Les yeux brodés – avis

Merci à Jean-Paul Gavard-Perret pour son article sur les Yeux brodés sur le site lelitteraire.com
Merci !

« Le corps est omni­pré­sent mais sans être « matière » à exhi­bi­tion. S’en per­çoivent les effets de pro­fon­deurs, de sur­faces, de lignes et pers­pec­tives Existe une sorte de dérive urbaine là où « la petite » est qui elle fut, ce qu’elle devient. La créa­trice nous ramène à des points de jonc­tion et d’achoppement, sans lamento mais selon des rafraî­chis­se­ments à la mémoire de la rai­son de vivre ou de ten­ter de le faire.
L’écriture dans sa ténuité inci­sive et alerte crée un che­min qui balance entre la brû­lure des ronces morales et la nudité du soleil rêvé. Il fend la nuit du passé et l’auteure l’élucide dans la lumière du pré­sent. Là où tout fut pour l’enfant obs­cur et résis­tant, Pau­line Sau­veur l’érige en une trans­pa­rence — ce qui ne veut pas dire que l’écriture la sauve pour autant. La lit­té­ra­ture semble deve­nir un art aussi rupestre que contemporain.(…) »
Jeau-Paul Gavard-Perret
lelitteraire.com
21 septembre 2018

Les yeux brodés
préface Laurent Herrou
Jacques Flament Editions

 

A la suite, le retour de Moonpalaace également,
blogeuse sur Instagram

25 septembre 2018

« Je croule littéralement et avec bonheur sous les lectures de la sélection Elle.Quand Pauline Sauveur m’a proposé de m’envoyer son livre, j’avoue que j’ai hésité à en rajouter un à ma débordante pile…

Après une rapide visite à son blog, j’ai été intriguée et charmée par le choix des mots et des images. Pauline est auteure, photographe et architecte.
Alors j’ai ouvert la version numérique du livre qu’elle m’a offert, et puis j’ai été happée par son écriture, à la fois intrigante et infiniment poétique…

Le court texte mène le lecteur sur un chemin mystérieux, ou tel le Petit Poucet, il recherche des indices, les assemble et devine à travers la forêt le sentier onirique dessiné par l’auteure. Ce chemin, ce pourrait être celui d’une libération, celui d’un être sensible qui parvient à se défaire petit à petit des entraves de sa vie, ou tente au moins de les mettre à distance.

J’aime les mots qui sonnent, qui ont cette résonance bien au-delà de la page, que l’on prend plaisir à dire autant qu’à lire…

Et chez pauline_sauveur , les mots ont trouvé leur juste place : l’un appelle l’autre tout naturellement, ils résonnent entre eux.
Cette prose poétique gagne encore à être lue à haute voix…Ces mots disent l’incompréhension du monde, la difficulté à grandir, à être soi, à être mère, la souffrance, la vie, la mort.

Ce livre, c’est une nuée de mots qui s’assemblent pour former tels des oiseaux dans les airs, un dessin harmonieux dans le ciel du récit…

Merci Pauline pour cette poétique surprise.
Quelqu’un qui vous offre ses mots… quel plus beau cadeau ?

Morceau choisi :
« La route s’enroule sous les arbres, il ne me reste que le pont, petit pont de bois et la forêt à traverser. (…)
En fait, ce n’était pas un pont, juste une tuile. La tuile. Fine et croquante, dorée aux amandes. Délicieuse. Quelle idée de marcher dessus, on devrait pas marcher sur des biscuits, non plus. Tout a craqué , simple, net, immédiat. » »

Merci !!

Lecture – Les yeux brodés

Préparer avec grand plaisir
la première (et la deuxième) lecture
des Yeux brodés

Deux rendez-vous une après midi

dimanche 25 novembre
à 15h30
puis à 16h30

au Café Librairie de Sancerre
4 rue de Trois Piliers
18300 Sancerre 

Les yeux bordés
préface Laurent Herrou
editions Jacques Flament

 

Et exposition photo de la série Chez elle
qui existe aussi sous la forme d’un petit livre élégant

Chez elle
éditions Littérature Mineure / Maison Dagoit

le quotidien exotique ?

