Une chaise dans le paysage

En finnois quand on crie fout-moi la paix, on dit en fait : laisse-moi être.
 

J’aime être à un endroit.
J’aime qu’on me foute la paix !
Qu’on me laisse le temps d’être là, de regarder, d’emmagasiner les sensations de l’espace, les contours, les bruits, m’inscrire dans un lieu, prendre place (racine !).
Le contraire de la précipitation.
La photo, qui est un instant précipité, ultra précipité, instantané, résulte du regard, de l’envie et de ce temps impossible à déterminer qui la précèdent.

L’attente résumée dans l’objet. 

La chaise. 
Symbolisée par.
L’objet anthropomorphe qui révèle et l’action de l’inaction et l’attente assise et le corps qui est, avec son mystère premier, assis sur une chaise, le corps qui réfléchit parle pleure sourit agit pense lit, dont l’esprit s’échappe, reste libre, impossible à définir avec certitude. J’aime cet irréductible-là, de l’esprit dans le corps sur la chaise. Le corps sur la chaise, la présence reconnaissable même de très loin, comme trois points forment un visage : la silhouette inscrit un personnage dans le lieu, l’image, le paysage.

Trouver la chaise qui sera légère (mon dos) et transportable facilement avec la voiture du Parc. Commencer avec cette chaise qui sera une position dans l’espace, qui sera le cadre, le processus, le protocole, un prérequis, le truc là pour commencer, et nous verrons. Parce que c’est peut-être ça l’élan qui a pris place, cette envie de garder une trace, d’être en mesure de renouer avec, de convoquer, d’interpréter, de garder la marque du lieu, l’infime.
(…)

La suite
à lire et à voir en vidéo
sur le site remue.net à la page de ma résidence en Essonne.

Vidéos Marjolaine Grandjean, son Bertrand Larrieu.
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Extrait du journal (22 juin – 16 juillet) – résidence Essonne

Depuis le 11 octobre 2015, c’est à dire depuis un an et un jour aujourd’hui,  je tiens le journal de ma résidence en Essonne, qui est publié sur le site littéraire remue.net. Voici le dernier article en date.

Il y a également d’autres catégories d’articles, en lien avec le double sujet de cette résidence : la mémoire des carriers, mon projet d’écriture Presqu’îl-e et les lectures-rencontres organisées.

Le journal, les articles sont à retrouver sur la page si joliment intitulée Pauline Sauveur au conseil départemental de l’Essonne.

22 juin 2016
Dans la grande médiathèque.
Des papiers de toutes les couleurs des stylos des participantes qui arrivent.
Des femmes et deux filles.

Lecture écriture contraintes et bonbons mots. Les histoires naissent et chaque fois m’étonnent, de leur singularité. Partir. Il s’agit bien de ça. Ce qui ce passe c’est qu’on part chacune pour un lieu unique et qu’on y invite les autres en leur lisant notre évasion.
Entendre rire parce qu’un mot pioché vient parfaitement à point nommer ce dont l’une avait besoin ou soupirer au contraire mais le sourire aux lèvres parce que cet autre mot cette fois va donner à retordre le fil de l’histoire.
Du temps après l’atelier que justement je savoure, celui du premier jour et de la soirée libre, alors du temps pour discuter avec elles.

23 juin 2016
Le gps ne peut pas deviner que les chemins forestiers se barriérisent. Je ne peux pas deviner que la route grise qu’il indique est un chemin fermé.

Le bibliobus est là qui m’enchante. Il est là il fait chaud la forêt déborde de moustiques pas loin du chemin qui bifurque vers le Cyclop et qui s’enfonce dans les bois. Un café sous les arbres un programme de classes inscrites de groupes qui se succéderont. 10 minutes. Je décide de lire et stopper à la sonnerie du chronomètre. C’est un extrait de temps dans un extrait de bibliothèque. Suite au prochain groupe vous aurez à vous raconter les commencements et les dénouements entre vous.

Savourer est le verbe que j’ai dans la bouche et à l’arrière des yeux.
Dans quelques minutes ils seront là on les distingue au bout de la route arrivant du bus garé loin. Dans moins de minutes encore j’aurai ce coup de fil qui me cueille et me bouleverse, j’aurai cette tristesse fulgurante et la voix qui déraille parce que pleurer n’est pas très élégant surtout avec une main sur l’épaule en réconfort c’est pour moi toujours le dérapage de l’effondrement soudain. J’en suis désolée, oui cinq minutes de plus, oui une bouteille d’eau, oui ils arrivent, ils sont à 5 m, oui ils sont là et maintenant ils attendent.
Oui je respire.
On commence.
Oui ça sera bien.
Ils écoutent se demandent ils rient ou acquiescent ils sortent c’est déjà terminé j’ai rien compris j’entends sur la dernière marche de l’escalier qui descend du bus. C’est normal c’est des extraits des textes courts étranges pour se demander et discuter les choses.

Je suis dans ce bibliobus parce que je l’ai demandé, parce qu’on me l’a accordé, en forêt. Alors, là, à l’instant, c’est le cas.

