Retour au mitan – avec Pascal Osten

Rivière et cailloux – photographie Pascal Osten

« Est-ce que la rivière est un corps qui court?
Est-ce que la surface est l’enveloppe de nos muscles liquides, le lit du ruisseau nos os immergés?
Est-ce que je respire mieux sur ses berges, sous cette pierre humide?
Peut-être que le gravier d’or est un trésors à l’envers?
Peut-être que ce qui le recouvre parle du soin qu’il a fallu pour l’habiller? Délicatement l’envelopper puis le porter puis l’enfouir ou lui donner l’élan et souffler dans l’air frais de la forêt à courir autant?
Debout sur un rocher qui écoute, à l’affût les pieds nus sur la poudre du sentier et ses feuilles sèches? 
Peut-être que le trésor inversé est un don muet, un cri sourd et qu’il nous ramène dans les bois écouter le bruit qu’il fait en trouvant sa place?
Peut-être que ce trésor est plus grand encore quand il se perd, dans la fragilité de la mousse, l’ombre du sous-bois, l’eau glacée du ruisseau, dans l’immensité de la nature qui nous est liée?
Peut-être est-ce tout cela à la fois.
Sûrement qu’il nous faudra être attentifs. 
Probablement qu’il nous sera précieux.
Peut-être qu’il s’agit de trouver le chemin qui nous manque ? »


Pauline Sauveur,
9 septembre 2019

cailloux dorés – photographies Pauline Sauveur

« Les graviers sont dans ma main. Je vais les lancer ici ou là, doucement. Je vais les déposer, les « ricocheter » au mitan d’eaux que je crois connaître. Encore que?

L’or qui les recouvre ne résistera pas à la caresse froide et rythmée du débit des ruisseaux et à peine plus longtemps aux courbes, aux boucles obstinées du courant des rivières. Précieux et mou à la fois, le métal va petit à petit se décoller en de minuscules paillettes qui chatouilleront le ventre de nacre de truites posées au creux des gravières. Nous leurs devons tout cela n’est-ce pas?

Retour au Mitan est une exploration, un chemin pris en tout sens interdits, une pratique du contre-orpaillage, une expédition de trésor rendu, l’idée d’une fortune faite et de suite abandonnée. Pendant des siècles, toujours maintenant, les rêves de quelques-uns sont trop souvent devenus le cauchemar du plus grand nombre. Il fait chaud cet été. Les graviers sont dans ma main, il est grandement temps de rendre ce que nous n’avons jamais cessé de prendre. »


Pascal Osten
1er octobre 2019

Ce travail est également à découvrir sur le blog Du Bruit Dans l’Atelier avec ses étapes préparatoires et ses échappées dans la forêt et des images de rivière.
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Rivière et cailloux – photographies Pascal Osten
Rivière et cailloux – photographie Pascal Osten
Rivière et cailloux – photographie Pascal Osten