois quand on crie fout-moi la paix, on dit en fait : laisse-moi être.
 

J’aime être à un endroit.
J’aime qu’on me foute la paix !
Qu’on me laisse le temps d’être là, de regarder, d’emmagasiner les sensations de l’espace, les contours, les bruits, m’inscrire dans un lieu, prendre place (racine !).
Le contraire de la précipitation.
La photo, qui est un instant précipité, ultra précipité, instantané, résulte du regard, de l’envie et de ce temps impossible à déterminer qui la précèdent.

L’attente résumée dans l’objet. 

La chaise. 
Symbolisée par.
L’objet anthropomorphe qui révèle et l’action de l’inaction et l’attente assise et le corps qui est, avec son mystère premier, assis sur une chaise, le corps qui réfléchit parle pleure sourit agit pense lit, dont l’esprit s’échappe, reste libre, impossible à définir avec certitude. J’aime cet irréductible-là, de l’esprit dans le corps sur la chaise. Le corps sur la chaise, la présence reconnaissable même de très loin, comme trois points forment un visage : la silhouette inscrit un personnage dans le lieu, l’image, le paysage.

Trouver la chaise qui sera légère (mon dos) et transportable facilement avec la voiture du Parc. Commencer avec cette chaise qui sera une position dans l’espace, qui sera le cadre, le processus, le protocole, un prérequis, le truc là pour commencer, et nous verrons. Parce que c’est peut-être ça l’élan qui a pris place, cette envie de garder une trace, d’être en mesure de renouer avec, de convoquer, d’interpréter, de garder la marque du lieu, l’infime.
(…)

La suite
à lire et à voir en vidéo
sur le site remue.net à la page de ma résidence en Essonne.

Vidéos Marjolaine Grandjean, son Bertrand Larrieu.
remue.net Essonne résidence auteure pauline sauveur photo chaise

 

remue.net Essonne résidence auteure pauline sauveur photo chaise
 

 

expo et lecture à Gien – changement de date : 10 février

Arpenter. C’est peut-être le verbe le plus important.
Découvrir pourrait être le second, verbe.
S’asseoir, regarder, rencontrer, photographier.
Partager. Savourer. Inviter. Lire.
Lire et écrire. Manger et dormir aussi. Dormir ici.
Une résidence d’auteure, c’est un projet curieux. C’est une suite d’actions, mêlées à toutes celles qui s’imposent, qui découlent du programme qui a été mis en place avec les structures partenaires, ici le Parc Naturel du Gâtinais Français et la bibliothèque départementale de l’Essonne.
Je suis venue pendant un an régulièrement habiter en Sud Essonne, cette région que je ne connaissais pas. Pour rencontrer les publics : élèves, collégiens, ados, adultes, participants… Des gens.
Pour travailler. Parce qu’il s’agit de ça, une résidence c’est l’occasion d’un autre travail, privilégié, avec du temps, des interlocuteurs, du calme ou pas, des surprises. Un cadre. 
Alors j’ai travaillé, j’ai écrit, et j’ai écrit à propos de ce travail, ces étapes, dans un journal de la résidence, j’ai photographié aussi, le paysage, le territoire inconnu, les carrières, les carriers, et ma chaise.
 
 
auteure sauveur pauline résidence carrières de grès Essonne lecture exposition médiathèque Gien
Exposition du 18 janvier au 11 février 2017
journal de résidence et mémoire des carriers
dans les coursives de la médiathèque de Gien
Lecture rencontre et finissage de l’expo 
le 10 février 2017
Vernissage à partir de 19h30 et lecture à 20h30
Médiathèque Espace Culturel
8 rue Georges Clémenceau – 45500 Gien
Entrée gratuite – Réservation conseillée 02 38 05 19 51
Bienvenus !

Lecture chez Poïen, éditeur

Lectures à la Fabrique Poïein à 19h3 17 décembre
avec les auteures Cécile Riou, Valérie Loron et moi-même.

Poïein est une maison d’édition de livres d’artiste.

Et poïein est un verbe :
qui « s’applique à toutes sortes d’opérations, depuis celles qui modèlent de la glaise jusqu’aux réalisations les plus hautes (…) Le premier jeu de l’enfant, c’est de manier les choses pour construire l’appui ou l’appartement de ses rêves (…) Et, à partir des outils les plus rudimentaires du langage et de l’industrie jusqu’aux créations les plus libres du génie, partout se retrouve une matière animée, transfigurée, sublimée par l’ouvrier humain. »
Maurice Blondel, philosophe
Le problème des causes secondes et le pur agir (1893).

Je lirai des extrait de mes deux livres d’artiste 3 nouvelles (de) maison volume n° 157 et Désir nu volume n° 138 .

