pauline sauveur

questionner les liens entre corps et espace(s)

elina de dos

Je ne sais plus comment j’ai découvert sa première photographie.
Je crois qu’elle était en couverture d’une revue annonçant un cycle scandinave peut-être à l’institut finlandais à Paris.

Je sais que j’ai tout fait pour récupérer ce numéro, car le magazine était épuisé. Je suis allée voir ses autres images. Je sais que j’ai eu très longtemps l’une d’elles en fond d’écran. Je sais que ce fut le cas longtemps, des années durant, sur les écrans de mes différents ordinateurs de mes différents emplois. Il s’agissait de son autoportrait de dos avec une longue robe bleue délavée au bord de la falaise qui surplombe l’étendue de la vallée. La roche et le lichen à ses pieds, le ciel gris. Son dos, la ligne de ses épaules qui caractérisent, qui littéralement racontent son regard invisible.

Avec toutes les autres images de sa série The new painting. Je me souviens que miraculeusement, par des voies détournées, un jour, une cliente de mon lieu de travail m’a rapporté un exemplaire de la revue (que j’ai égarée maintenant) après qu’elle ait vu la photographie sur mon ordinateur, en disant probablement “Oh, je connais “. Je sais que mes parents m’ont offert pour mon anniversaire un des ses livres et que je regrette encore que mon père ne l’ait pas signé lui aussi. Je me souviens que j’étais étonnée qu’ils s’en soient souvenus.

J’aime ses images parce qu’elles m’aident à respirer et que je m’installe dans chacune d’elles avec simplicité, quelque part à l’angle de la pièce ou sur un rocher, au bord de l’eau, du paysage ou du tableau.

Je vous invite à aller regarder le travail d’Elina Brotherus
et à vous rendre compte que vous venez de trouver un fragment de ce que vous cherchiez sans le savoir.

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