Préparer la conférence sur cette notion, cette nuance, du quotidien banal mais en léger décalage, exotique pour ça : ses distortions et ses différences.

Une présentation sensible et non exhaustive de la façon d’habiter en Finlande, en écho avec nos manières de faire en France.

Ce sera le mardi 25 septembre au CAUE de la Nièvre, à 18h00
3 rue des Trois Carreaux à Nevers (58000)

Le quotidien exotique ?
Redécouverte de l’espace et des objets quotidiens par le dépaysement

Il y aura des photographies et du craque-pain,
et suivant la vitesse de livraison des rennes du père Noël avant Noël, il y aura du salmiakki (réglisse salé) !!!

Sujet programmé dans le cadre du Mois de l’architecture :
Renseignements au CAUE 58.

Et si vous voulez savoir ce qu’est un CAUE (Conseil d’architecture d’urbanisme et de l’environnement) c’est tout bien expliqué là :

Si vous voulez le programme complet pour le Mois de l’architecture en Bourgogne Franche Comté sur le site de la Maison de l’Architecture de Bourgognes

En forme de mise en bouche, de miniardises ou d’échauffement, se pencher sur la question des chaussettes de laine et sur les gants de cuisine.
S’occuper des unes et des autres, comme un préambule physique et manuel au sujet : réparer à la sauvage et à la machine à coudre 13 paires de chaussettes tricotées. Puis confectionner deux gants de cuisine pour protéger les mains des futurs plats chauds.

 

Choisir deux tissus Marimekko :

Tissus qui bordait le tour de mon lit d’enfant.
Modèle Lovelovelove de 1969
par Maija Isola :

Et le plus récent modèle « Purnukka » de 2008
(qui désigne affectueusement les bocaux de cuisine)
par Erja Hirvi 

Les yeux brodés – parution

Très heureuse de la parution de ce livre, Les yeux brodés, aux éditions Jacques Flament qui avait déjà publié mon livre photo Deviens ce que tu es, en 2017.

L’enfance ressurgit.
D’un balcon haut perché je regarde les voitures les lampadaires, arrive un bus de transport scolaire qui se gare et déverse ses enfants, fin d’une journée d’école. J’ai deux ans et demi et je crie « Z’enfants ! Je suis là ! » Tous ces copains qui viennent pour moi ! Alors je ne comprends pas qu’on me sourit, qu’on referme la porte derrière moi, qu’on m’explique que ça n’est pas le cas. J’ai pas crié assez fort ? Je suis trop petite pour qu’ils me voient, ou alors ça ne leur dit rien ? Je ne suis pas sûre que ce soit juste parce que je suis trop loin. Qu’est-ce qui prouve que je n’y suis pour rien ?
(…)

Ce texte court se compose de 14 chapitres et d’un happy-end, précédé de la préface, aux mots précis et nets, de Laurent Herrou, que je remercie encore pour cette introduction, qui questionne plus avant, qui continue dans un même élan la recherche déjà au coeur du livre.

Naître ou ne pas naître, telle serait la question. Si la question était posée, de cette manière-là. Mais Pauline Sauveur se moque des questions. Littéralement — dans le très beau chapitre 8. Elle les dépasse et se dépasse. Elle plonge, elle avance, elle se perd, elle se noie, elle trébuche, elle s’emporte, elle marche, elle se reprend, elle confie, et confiture aussi, elle ne cesse pas. D’être, de naître, de ne pas naître. De ne pas n’être ? En double négation qui perdrait le sens tout en le révélant, autrement, une fois de plus. (…)
Rencontrer Pauline Sauveur, sa voix, son écriture, c’est entendre l’écrivaine. Dans son débit, dans son flux, dans le flux et le reflux, dans le sang qui pulse et celui qui s’écoule, dans les bras qui enlacent embrassent flottent à la surface ou s’y agitent, disparaissent et repoussent, dépasser le visage sage de la petit fille et affronter la femme qui se cache derrière, rencontrer Pauline Sauveur, sa voix, son écriture, c’est comprendre peut-être, ne serait-ce qu’une fois, que l’écriture ne se lit pas seulement : elle s’entend, elle se dit, elle vous parle, elle te parle.