Anne-Sarah Kertudo, il y a un an m’a fait cadeau de cette question simple et importante, du genre à se poser régulièrement : c’était quand, c’était quoi, ta dernière première fois ?
Là c’est le cas.

La naïveté. Ou l’entêtement à croire chaque fois que j’aurai le temps, large, souple sur mes pattes arrière. Pour savourer. Alors que ça ne peut être le cas qu’une fois sur deux : la largesse du temps que je prends coûte la marge du temps d’après. Courir est l’autre verbe.

Mathieu Simonet arrive. J’arrive. On s’installe à la table dans le restaurant. Il lira Le baiser d’Orlando,  son texte qui redit l’essentiel avec justesse et douceur, sur l’homophobie, qu’il a publié en ligne, qui a été publié également sur le site du Nouvel Obs, et qui récolte l’appui le soutien, mais aussi des vagues successives immondes, l’effrayante bêtise haineuse.
Je lui ai proposé de le lire en introduction, ce texte qui redit l’essentiel, pour partager ce regard des autres et de nous-mêmes sur les autres et soi-même.
Je lis des extraits de Presqu’îl-e.
On présente les rencontres l’écriture. Ses dispositifs de biographie collective et participative. Mon approche du portrait. L’amitié qui chacun nous lie à Anne-Sarah qui n’a pas pu venir, lui depuis trente ans moi depuis deux.
Là aussi c’est le cas. C’est la première fois que je lis avec Mathieu.

24 juin 2016
C’est la première fois, c’est jamais comme ça, je vous assure !
Ils se marrent : on fera avec.
J’ai décrit la carrière en fonctionnement comme étonnamment silencieuse, avec seuls les coups de massette sur les pointes de fer qui attaquent la pierre et le bruit des oiseaux et ce calme de forêt.

Aujourd’hui il y a le groupe électrogène, le compresseur, le burineur perforateur, la disqueuse. Aujourd’hui la mécanique et les moteurs occupent l’espace sonore.

La forge est allumée.
Sous un abri deux hommes taillent des couronnements de murs énormes et lourds. Il y a celui qui dégrossit qui manie la disqueuse qui fabrique des nuages de poussière et l’autre qui taille à la main à côté avec le même masque sur le visage, celui des peintres en bâtiment et des poseurs de placo.
Deux autres hommes taillent des pavés sous un autre abri. Ils sont devant une table creuse posée sur des palettes, elle est pleine de sable pour caler le pavé qui valse d’une face l’autre dans leurs mains, qui se précise qui apparaît et qui saute vers le tas plus loin d’un bond souple.
Le forgeron forge au rythme des coups directs et du coup de rebond. Il a aussi un coup qui lisse, plus doux, qui remonte l’outil et finit les quatre facettes de la pointe.

Il y a enfin celui qui manie le burin à air comprimé, on dirait un marteau-piqueur en plus petit. Il lutte avec la machine pour former trois points sur le bloc, il empoigne directement à la main la pointe du burin qui percute la pierre. Puis il trace la ligne et en quelques coups de masse enfonce les trois coins de métal. La pierre se fend. On le devine, juste le coup d’avant. Le chant du coin qui renseigne dira le patron.

Chaque fois l’intelligence du geste, des gestes.
Pour chacun ils traduisent la force qu’il faut continuellement nécessaire pour et contre le grès. Pour chacun il y a le rythme l’application. L’acharnement n’est pas le mot puisqu’ils gagnent et recommencent. Ils persistent continuent enchaînent poursuivent ils tracent et savent. Il n’y a pas un objectif unique qu’il faudrait arracher par acharnement, de la nature ou de la pierre : il y a un boulot à faire et ils savent, le mener l’atteindre, le reprendre chaque jour.
Il y a ce calme, leur calme, dans le bruit des moteurs et des compresseurs à air.

Marjolaine filme à chaque poste, Bertrand prend le son et je photographie ou observe.
Puis.
Je sors ma chaise.
C’est la première fois dans la carrière. Parce que m’asseoir est étrange, l’idée est étrange. Parce que cette action me semble un luxe dans ce lieu de travail. Pourtant je travaille, on travaille tous les trois. C’est pourquoi je prends le pied de l’appareil photo et la chaise. Je fais ce que je me suis fixée pour approcher les lieux, sous l’œil de mon appareil réglé sur 12 poses, une toutes les 7 secondes, sous l’œil de la caméra et celui du micro.

Un second atelier d’écriture à la Ferté-Alais. Des adultes uniquement, certains certaines, venus à la lecture l’avant-veille.
Extrait de mon journal de résidence, pour partager ce qui se joue entre une rencontre et l’autre, les questions aussi, qui arrivent en silence. Et les témoignages des descendants de carriers.

Le nom des villages, des lieux dits, le nom des familles, ils en connaissent, en retrouvent.
Chacun pioche un court extrait. Ma contrainte : mettre quelque chose de ce témoignage en lien avec ce qu’ils écrivent, comme ils veulent, directement ou de loin, pour une association d’idée qui leur appartient, qu’ils décident de ce lien.
Découvrir comme ce décor imposé si contraignant de la carrière en point de départ, devient une porte, un champ, qui se dégage, qui s’ouvre, un espace à part entière, pour chaque histoire. Qui participe au territoire de l’histoire.