La fabrique Poïein
2 chemin des 3 sabots – 03360 l’ételon – 04 70 06 92 96
Et ici : Le programme des évènements de Poïein.

Klaxon 3 – lecture collectif *public averti

Klaxon, c’était ce samedi, le 10 décembre 2016, c’était la troisième édition.
Avec Fabienne Desseux, Laurent Herrou et Mathieu Simonet, nous avons lu des textes en cours, des textes encore, des extraits, des nouvelles.

Fabienne avec son journal d’une chômeuse, à paraitre bientôt,
Laurent avec son Autoportrait en Cher (et en mots) paru chez Jacques Flament éditions, Mathieu Simonet avec un texte inédit, auteur de Barbe rose aux éditions du Seuil, et moi-même avec un cri du coeur, qui placé, comme chacun sait, un peu en haut à gauche du coté féministe.

Et Eric Maliszkiewicz nous a accompagné de sa voix et du piano.

Pourquoi Klaxon ?
Parce que le collectif *public averti, collectif que nous avons constitué avec Laurent Herrou, est libre et large, évolutif, qu’il accueille au grès des évènements d’autres artistes, d’autres auteur.e.s, parce que nous sommes là, avertisseurs, de cet engagement à être présent, parce que le public est là avec nous, averti tout autant.
Au plaisir de prolonger ce cycle de lectures, comme par trois fois déjà, avec L’Art Tour Martine, café à Sancerre et La Charcuterie, librairie-café à Sancerre également.

Asli Erdoğan, écrivaine emprisonnée

Je partage et je relaye ici  une partie de la présentation du troisième recueil* de texte d’Asile Erdogan. Choix de textes réalisé par Tieri Briet, avec l’aide d’Anne Rochelle et de Naz Oke, pour la revue Kedistan.Asli Erdoğan n’est pas seulement une romancière ou une poète. Une part importante de son temps et de son écriture allait à ces chroniques qu’elle rédigeait pour les journaux ou pour son blog. La fracture se tient là. Elle sépare de l’invention romanesque les quatre articles, épinglés par les procureurs d’Istanbul pour accuser l’écrivaine de terrorisme. Ces articles témoignent. Ils rapportent des paroles entendues, des graffitis sur les murs, des enregistrements radio ou télé qui rendaient compte d’une tragédie vécue par la première minorité de la Turquie d’aujourd’hui, pendant que les Forces spéciales de l’Etat persécutaient la population des villages et des villes kurdes.  Ce sont toujours les textes d’une écrivaine, mais dans la volonté de raconter une réalité que le pouvoir turc aurait voulu passer sous silence.
Tieri Briet – 3
décembre 2016


« En fin de compte, celui qui prend la plume en main doit sans cesse lutter avec cette question : quelle est la dose de réalité que je peux SUPPORTER ? »
Aslı Erdoğan
La Ville dont la cape est rouge 
Ces trois poèmes sont issus du recueil In the silence of
life
, des poèmes qu’Asli Erdo
ğan a d’abord publiés en turc, sous le titre HAYATIN SESSİZLİĞİNDE. Ils ont été traduits du turc en
anglais par Amy Spangler et publiés en 2005 par la revue néerlandaise de la
fondation du prince Claus, dans un numéro intitulé Living together. Ils
ont été traduits de l’anglais en français par Anne Rochelle, que nous remercions.
ÊTRE
Des particules de mille lumières, du sang coulant dans la terre, de poussière d’étoiles éparpillée dans le désert, de la mélodie, dissipée dans l’espace, du chant des commencements… Je suis la somme de tout ce qui m’a été donné et de tout ce qui ne l’a pas été, de ce que j’ai perdu comme de ce que je perdrai, du sang des paroles et des silences muets… Je suis l’impossible récit, cet élément caché à jamais par une histoire si souvent répétée, je suis la patience des graines enfouies dans le sable, un long regard qui attend la pluie du désert, le chant de toutes les fins, qui cherche en vain sa mélodie dans l’étendue du néant… Et jusqu’ici, personne n’a vu mon visage à découvert.
L’ÉTERNITE
Nous, les femmes assassinées de la ville, réduites en miettes par des meurtres ordinaires, nous trouvons réunies au sous-sol du magnifique palais érigé à notre intention. A l’étroit, entassées côte à côte, coude à coude, face à face… Comme des anges, comme des anges enivrés et danseurs, nous nous débattons désespérément, échouant malgré nous à déployer nos ailes..
Nous sommes si proches que la larme de l’une coule sur le visage de l’autre, laissant des traces couleur de vie. Du mascara mêlé à de la poudre, mêlée à de la boue. « Enfin, nous pouvons voler », clamons-nous toutes, « Nous avons décollé, maintenant, en route vers le rouge de l’horizon. Ah oui, nous y voici, dans ce ciel que nous n’avons pas vu depuis si longtemps…  »
Et quand viendra le jour où nous déciderons de revenir, nos visages auront été complètement effacés. Nous nous désintégrerons, ligne par ligne, lettre par lettre. Nous remplirons les paroles, les verres de vin, ils deviendront sombres, nous nous éparpillerons dans le désert comme des graines, et quand nous deviendrons pluie, nous incarnerons un mythe de l’éternité.
LE MIRACLE DU SANG
Et ceci, vois-tu, c’est mon histoire. Ma naissance, ma mort, et tout l’entre deux. Encore une histoire parmi tant d’histoires, en collision incessante avec le silence… Une page parmi tant de pages, lue si vite, oubliée sitôt tournée. Une virgule peut-être, entre deux longues phrases identiques, hier et aujourd’hui…
Mais il y a le miracle de l’eau. Qui fait remonter en surface les oiseaux pourchassés et tués, qui les rend libres, dans les reflets des nuages, offrant à leurs ailes blessées un nouveau ciel…Et ce sera le miracle du sang que de donner vie à mes paroles, pour offrir à mon être fragmenté un nouveau corps… Et voilà pourquoi je me promène dans le cimetière des paroles la nuit,vois-tu, toute la nuit, en criant sans espoir aux morts : « Lève-toi ! Lève-toi ! » Et ma mémoire n’est qu’un bol en terre sous la croix qui attend… Qui attend… Qui attend.
Sur la page Facebook Free Asli Erdoğan vous pourrez trouver 3 recueils de textes* de l’écrivaine, à lire partout dans les théâtres, les librairies, festivals, écoles, médiathèques…