Laurent Herrou Villequiers, le 2 août 2018.

Et pour accompagner les 30 premières commandes, j’ai préparé un tirage de la photo de couverture, que l’éditeur se charge de joindre avec plaisir aux premiers livres.

Etiquette au dos des photographies, tapée à la machine dont il aura fallu ré-encrer le ruban, avec gant et patience et tampon encreur (méthode artisanale).

 

Et le sous-titre révélé :

le livre est disponible sur le site de l’éditeur :
éditions Jacques Flament

Collection : Marges
Parution : août
Pages : 78
Format : 130 x 200 cm
ISBN : 978-2-36336-368-8
Prix : 10 €

 

Lecture anima

Lire
Lire anima

ce jeudi 28 juin 2018
à partir de 18h30
au château de Villequiers (18)

Là où notre collectif * Public averti, en de nombreuses occasions, a pris place (expositions, lectures, performances, installations…)

« Vous partez ou vous venez chercher quelqu’un ? demande Roland.
Avant ça, il a sorti un portable de sa poche. Il a passé un appel.
Je sais que lui ne part pas. Qu’il attend. Qu’il en a encore pour une heure au moins.
Comme moi.
Je pars, je dis.
(…) »

Laurent Herrou lira Cocktail
paru aux éditions Jacques Flament en ce mois de juin 2018

Et je lirai Anima :

« putain de renard qui avait raison
on est responsable de ceux que l’on apprivoise
cette envie reptile d’avoir tout sans renoncer à rien
mon double crocodile
cette envie simple
cet appétit-là qui est
le désir
inextricable qui court et qui bondit sous la peau
bong sang
bong bong c’est joli oui
c’est le cœur qui cogne aux dents et l’envie qui me remplit la bouche
(…) »

Ce sera également l’occasion de découvrir la belle série photographique Livraison, de Laetitia Gossart.

Renseignements par mail : contact

Au plaisir de vous rencontrer à cette occasion !

Genre et architecture

Des question et des questions
et des esquisses de pistes de réflexion !

Je suis très heureuse d’intervenir prochainement lors de cette riche journée (elle le sera) de formation, avec une réflexion sur genre et ville, genre et architecture, suivi d’une lecture d’un extrait de mon projet Presqu’îl-e, sur l’invitation des Ateliers Pratiques de Psychanalyse Sociale.

La ville est-elle construite et pensée pour deux genres ?
Comment ?
En quoi l’apparition d’un troisième genre bouleverse les rapports et l’espace social ?
Que changera-t-il à court ou moyen terme sur la construction de l’espace social ?
Qu’a changé la rencontre transidentitaire ?

La ville est-elle construite en fonction du genre ?
Pour deux genres spécifiquement ?
Dans quelle mesure l’architecte, ou l’urbaniste, est coresponsable d’une conception genrée ?
Est-ce que l’architecture et l’urbanisme se construisent, se conçoivent suivant le genre ?
Est-ce qu’ils produisent des espaces différentiant le genre ?
Mais quel genre ? Celui des concepteurs ? Des décideurs ? Des investisseurs ?
Des usages ? Des usagers ? Des habitants ?

Est-ce que l’architecture a un genre ?
Est-ce qu’un banc, une salle, une école, un trottoir, un square, un immeuble, une route, une rue ont un genre ?
Est-ce qu’un équipement a un genre ?
Est-ce qu’un équipement s’adresse spécifiquement à un genre ?
Peut-on le reconnaitre après coup ?
Qu’en est-il d’un troisième genre ?
Peut-on reconnaître un troisième genre à l’œuvre dans l’espace urbain ou architectural ?
Qu’est-ce qui tient de l’usage, de la majorité des usagers observables ?
Qu’est-ce qui tient des concepteurs, des décideurs de ceux qui pensent la ville ?
Et qu’est-ce qui tient à l’espace lui-même ?