13 juillet 2016
Un impératif, une date : le 25 juillet est la limite pour confirmer tous les artistes invités pour la restitution.

15 juillet
Un attentat, hier. Le massacre à Nice.
Crime de masse.
Et ces questions, se dire mais comment réagir, quelle réaction, que faire, à quoi ça sert, comment avancer, comment respirer, comment infléchir le cours, agir. Comment agir ?
Comment concevoir deux attentats dans ce laps de temps de rien qu’est cette résidence, un projet, du travail, comment voir que c’est aussi des étapes noires qui s’ancrent dans le temps et l’histoire.
Et comment répondre à cette question silencieuse et effrayante parce qu’elle laisse pressentir une réponse pleine de désespoir. Est-ce qu’on finit, terrible, à peine, par lassitude, par désarroi, parce qu’une fois que l’horreur ne touche pas les siens, bien sûr cet égoïsme absolu, par… s’habituer ?

« L’important, ce n’est pas ce que je ressens, mais ce que je souhaite, ce que j’espère. J’espère que vous n’aurez jamais mon expérience, mon habitude. »
Ma rage est ingouvernable
Robert McLiam Wilson – écrivain

16 juillet 2016
Seule réponse possible.
Construire.
Soi-même s’armer, s’atteler à construire ?

Lu « construire en habitants » de Patrick Bouchain et Exyzt.
Il y a dans ce livre les idées qu’il a expérimentées à l’occasion de l’expérience Métacités / Métavilla (Mets-ta-vie-la) pour la biennale d’architecture de Venise en 2010.

Habiter est cette condition particulière et première.
C’est l’idée qui est posée comme condition préalable à leur projet : être là, habiter sur place, lors de la biennale.
C’est aussi ce qui est en jeu, ce qui est l’essence même de l’installation :
Installer quelque chose / S’installer quelque part.
Faire une installation / Expérimenter dans le réel, une idée un postulat.
L’installation, comme le fait d’habiter quelque part, collectivement, individuellement, c’est instaurer un (notre) dialogue avec le réel, passer de la théorie à la pratique.

J’ai vu ça à l’œuvre lors de ma proposition des Permutations avec les élèves à Chaumont.
J’ai pu voir, en direct, leur propre et unique interaction avec le jardin en utilisant les objets de l’école. J’ai été heureuse d’observer leur pensée et leur geste, leur liberté en train de se faire, en train de prendre corps devant mes yeux et mon appareil photo sous la pluie.
Par exemple quand une élève choisit de mettre tous les stylos bic sur le banc en pierre.
Le désordre organisé, les équidistances sans répétitions, cette sorte d’organisation très juste d’une répartition sans définition préalable. Et le vif sentiment de la liberté de le faire parce qu’on veut le faire, sans aucune autre justification, sans commentaire.

Habiter/installer.
On s’installe on se pose on occupe l’espace.
Habiter, c’est venir avec nos besoins universels et personnels, les mettre en œuvre, faire et être. Habiter là, c’est être là pour de vrai, puisqu’on mange on boit on dort on va aux toilettes, on aime, on désire.
Patrick Bouchain dit la troisième activité c’est aimer. Il résume : manger dormir et aimer.

Dans les règles du loup la troisième c’est rôder entre-temps. Aimer vient juste après.
Rôder est un verbe qui nous lie au territoire, on rôde toujours quelque part et on rôde au hasard. C’est à la fois le cheminement et l’action du corps, c’est aussi le regard la réflexion et la pensée l’imagination. Quand on rôde on est libre de sa pensée de son cerveau. Le cerveau libre et le corps en mouvement sans objectifs prédéfinis. Rôder n’est pas normé, l’observation est unique et personnelle. Le rôdeur, la rôdeuse, celle ou celui qui marche galope s’arrête, est libre. Personne ne vient de décréter passez ici asseyez-vous là regarder ça.
L’imprévu est possible, la respiration est possible.

Accueillir ensuite.
Leur idée de la Métavilla était d’accueillir.
Permettre à l’autre d’accomplir ses besoins, puisqu’on les a organisés pour soi. Et voir surgir : les possibilités. Voir comme l’accueil déchaine le potentiel, permet l’imprévu, et rend possible la rencontre, les nouvelles propositions.

Depuis longtemps, c’est ce qui m’intéresse : la force passive.
Chercher/comprendre la fécondité de l’espace qui rend possible, qui propose, qui matérialise l’invitation à.
La force évidente et silencieuse du muret de 43 cm de haut, par exemple, quelque part dans un lieu où passent des gens, qui les invite à s’asseoir, qui accueille leurs fesses, sans même qu’ils s’en rendent compte.

J’aime beaucoup cette chorégraphie du quotidien qui s’ajuste avec une simplicité.
Dans le livre, quelques photos. Voir tel crochet, telle pince fixée aux rondelles des étais d’échafaudage (le système modulaire choisi pour « construire » la Métavilla dans le pavillon français). Voir à quel point elles s’y prêtent et accueillent un usage, comme elles invitent et se découvrent aptes à de nouvelles fonctions, aptes au détournement.
Le détournement n’a pas besoin d’être déclaratif, intempestif, il se fait par ajustement, par ingéniosité face au réel, face au besoin d’accrocher ça ou ça, là, là et là (le premier titre de leur projet).

(à suivre…)

Artistes invités / restitution – résidence Essonne

samedi 17 et dimanche 18 septembre
deux jours festifs dans une carrière de grès


A l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine
à Moigny-sur-Ecole (91)

Pour clôturer joyeusement une petite année de résidence, avec la complicité de plusieurs artistes et les structures partenaires, la carrière Les grès de Fontainebleau nous accueille et vous accueille. Ce sera l’occasion de marcher en forêt (un peu) de lire (beaucoup) et d’écouter des lectures, de découvrir le métier de carrier (aussi) et de voir en action :

Barroux – Cie l’Essoreuse – Johann le Guilherm – Philippe Laccarière

Barroux, dessinateur et auteur, qui dessinera sur les pierres.

Né à Paris, il passe la plus grande partie de son enfance en Afrique du nord.
De retour en France, après plusieurs années d’écoles d’art, Barroux devient directeur artistique dans des agences de publicité. Quelques années plus tard,il prend son envol et s’installe au Canada, puis aux États-Unis, et débute là-bas une brillante carrière d’illustrateur presse et jeunesse. Il travaille alors pour de nombreux magazines, comme le New-York times, Washington Post, Forbes et publie plusieurs ouvrages pour enfants, notamment chez Vicking Penguin Putnam Books.
Animé par le goût des couleurs et de la fantaisie, Barroux travaille ses illustrations de manière traditionnelle, mélangeant linogravure, mine de plomb, acrylique…

J’ai découvert son univers grâce à son album « Tuvalu, une île en tête », aux éditions Mango. J’ai aussi été épatée par sa manière de dédicacer, de dessiner à grands traits dans ses albums, devant les yeux écarquillés des gamins (et des parents), installée à côté de lui dans un salon du livre sur la ville et la littérature.

résidence auteure sauveur pauline illustrateur livres jeunesse plasticien dessinateur Barroux

Vous pouvez découvrir son travail sur son site.

Pour avoir un aperçu animé vous pouvez regarder un extrait du spectacle :
« On les aura ! – Carnet de guerre d’un poilu, août-septembre 1914 »
Lecture musicale illustrée, par Barroux et Julien Joubert.
Filmé à la Caverne du Dragon / Musée du Chemin des Dames (2013).

A propos de ses livres jeunesse :
« La cerise géante de Mr jean » a recu le prix ENFANTAISIE 2005.
« Super Bricoleur, le roi de la clef à molette » Finaliste du PRIX DU GOUVERNEUR 2007, Canada
« Extraordinary Pets » édité par Blue Apple Books a gagné le Golden awards 2011 New York Book Fair

Séverine Delbsq et trois danseuses de la Compagnie l’Essoreuse.

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La compagnie l’Essoreuse est née en 2002 de la rencontre des interprètes féminines qui la constituent lors des ateliers de butô menés à Saint-Denis par Séverine Delbosq.
La dimension collective et l’identité féminine de cette communauté artistique se manifestent dans son fonctionnement et dans ses créations.
Le butô tissant la toile de fond, la diversité de formation des interprètes (danse contemporaine, théâtre, butô, mime corporel, dessin, écriture, photographie), celle de leurs professions et ou statuts (artiste, enseignante, maman, intermittente) maintient vivant le questionnement sur le sens donné à la création chorégraphique, aux œuvres, au mode d’organisation qui les rend possible.
Avec Séverine, on a partagé une première lecture dansée qui évoquait la maison et les corps qui les habitent.Retour ligne automatique
On a en commun une attraction particulière pour l’idée de l’ile ou de la presqu’île, et pour le dialogue entre la terre ferme et l’eau, ou l’inverse.

Johann le Guilhem, de la Compagnie Cirque Ici, qui fera une installation.

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Artiste issu du cirque, Johann Le Guillerm intègre en 1985 la première promotion du Centre National des Arts du Cirque. Il a travaillé avec Archaos, participé à la création de la Volière Dromesko et co-fondé Cirque O. En 1994, il crée sa propre compagnie, Cirque ici et un premier spectacle solo, Où ça ?, qui tournera cinq ans. 
Après un tour du monde au cours duquel il se confronte aux populations traumatisées, handicapées et autarciques, il s’engage en 2002, dans Attraction, vaste projet de recherche – celui d’une vie ? – qui interroge l’équilibre, les formes, les points de vue, le mouvement et l’impermanence… Attraction fait voler en éclat les disciplines traditionnelles du cirque et s’articule autour de Secret (temps 1 et 2).
Dans la carrière de grès, il expérimente l’écoulement du temps dans un jeu de construction / démolition sans fin. Il édifie, érige, échafaude des pavés, mais lorsque le sable s’échappe, le déséquilibre menace.

et Philippe Laccarrière, bassiste et contrebassiste.

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Philippe Laccarrière, musicien du Sud-Ouest aux origines espagnoles partage sa contrebasse depuis une quarantaine d’années dans une générosité sans égal.
Des années d’amitiés musicales et de partage aboutissent en 2012 à la création de LA TRIBU AU SUD DU NORD, orchestre de liberté et d’improvisation formé d’une dizaine de compagnons de toujours : Henri Texier, Emmanuel Bex, Franck Tortiller, David Pouradier-Duteil, Sébastien Texier, François Corneloup, Alain Vankenhove et du festival du même nom.
Dans la même veine, il enregistre en 2013 un album de duos contrebasse / voix avec 7 chanteuses et chanteurs, intitulé Chansons Collages : jazz, folk songs, soul, scat, une palette de couleurs et de personnalités. Toujours l’invitation au partage.
Il m’a dit : j’aime l’improvisation. Oui, j’ai déjà joué sur des lectures, du texte, notamment sur les mots de Mahmoud Darwich, poète palestinien, qui est une des figures de la poésie arabe.

A suivre à travers mes publications dans la revue littéraire remue.net :
Notes – journal de résidence – sur le terrain et dans la tête, les questions.
Pierres / Voix – le grès, la pierre, le sable, des carrières, des carriers.
Presque »îl-e – un parcours, une recherche, projet d’écriture en cours.

Rencontre lecture projection avec Eric Flogny, photographe – résidence Essonne

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Rencontre lecture et projection croisée
Où j’invite Eric Flogny, photographe et professeur de plongée en apnée.

Jeudi 15 septembre à 17h
médiathèque du Moustier
à Milly-la-Forêt (91490)
au 43 rue Langlois
Renseignements au 01 64 98 66 14.

Il y sera question de forêt, de Finlande, du regard sur le paysage.
De ce(ux) qui nous inspire(nt) et du chemin que prend parfois la photographie, et de la façon la façon dont elle prend corps dans l’espace, de la question de l’installation.
Ce sera l’occasion de croiser nos images et de partager ces histoires dont elles sont tissées.

Eric Flogny – Késä (été)  –  Pauline Sauveur – Autoportrait à la chaise

Eric Flogny

est né en Finlande voici une belle quarantaine d’années.
Après avoir étudié les statistiques à l’université et été enseignant en mathématiques, il vient à la photographie en exposant ses clichés de voyages.

Après une formation en photojournalisme, et des résidences photographiques, il fut un des membres fondateurs du collectif Aleph.

Il est aujourd’hui sociétaire de la coopérative Picturetank. Il collabore avec des quotidiens et magazines nationaux et internationaux. Ses travaux personnels sont régulièrement exposés.

photographe Eric Flogny

photographe Flogny eric Finlande

Finlande photographe Eric Flogny


Il y de cela bientôt deux ans, je me suis décidée à regarder le nom de celui qui avait fait la photo figurant sur une couverture de livre de poche. J’avais acheté le livre pour cette image. Après l’avoir lu, je n’avais pas décidé si je l’avais aimé ou pas. Puis j’ai oublié de le décider, j’ai oublié le tire et l’auteur.
Mais j’ai trouvé le nom du photographe et j’ai aimé ce que j’ai découvert, dans la rubrique {laboratoire} de son site. Des gens, des arbres, des lieux, de l’eau.
La Finlande est un point commun, mais ce n’est pas le seul.

sauveur pauline auteure square magazine résidence recherches journal

Crédits photographiques :
Portrait d’Eric – Muriel Bertrand
Autoportrait noir et blanc et couleur à la chaise – Pauline Sauveur
Page de cahier – Pauline Sauveur / journal de résidence Square Mag
Toutes les autres images sont d’Eric Flogny.

Construire une table – Résidence Essonne #6

J’essaye de construire une table
à vous, ensuite, d’y manger, de l’interroger ou de faire du feu avec. 
Jean Cocteau à propos du tournage de La Belle et la Bête.

Journal La Belle et la Bête Jean Cocteau
éditions du Rocher

Lire Cocteau.
Lire le journal qu’il a tenu durant toute la durée du tournage, du 26 août 1945 au 1er juin 1946. Plonger, le suivre, chaque jour ou presque, croiser les acteurs, les techniciens, traverser les décors, le château et les paysages, les studios, la salle de montage.
Pour préparer une lecture dans sa maison, celle de Milly-la-Forêt, au mois d’août. Y lire et y revenir lire. Prévoir de prendre ma propre chaise, celle que je trimbale un peu partout au cours de cette résidence.
Découvrir comme j’ai été embarquée.
Comme la proximité ne se décrète pas mais advient. Cette sensation.
Demain, regarder le film qui est né au fil des pages.

Jean Marais, la Bête, Josette Day, la Belle et Jean Cocteau

7 octobre 1945
Je m’acharne. Je continue. Et j’aime cet acharnement. Je ne peux pas dire qu’il me coûte. Mon travail est un travail d’archéologue. Le film existe (préexiste). Il me faut le découvrir dans l’ombre où il dort, à coup de pelle et à coup de pioche. Il m’arrive de l’abîmer à force de hâte. Mais les fragments intacts brillent d’un beau marbre. Lorsqu’on pense au nombre de circonstances fortuites qui doivent se produire ensemble, à la même seconde, pour réussir une prise, on s’étonne de crier « Stop ». Ensuite ce prodige du hasard passe à d’autres dangers. L’indifférence des machines. Qu’une panne d’électricité survienne pendant que la pellicule négative se trouve dans le bain, le travail est perdu. On tremble sans cesse. (…)
J’ai une barbe blanche. Je ne m’en doutais pas. Eh bien, voilà ! J’ai une barbe blanche. Ce n’est pas grave. Le grave serait d’avoir une âme qui lui corresponde. Dieu merci, j’ai le sang rouge. Je le dépenserai jusqu’à la dernière goutte. Je n’économiserai rien.
Jean Cocteau

Et lire des extraits
de mon propre journal (de résidence) publié en ligne sur remue.net

27 janvier 2016

J’envoie un mail au propriétaire qui vend une vieille chaise bois et cuir sur un site. Ils sont à Étampes, lui et sa chaise. L’affaire réglée, il repart à pied, je repars contente. Elle bouge un peu, mais elle est jolie petite et presque légère. Tester et la chaise et l’idée de la chaise. Le corps assis dans le jardin et les phares de la voiture. Calculer le temps entre chaque prise. M’asseoir face au jardin noir de nuit. Avoir un peu froid, continuer, regarder l’objectif droit dans son œil, parce que je sais que même de très loin, même pixélisé le regard importe.
Prendre mon visage entre les mains, sourire derrière les mains, et savoir qu’il suffit d’une ou deux pensées pour pleurer réellement, la tristesse si facile. Parfois imprévisible, parfois si évidente,
sous les sédiments.
P.S.
 

Carrières de grès – résidence Essonne #5

Suite du journal résidence

menée avec Le Parc naturel du Gâtinais
et la bibliothèque départementale de l’Essonne.

21 avril 2016
Discuter. Avec Monsieur Boussard, de cette façon naturelle avec un peu plus de lenteur, due au silence et au temps qu’il lui faut pour écrire ce qu’il me dit pour que je lise à voix haute. Le dialogue avec ma seule voix, mais nos deux rires. Les témoignages de poilus qu’il a retranscrits recopiés qu’il me fait lire, le procès verbal du décès accidentel à la carrière de son oncle, ou la plainte déposée contre les carriers par monsieur Le Roi. Copies en double dont un jeu pour moi de ces documents qu’il a trouvés aux archives départementales du Château de Chamarande.

Prendre sa voiture pour aller voir sa carrière, ses carrières. Chemin sombre à travers les arbres. Une terrasse claire se dégage en contre bas le sable à nu se voit de loin. À nu parce que les moto-cross tracent remuent creusent et que la mousse ne peut résister, sable à vif les sillons des pneus. Je descends face au front de taille. La roche, ses angles nets avec souplesse par endroits, parce qu’elle casse comme elle veut, suivant les failles qui ondulent, le mouvement dans la pierre qui apparaît qui fait le bord.

 

Le contraste à nouveau confirmé de la roche et de la douceur autour, le bruit assourdi par le sable la mousse et le lichen qui envahissent là où les motos ne vont pas, souple sous les pieds le sol meuble.

Plus loin une autre carrière, celle de calcaire où se taillaient les pierres des maisons. On sent la matière moins dure, plus légère, où même à la végétation s’installe où l’eau ruisselle et creuse plus vite plus facilement, là encore immense la falaise basse se déploie.

 

Plus loin le banc de grès réapparaît. Marcher dessus puis le sol se dérobe et descend d’un cran. La terrasse se dégage aux pieds. Le sablon sous la langue immense du bloc de roche continue. Ça fait des bouches effilées des sourires d’ombre qui affleurent le sol. Ici le front de taille fait 100 mètres de long. À combien reprend la pente naturelle ? À 50 m peut-être ?

C’est ce vide le travail dur le labeur le son les coups portés la détermination devant la pierre. C’est ce vide l’ampleur de la tâche la somme du travail qui a débité ce qui était là avant, dur pour Paris et ailleurs les places les rues des pavés des bordures. Le travail de tailler la montagne de ses mains y laisser la peau des doigts des bras sur la roche du grès vif.

(…)
L’après-midi, je propose à Pierre Giraud comédien qui vient : descends à Buno, il fait beau on travaillera et on ira au café une fois prêts. On s’installe un peu plus loin vers le bois parce qu’il y en a d’autres qui écrivent théâtre jeunesse poésie.
S’asseoir au bord de l’eau dans l’herbe, les fourmis sous le pull ou la veste. «Presqu’îl-e» version lecture ou version théâtrale. La sélection de Pierre : je lui
avais dit comme tu as envie, choisis ce que tu souhaiterais lire je rajouterai
ce que je lirai. Traverser le texte avec quelqu’un d’autre. On raye avec facilité un mot, un paragraphe, souvent avec le même élan, ça non, c’est pas la peine, ça non plus. Enlever, enlever et rire. Pas trop enlever quand même me
dit Pierre.

Texte matière.