Dans le recueil n°3,  vous trouverez les quatre chroniques qu’Asli Erdoğan a publiées dans le journal Özgur Gündem, maintenant interdit par le pouvoir turc.  Les journalistes et collaborateurs de ce journal ont tous été emprisonnés, sous l’acusation d’  « apologie du terrorisme ». Ce sont ces
articles qui ont été retenus par l’accusation, pour prouver l’apologie du
terrorisme dont Asli se serait rendue coupable. Raison de plus, selon son
avocat, pour diffuser ces quatre textes qui n’ont pas d’autre but que de
raconter les crimes commis par les forces spéciales envoyées par l’Etat turc pour terroriser les populations civiles kurdes.
Attention, certains passages sont d’une extrême violence.
*Choix de textes réalisé par Tieri Briet, avec l’aide d’Anne Rochelle et de Naz Oke, pour la revue Kedistan.

Deux mains les dents, publication du recueil collectif Sauvage(s) !

 » Tu peux y aller.
Non non, je t’en prie.
C’est bon.
Mais, heureusement que c’est bon !
Oui, vas-y, vas-y. C’est pas grave. Tu peux me bouffer la moitié des doigts, va, et me prendre le bras.
(…) « 
Mon texte Deux mains les dents parait ce 15 décembre aux éditions Oniva (Ogres Nourris à l’Insouciance Vibrante de l’Art) dans un recueil Sauvage(s)
14 autrices sauvages !
Fabienne Bergery, Valérie Sourdieux, Judith Lesur, Joséphine
Caraballo, Marlene Tissot, Prune Chanay, Loutre Barbier, Aurélie
Ruffié, Lara Caproni, Pauline Sauveur, Polina Vittoria, Servane Danton,
Marie-Lise Priouret, Anne-Laure Néron.
1 illustratrice sauvage !
Dorothée Richard.
Livre graphique 80 pages + couverture couleur à rabats
17 x 11cm
12 €
ISBN 978 -2-915356 -18 -2
Et pour la souscription les infos sont juste là : et sur la page Facebook de Oniva
Pauline Sauveur Polina Vittoria Servane Danton Marie-Lise Priouret Anne-Laure Néron illustration Dorothée Richard Editions Oniva recueil Sauvage(s) ! Fabienne Bergery Valérie Sourdieux Judith Lesur Joséphine Caraballo Marlene Tissot Prune Chanay Loutre Barbier Aurélie Ruffié Lara Caproni

Presqu’îl-e – Lecture à Confluences

Quelques images de la lecture,
menée avec Pierre Giraud, comédien, à Confluences (Paris 13ème)

Ce fut un plaisir de travailler ces mots, ces extraits ensemble, sous le regard de Judith Dépaule qui programmait ce texte dans le cadre du Focus Dégenrez-vous ! et de l’exposition Trans Time.

J’ai fait les portraits de Pierre pendant la lecture, puisque le personnage Elle prend des photos pendant qu’Il parle.

Presque toutes les photos sont tirées
de la vidéo réalisée par Dawei Ding.
Merci Dawei !

une expo dans le noir de la salle
les titres sur l’écran
la lecture
les photos parfois
la liste des verbes
la presqu’île

Chez elle – nouvelle (extrait)

Pour avoir retravaillé sur le projet Presqu’îl-e, qui tient son titre de cette nouvelle antérieure, rebaptisée « Chez elle »…
Voici un extrait et quelques images. 
– – – – –
Chez elle 
 
Presqu’île
Presqu’elle
Presqu’une île
Et de l’eau
De l’eau partout
De l’eau en ville
J’habite chez elle.
Je dors dans le bureau.
Il y a de gros travaux dehors.
Le bâtiment est emmailloté jusqu’au toit.
Chaque fenêtre est bouchée par du plastique épais.
Un échafaudage et une seconde peau de plastique nous cachent de la rue.
Sa chambre est nébuleuse et floue.
Dans le bureau je dors. Au pied du fusil mitrailleur je dors.
Des boîtes de cartouches et la mallette en alu. Bien rangés. Je dors bien.
Je pars à l’école chaque matin. C’est tout droit, au bout de la rue d’Anna, tout droit tout au bout, je pourrais y aller d’un coup de tête, si je voulais, plonger par la fenêtre et filer droit d’un jet de pensée.
Puis stopper net juste avant le parc moche de l’église, je tourne à gauche et j’entre dans le quartier de la montagne rouge. A l’école, pour travailler avec une classe sur le thème de la maison.
Ici j’ai opté pour la radio – station russe – pour le son, les voix, la musique. Posés sur la table dans la cuisine.
(…)
J’étale des choses, je laisse toutes mes chaussures dans l’entrée, j’installe le bruit de la bouilloire dans la cuisine et l’odeur du fromage dans le frigo, le couteau dans le tiroir-planche à pain. Habiter là un temps, prendre place, déballer ma valise, disperser mes objets mes papiers sur la table du salon les plans de la ville les livres les tickets de retraits mon cahier la doc les cartes postales graphiques des concerts où je n’irai jamais.
Je ressors les vieux bols chinois en grès lourd et sa tasse préférée que je n’aimais pas tant que ça, les couverts élégants en argent noircis. Je décide que oui cet appartement est occupé, voyez vous même, j’y suis. Il y a ses affaires qu’elle me prête et les miennes qui trainent, la petite théière à nouveau en usage, la vaisselle à faire, le compost à emmailloter – papier journal ou sachet biodégradable pour la biopoubelle.
(…)
Je sors le soir. Dans la pluie et la lumière de la ville. Les reflets des vitrines des coiffeurs. Je sors la nuit pas tard et je déambule je savoure les heures la plupart du temps je savoure.
La solitude peuplée.
Puisqu’il n’y a plus personne dans ma maison je veux qu’il y en ait au moins quand je sors, en bas de chez moi. Elle m’a dit ça le jour où elle a signé pour l’appartement. Je ne comprenais pas. Qu’elle puisse me priver de sa grande maison me semblait impossible.
Comment imaginait-elle ?
Toujours est-il.
Maintenant j’occupe cet appartement.
(…)
J’habite chez elle pour quelque temps.
Je sors le matin je déambule. Les jours sans école je ne dis rien parfois de la journée. J’aspire, j’absorbe, je regarde autour, j’hume la ville exotique lointaine nouvelle incroyable et aérienne. Massive. Et italienne, par ses couleurs.
Larges avenues calmes, lumières démultipliées, trottoirs larges de capitale et la mer au bout, les arbres, la plage à l’ouest, le port partout autour de la ville.
Helsinki est une grande presqu’île, la mer s’infiltre arrose entoure berce et lèche les pieds de granit des bâtiments qui plongent. A la lisière : le socle ancestral la roche mère qui affleure et la mousse silencieuse.
Je savoure, je regarde puis je rentre boire un thé au son de ma station russe préférée. Les reflets doubles aux doubles fenêtres, le ciel étrange de la nuit urbaine, le silence douillet du parquet, le nez sur le bord du matelas, couchée par terre dans le bureau, j’observe le monde souterrain des poussières sous l’armoire.
Le fusil mitrailleur, ses cartouches et son blouson de moto. Des sacs des cartons des affaires, laissés par ma jeune cousine militaire en transit parfois ici elle aussi. Entassés parmi d’autres boites d’autres sacs : les affaires de ma grand-mère. Son élégance, ses tenues, les tissus de soie sauvage satinée, ses draps, ses nappes brodées, mélangés aux chaussettes et aux bandages, aux chiffons délavés, un t-shirt rouge sérigraphié, Petite Muu fronce les sourcils.
Ses habits au rebut résument l’affaire, à l’hôpital on ne s’habille plus.
(…)
auteure pauline sauveur photos Finlande Helsinki nouvelle texte Chez elle

auteure pauline sauveur photos Finlande Helsinki nouvelle texte Chez elle

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