 

Apports et enjeux de la Transidentité
vendredi 15 Juin 2018

journée de formation
09h00 -17h00

Par ordre d’intervention :

à partir de 9h00
Axel Leotard, auteur
Hervé Hubert, psychiatre, psychanalyste
Hughes Gouzènes, médecin généraliste
Bertrand Ducornet, endocrinologue
Fanny Poirier, psychologue
Christine Rougemont, cinéaste

à partir de 14h00
Kasper Parot, enseignant
Pauline Sauveur, architecte, photographe, autrice
Caroline Maillard, assistante sociale
Magaly Lhotel, avocate
Joel Le Deroff, administrateur de la maison Arc en ciel à Bruxelles

Programme complet ici

Le lieu :
Association Élan retrouvé,
23 Rue De La Rochefoucauld
75009 Paris

Au plaisir de vous y rencontrer !

Entretien – NiepceBook 7

La parution en mars de la série  Presqu’îl-e dans le NiepceBook n°7, revue-livre de photographie contemporaine, fut l’occasion de réfléchir à la fois sur ce projet et sur le démarrage de ma pratique, dans un long entretien que je partage ici dans une version augmentée.

Je suis également très heureuse qu’une des photos du projet ait été choisie (par vote du public) pour faire la couverture de ce numéro.

Et pour ceux qui souhaiteraient trouver ce livre-revue, et découvrir les 1O photographes présentés, il en reste encore quelques exemplaire sur le site des éditions Corridor Eléphant.

1/ Le thème de l’appel à participation est territoire(s), égalité(s), inégalité(s), dans quel ou quels items inscririez-vous ce travail ? Pourquoi ?

Égalités et inégalités, dans un premier temps, en référence aux inégalités et aux discriminations que connaissent les personnes LGBT. Mais territoire convient également, dans une acceptation plus large. Le genre est une question qui passe aussi par la géographie. Celle de nos usages, de nos cheminements intérieurs et à l’extérieur, sous les yeux des autres, une carte personnelle qui irait avec notre propre définition du genre. C’est concrètement s’approcher du corps, ce qui est, ce qui se transforme, et plus largement se dessine la marge de manœuvre pour laquelle on se bat, ce qu’on gagne, ce qui est à conquérir. C’est quelque chose qui nous concerne tous.

2/ Qu’est-ce qui vous a poussée à faire un travail sur la Trans-identité ?

Au démarrage de ce projet, j’ai été interpelée par une question. Ça s’est joué en quelques dizaines de secondes, le temps d’entendre la question qui m’était posée et celui de répondre oui. Mais on peut convenir qu’à partir de cet instant tout m’y a poussé, une fois engagée.

3/ Pourquoi le choix de la couleur ?

Pour la peau. Pour les photos réalisées plus tardivement dans le projet, avec la recherche de la couleur. Pour répondre à l’ombre et aux noirs des contre-jours. Et parce que je photographie principalement en couleur, donc peut-être parce que je suis plus à l’aise avec la couleur ?

4/ Pourquoi avoir choisi de suggérer et non de montrer ?

C’est un choix que j’ai découvert au fur et à mesure, qui s’est confirmé et renforcé à chaque fois. C’est exactement la matérialisation de la relation que nous avons eu durant tout le temps du projet : les photos sont à hauteur de ma position et de mon regard, de la place que j’avais, que je me construisais, de ce qui était possible pour moi : accueillir le récit, en être par moment témoin, principalement assise à la table, dans la cuisine, une, deux par mois, ou toutes les semaines. J’avais posé pour seul protocole de travail : ne rien écrire lors des rencontres, parce qu’écrire et être témoin sont deux choses différentes. Et cela permettait de délimiter, à mes yeux cela appuyait le fait que ce soit une approche artistique et non documentaire.

Pour la photographie, ce n’était pas aussi clair. J’ai mis du temps avant de sortir l’appareil et de déclencher à bout portant. Jusqu’alors, j’avais pour sujet de prédilection les bâtiments, la ville, l’architecture, la lumière. Donc il m’a fallu du temps pour apprivoiser le geste, et peut-être aussi pour accepter d’être vue en train de photographier, observée, jugée (même avec une grande bienveillance) et de devenir, par une sorte de retournement de situation, celle qui est observée et jugée dans cette action puisque je me jugeais aussi dans cette action là.

5/ Votre travail est-il politique ? Pourquoi ?

Oui absolument. Mais tout est politique, chaque geste.

Ce projet est intime, doublement, par le partage de l’intimité de son parcours, et par mon approche, où j’ai l’impression de me dévoiler aussi, il me semble.

Mais c’est, exactement en même temps, un projet plus large et politique. On est quand même tous concernés par cette question, s’accomplir, devenir soi, comment, où, par quels moyens ? Comment gérer tout ça ? Le genre, le sexe, le corps, l’identité, les questions existentielles et essentielles, et toute la trivialité de la vie quotidienne, la matérialité du corps (encore heureux !) à travers les gestes et les décisions que l’on prend.

6/ Comment êtes-vous venue à la photographie ?

Mon père faisait de la photo tout le temps, il avait toujours son appareil, il m’a souvent trimballée avec lui, quand ma mère avait ses cours à la faculté, pour faire de la photo ou aller récupérer et flâner à la décharge, pour aller faire de la guitare avec les gitans du coin. Et c’est quelque chose qui me fait sourire parce que c’est presque inenvisageable maintenant cette phrase : mon père m’emmenait avec lui découvrir la décharge. Quand on a habité une année et demie en Finlande, ma mère travaillait, lui non et il nous gardait, mon petit frère et moi. Il avait installé tout son matériel de labo photo dans la cave.

Longtemps sans appareil, j’ai récolté des images qui me plaisaient dans les revues, les magazines, que je glanais partout, j’en faisais des mini livres par exemple. Ça a duré des années. Puis vers mes 19 ans, parce que je lui en ai demandé un il me semble, pour une option au programme, mon père m’a passé un appareil. Je me rappelle qu’il était étonné que ça m’intéresse. J’avais choisi une option image et photo à l’école d’architecture. Là-bas aussi il y avait un labo, accessible gratuitement, on venait avec notre papier.

Ah, mais si ! Il y a aussi mon premier instituteur, qui était passionné de photographie, qui avait construit un labo dans la classe, (j’adorais, c’était une cabane en contreplaqué) on y travaillait régulièrement le développement, les techniques, on expérimentait.

7/ Que souhaitez-vous transmettre à travers ces images ?

Je ne sais pas exactement.
Le regard (le sien, le mien, celui que vous aurez) et la lumière.
Et dire, en filigrane que devenir soi, nous concerne tous.

8/ Ce travail a t-il changé votre regard sur l’identité ou le genre, si oui dans quel sens ? 

Ce travail a précisé, confirmé, affiné une intuition de départ.

A l’adolescence, le sujet m’importait grandement, sans avoir besoin d’en discuter. Ça ne s’appuyait pas sur un doute sur mon genre, il s’agissait plutôt d’un questionnement sur ce que c’est que d’être une fille, et sur ce que sont les garçons. Et sur ce qu’une telle transformation peut représenter. Tout ce que j’ai pu lire, entendre, regarder sur le sujet a forgé l’intime conviction que le changement de genre est totalement personnel et légitime, et que personne n’a rien à redire sur ce que l’on pense et veut et cherche à être. Et les amalgames et le mépris me sont insupportables depuis toujours. Qu’on soit homo, trans, bi, intersexe, ou hétéro basic, c’est assez compliqué comme ça.

9/ Et sur la société ?

Ce projet, démarré début 2013, a grandi en même temps que mon exigence intellectuelle et politique, au sens large, et que mon engagement. Mais c’est lié à tout ce qui nous entoure, l’attentat contre Charlie Hebdo a été un point de non retour, par exemple, dans le fait d’affirmer plus haut et plus fort mon exigence et mes convictions, puisque c’est la seule chose ou presque que l’on peut faire. Le fait d’intervenir en tant qu’autrice (le nouveau mot que j’apprivoise ! Je suis passée par auteure pendant plusieurs années avant de commencer, depuis peu, à l’utiliser, ce mot qui existe depuis l’époque romaine tout de même) en milieu scolaire souvent, ou en prison, ou ailleurs. Tout y participe. L’écriture aussi, quotidiennement. Ou à travers le collectif *public averti, que nous avons fondé avec Laurent Herrou, écrivain lui aussi.

Peut-être que ce projet est ce qui y a le moins spectaculairement contribué, paradoxalement. Je n’entendais pas faire la démonstration de quoi que ce soit. Cela n’a jamais été le but. Mais clairement maintenant que je le porte, que je le montre, je revendique très fermement la liberté de s’accomplir. Je le revendique et je travaille autour de cette question qui traverse tout ce que j’écris, tout ce que je fais il me semble, parce que je me sens la première concernée, la première pour qui c’est pas si simple.

10/ Qu’est-ce qui justifie, à votre avis, le rejet de cette population ?

La peur.

Le fait que le sexe soit une question centrale dans la vie et que pour beaucoup ce soit une question visiblement problématique.

Il y a d’ailleurs une incompréhension de base sur le sujet il me semble, parce que justement on est au delà de la pure question du sexe ou de la sexualité. On touche à celle de la liberté de chaque individu et de la société que l’on veut. Soit on aspire à une société rigide, avec des catégories totalement tranchées, où la définition du genre est décrétée par des dieux, ou soi-disant par la nature. Soit on reconnaît que nous sommes des êtres façonnés de culture, que certains, effrayés justement, ne peuvent reconnaître comme évolutive.

J’ai passé mon enfance en forêt, en montagne, alors je vois un peu ce que c’est, la nature, et excusez-moi mais c’est autre chose. Un arbre, un rocher, un animal, un orage, rien ne vient répondre ni exiger quoi que ce soit. Alors encore moins que l’on ait telle sexualité, tel genre, tel comportement. Brandir la nature est hors sujet. La relation à la nature si elle est effective et personnelle à mon avis nourrit l’exact inverse : la responsabilité de chacun vis-à-vis du réel, notre place dans un ensemble, et une certaine honnêteté, ou une certaine véracité, une immédiateté qui pousse à être dans la recherche de ce qui est le plus juste pour soi.

Mais j’imagine que le rejet vient de l’idée même d’une société qui laisse plus de liberté, où chacun accède à ce qui lui est propre, bien sûr en se basant sur le réel, mais avec le droit d’en faire ce qui semble important pour soi, où il y a de la place pour cette complexe notion d’individuation, c’est-à-dire devenir un individu autonome et libre, autant que possible.

11/ Peut-on considérer votre suite photographique comme une narration ?

Oui. Même si on ne suit pas la chronologie des images, il y a le mouvement du récit, du parcours, d’un avant, pendant et après, qui de fait, est au cœur de l’histoire.

12/ Dans quelle mesure le corps ici photographié peut-il être perçu comme un objet artistique ?

Ça, c’est le beau cadeau de celui devant l’appareil. Je pense qu’on l’a construit ensemble mais cette demande était au départ la sienne : faire quelque chose d’artistique. Donc, pas du reportage, du témoignage, mais bien la recherche d’un regard. Comme il m’a dit : je voudrais une trace, un regard extérieur, puisque je vais être occupé, tourné vers l’intérieur.
C’est comme ça que j’ai commencé les photos, en regardant.

13/ Comment êtes-vous rentrée en contact avec votre modèle ? L’avez-vous choisi ou vous a-t-il choisie ?

C’est lui que m’a demandé si ça m’intéressait de suivre son changement de genre, comme ça de but en blanc, à la suite d’un projet mené avec ses étudiants sur un carnet de voyage. Et j’ai immédiatement dit oui.

14/ Avez-vous eu parfois l’impression de vous poser en « voyeur » ?

Non. Je l’ai peut-être été sans le savoir, mais pas volontairement. Parce que le cadre était simple, il y a eu une pudeur mutuelle constante. C’est d’ailleurs ce qui a fait que le projet a pu se faire, cette distance mutuelle, sa délicatesse dans sa manière de partager son histoire, et de mon côté je ne posais quasiment jamais de questions, je ne jugeais rien, c’était facile : je n’avais rien à juger. J’ai écrit à ce propos, de la pudeur de la table, cette table dans sa cuisine, à laquelle on s’installait à chaque fois, avec une tasse de thé. C’était un lieu, un espace, un cadre, renouvelé à chaque rencontre.

15/ Les deux dernières photos, qui montrent elles-mêmes des clichés, sont-elles une sorte de conclusion à l’histoire ? 

Celle de l’album pourrait être un retour sur son passé dont il m’a montré quelques bribes, c’est un album de photos de famille. Il est fermé, quelques indices dépassent, c’est suffisant.

La dernière, celles des photos d’identité pour ses nouveaux papiers, pourrait être la conclusion, parce que l’on s’était donné comme limite ce moment précis, l’obtention de ses papiers d’identité reconnaissant son genre masculin. Et ce qui est bien, ce qui me plaisait, c’est que j’avais la conviction qu’avec la fin du projet, libres du cadre, une autre étape y succèderait, celle de l’amitié. Et c’est le cas.

16/ Le tatouage, souvent présent dans vos photos, exprime-t-il pour vous une forme de langage ?

J’ai une tendresse immédiate pour les tatouages, même si je n’en ai pas. C’est une sacrée écriture quand même, je trouve ça touchant, parce qu’il faut une conviction personnelle pour le faire, c’est rarement (jamais ?) par hasard qu’on fait un tatouage, ça a toujours un sens.

17/ Le cadre dans lequel évolue votre modèle appartient au quotidien. Cela est-il significatif pour vous ? 

Le quotidien m’intéresse, les choses banales, la vraie vie, elle est là. Les grandes idées, les aspirations supérieures, l’élan incroyable, il faut que ça soit dans la même vraie vie, sinon à quoi bon ?

J’aime aussi le quotidien dans l’incroyable ou l’étrange ou hors du commun, comme mon projet sur un brise-glace par exemple. Mais à nouveau c’est la vie quotidienne que j’ai cherché à débusquer, la trace des humains qui y travaillent. Les lieux de travail m’intéressent particulièrement, parce que là aussi, c’est une forme de quotidien.

18/ Les objets du quotidien sont souvent présents dans vos photos, cette présence a-t-elle un sens particulier pour vous ? 

Ils sont là, je les accepte, ou alors, on fait une mise en scène et on joue. Mais je ne joue pas à faire du faux vrai, je ne nettoie pas la pièce avant ! Je peux virer un truc moche (une bouteille en plastique, une boite de céréales) qui serait pile devant l’objectif, mais ma première réaction sera de me déplacer et de prendre la photo d’un autre angle, ça ne me pose pas de problème. D’ailleurs je ne crois pas l’avoir fait. Je prends la présence des objets comme une contrainte enrichissante, si toute fois je m’en rends compte. Car généralement je n’analyse pas comme ça ce que je suis en train de faire, j’analyse ce que je vois. C’est peut-être un réflexe acquis avec la photographie d’architecture : on fait avec le réel, on se déplace, on court, on vise, on cherche, on retrouve quelque chose. C’est un questionnement en mouvement.

19/ Quelle est la part de la mise en scène dans votre travail ?

Quand il y a mise en scène, elle est faite pour être visible, du moins je l’espère, c’est un jeu, ce sont des tests, des intuitions qui se basent sur un souvenir d’image souvent, une idée, que j’essaye de matérialiser. L’image se construit avec cette envie et avec de ce qu’il propose en réponse : telle posture, debout sur la chaise, sur la table, les mains bleues de peinture.

20/ Question de détail : Pourquoi avez-vous choisi de photographier des oranges ? Votre but était-il symbolique ou purement esthétique ?

La première fois que l’on s’est donné rendez-vous pour préparer le projet, c’était à la pause-déjeuner, dans sa classe, il finissait une orange. Il y avait le fruit, ses mains, le couteau, le soleil qui tombait du velux. C’est la première des photos que j’ai voulu faire et que je n’ai pas prise. Il y en a eu d’autres, je les ai appelées les non-premières, celles qui seraient à faire plus tard.

Un an après, je lui ai proposé cette séance, je suis passée acheter 4 kg d’oranges au supermarché. Il y avait une très belle lumière sur la table, il avait préparé des couteaux. