Mitä jää – ce qui reste

Pour quitter la maison de ma mère en bois et l’espace autour.
Parce que je sais. Je sais déjà.
Parce que je regrette encore la glycine, l’escalier en colimaçon et la vue sur la cour et sur même les poubelles de chez l’une ou l’autre de mes grand-mères et les maisons vendues.

Une semaine c’est juste à peine.
Il y a le cri inaudible à hauteur de la cage, thoracique, qui enferme la protestation dedans de l’enfant sur la pointe des pieds excédé qui refuse, sa bouche sous mon menton à hauteur de mes seins qui proteste, qu’on entendrait s’il y avait là un point une ouverture si on ouvrait, qui dit non vraiment non une semaine c’est rien c’est pas bien c’est nul c’est trop court c’est trop con c’est que dalle c’est débile c’est non.

Couchée sur le côté, quand la colonne vertébrale est parfaitement parallèle au lit, les larmes s’accumulent au coin dans l’œil, puis se déversent directement dans l’autre où ça crée une petite inondation.
(…)

Mitä jää – ce qui reste

Vidéo également visible sur Ce qui reste aux côtés des oeuvres de Michel Barrière, Alexandra Guillot, Christine Guinard et  Nicolas Landemard, Vincent Labaye, Camille Rocailleux
Sur une proposition de Public averti*
hébergé par les éditions Conspiration

J’aime l’idée de quelqu’un qui travaille dans l’atelier de ma mère, qui fait exactement se qu’elle veut à côté, dans les parages. J’aime l’idée de cette liberté du cadre et d’en être. Que des personnes emportent leur expérience du lieu, qu’il puisse exister ailleurs dans d’autres corps dans d’autres têtes.

Je décide de mettre une chaise blanche et une robe noire, dans l’image. Je n’en ferai aucune de l’intérieur. Seulement sous dans et sur et devant, seulement les arbres, les herbes, le pont, l’atelier. Et mon dos.
(…)