Séverine Delbosq, danseuse de la compagnie l’Essoreuse, nous a rejoints arrivée en RER. Rendez-vous au musée la collection d’objets et l’étrange ballet des personnes qui nous reçoivent élus collègues responsables. Ils se parlent et nous montrent par où passent leurs paroles, par quel chemin leur façon de communiquer, un peu d’humour un peu de mauvaise humeur feinte un peu
de ronchonnade de railleries légères. Le jeu là sous nos yeux l’architecture
invisible des conventions amicales professionnelles et qui sait politiques. La
sensation de la démonstration. Du coup, la discussion méandre du verbe méandrer qui mouve, meuble, molle, mouvante et qui louvoie se glisse sinue en
arabesques. On suit, spectateurs, on attend que les réponses arrivent, dans le
fil louvoyant. Les discussions ont eu raison du temps et on part à la carrière.
Elle est non spectaculaire, faille douce envahie, le front de taille se perd
qui lui aussi méandre. « C’est de la roche pourrie ici, 70 % de déchets
pour tirer les pavés. »
Plus haut un chêne n’en finit plus de s’effriter enchevêtré de ses branches.
À la carrière de Moigny, monsieur de Oliveira est d’accord pour les journées du patrimoine en septembre pour la restitution, donc ça sera de 10 à 12h et de 14 à 17 ou 18 heures. Deux journées complètes.
On est venu voir le sable et voir le bruit et ses couleurs et prendre un pavé. Du grès d’extraction clair presque blanc ou du grès naturel qui est gris de lichen, la calcite ?
Le sable ancestral se love en poche ronde et douce, probable bulles d’air emprisonnées qui n’ont pas permis de la compression, processus de formation du grès.
Le grès garde la trace du fer, de la rouille. Les pavés ocres à Paris le sont à cause de l’activité qu’il y a eu au-dessus d’eux, sur les bords de Seine notamment, ils le sont particulièrement, parce que caisses et chevaux et charrettes, le métal des
roues cerclées s’y est frotté, fer arraché, la rouille s’est incrustée. Elle
tatoue la pierre de sa couleur.
(…)

 

L’intégralité de l’article sur le site remue.net
et les entrées précédentes.

Bonne lecture !

Envisager – résidence Essonne #4

Extrait du journal de résidence
mené avec la Bibliothèque départementale de l’Essonne
et le Parc Naturel Régional du Gâtinais Français.
 
10 février 2016
La carte postale, la question de l’image et les questions dans l’image.
Cette carte, invitation participative, sera à déposer par les participants directement là où elle aura été prise, chaque lieu qui prendra un stock de cartes aura donc une boîte pour les réceptionner. Préciser ce que c’est : un P.O.P.S, un petit objet poétique et singulier, pour donner envie de répondre poétiquement.
Dire ce que c’est.
autoportrait BDP et PNR Gâtinais Essonne résidence d'auteure sauveur pauline
Sortir de la communication me dis-je, sortir et aller vers l’invitation, l’objet poétique, le revendiquer, l’afficher, l’affirmer, ce qui fera la différence ?
Essayer une image au verso, grisée, photo à la chaise, traitée comme un fond. Essayer la chaise dans le paysage dans la carte postale.
autoportrait BDP et PNR Gâtinais Essonne résidence d'auteure sauveur pauline
Se rendre compte que le retour en arrière n’est pas possible : les trois questions s’éclairent de la présence de quelqu’un dans l’image, du corps et de sa chaise. Penser à mettre le mot pierre pour que le grès revienne, lui qui affleure, qu’il affleure donc dans l’écriture et l’invitation.
Des dates probables avec Séverine Delbosq, avec Pierre Giraud, avec Laurent Herrou, avec Mathieu Simonet, avec Barroux, avec Caroline Bartal.
Comme un cadeau ces rencontres.
Appelé hier soir le gérant de la pizzeria-bar-épicerie. Quand je me présente il répond : attendez, je m’assoie et vous allez me raconter une histoire. Cette histoire voulait-il dire ? Cette histoire de lecture ? Et quand j’évoque le projet Presq’îl-e : ah, ça, si on commence à entrer dans le sujet on va en avoir pour des heures : devenir soi, ça concerne tout le monde.
Le plaisir que c’est de s’entendre dire ça, exactement : racontez-moi, allons-y, je m’assois.
16 février 2016
Johann le Guillerm. J’ai un livre sur cet artiste, qui se définit comme un alchimiste qui cherche à créer ce qui n’existe pas encore, en marge du cirque. Sur ce que c’est que l’espace, l’espace du mot cirque, qui est non frontal. Qui aborde le corps-outil, qui crée un monde de tensions, qui amoncelle, assemble, rassemble, fait fonctionner, avancer, marcher des éléments. Chaque seconde de son spectacle « Secret » m’a plu, une à une, chaque scène, l’imaginaire prend vie, sous la forme d’une machine, d’un objet animé et poétique, d’un animal mécanique. Et ce dialogue muet du corps dans l’espace qui joue, sans précipitation, avec lenteur parfois minutieusement, parfois comme une fuite ou un combat.
23 février 2016
Envisager.
Tout le temps ce verbe.
Avancer, dans les strates du projet, la question de la vidéo, du son, du journal, des ateliers, des rencontres.
Écrire « envisager » ne suffit pas.
Écrire, décrire, développer, travailler.
24 février 2016
Pas de photo à la chaise aujourd’hui. Trop tard et trop de pluie. Lecture à voix haute (aimer lire) au démarrage de l’atelier maquettes structure cabane refuge maison. Avec contraintes littéraires. C’est prenant, avec grand plaisir. Pluie dans la cour commune à la bibliothèque et à la pizzeria. Rentrer au parc faire le point, rire et s’organiser pour le lendemain. Du monde au château le soir : Anaïs, Anne et ses enfants Adèle et Nathan et Samir. Vincent arrive tard. Manger ensemble et parler d’amour et de sexe. Longtemps. S’exclamer mais c’est le seul truc important !
Se garer loin, puis trimbaler la chaise tout le long de la piste cyclable interdite aux voitures qui s’enfonce dans les bois.
25 février 2016
Se garer loin, puis trimbaler la chaise tout le long de la piste cyclable interdite aux voitures qui s’enfonce dans les bois. Le Cyclop est monumental et endormi en travaux d’hiver.
Cyclop BDP et PNR Gâtinais Essonne résidence d'auteure sauveur pauline
Cyclop BDP et PNR Gâtinais Essonne résidence d'auteure sauveur pauline
Sa langue dans le plan d’eau aux 400 m2 de miroirs couverts d’un filet parce qu’ils tombent, reflétant la forêt. Les remplaçants (miroirs) attendent l’autorisation administrative depuis des années. L’oreille géante bouge sa tonne sur une charnière immense, les passerelles et les balcons, la tour éphémère dégringole immobile depuis 25 ans de travaux et d’entretien sans fin.
Cyclop BDP et PNR Gâtinais Essonne résidence d'auteure sauveur pauline
La molécule de la pilule, matérialisée, voulue, invitée dans la bouche du Cyclop, dans l’arrière-gorge, cette nécessité de la dire, de l’avaler, de l’intégrer, cette liberté qu’elle donne qu’il faut affirmer et protéger et le besoin de se battre pour se faire entendre, depuis le début, le boulot que c’est.
Le sol en damier et la sculpture de Niki à toucher porte-bonheur les cornes et les crânes de céramique joyeuse. Le compteur électrique pour l’énergie qu’il a fallu attention ne pas débrancher les fils (et les filles ?).
La bouche d’aération de Beaubourg tournée vers le bas comme un plongeoir Invitation au suicide (de Niki) avec un crâne monumental.
Le pénétrable sonore (de Jesús-Rafael Soto) cube fébrile de tubes suspendus avec un vide au centre pour écouter les cloches qu’on croirait folles. ça sonne plus fort quand c’est un grand qui passe à travers, à cause des épaules.
Cyclop BDP et PNR Gâtinais Essonne résidence d'auteure sauveur pauline
La suite sur le site remue.net : Notes #7.
A lire également les notes précédentes ainsi que les autres rubriques sur la page de la résidence
Belle lecture !

Carnet journal de résidence – Essonne #2

« La résidence d’écriture se révèle pour tout auteur un moment essentiel dont l’enjeu est double : pouvoir poursuivre en toute quiétude son travail de création, et s’inscrire dans un territoire, un lieu d’accueil par diverses interventions (rencontres et lectures publiques, ateliers d’écriture, etc.).
Si les modalités diffèrent selon les structures (l’auteur ne « réside » pas forcément sur place, mais assure des moments de présence), et si ces dispositifs s’accompagnent de quelques paradoxes, il s’agit toujours d’affirmer la place de l’écrivain dans le contemporain. »

Introduction par la revue littéraire en ligne remue.net
C’est une véritable question car c’est un véritable projet pour un auteur, c’est pas anodin une résidence.

Alors commencer un journal car page des auteurs hébergée par la revue, en partenariat avec la région Île de France.
Réfléchir à cette idée, d’un journal, d’un carnet, en papier ou pas.

Commencer. Et proposer :

  • NOTES #1 (11 – 24 OCT. 2015)

    • Journal de résidence de Pauline Sauveur (Conseil départemental de l’Essonne)
      – Démarrage

    NOTES #2 (28 – 30 OCT. 2015)

    • Journal de résidence de Pauline Sauveur (Conseil départemental de l’Essonne)
      — Découvrir où lire et c’est partir

    NOTES #3 (12 NOV. – 25 NOV.)

    • Journal de résidence de Pauline Sauveur (Conseil départemental de l’Essonne)
      — Le 13 novembre. La veille et les jours qui suivent, se poursuivent. Les rencontres.

    NOTES #4 (3 – 9 DÉCEMBRE 2015)

    • Journal de résidence de Pauline Sauveur (Conseil départemental de l’Essonne)
      — De la voix silencieuse dans la tête ou le carnet. Du poison dans les mots de la voix.

Commencer à écrire, noter, dans ce carnet, parmi d’autres.

carnet sauveur pauline CRIF PNR et BDP Essonne résidence d'auteure
page 1

Habiter là un moment.

Découvrir le bibliobus que l’on me prêtera, avec chauffeur 🙂

Résidence île de France, soutenue par la région du même nom
avec la BDP, bibliothèque départementale de l’Essonne
et le PNR, le parc naturel régional du Gâtinais.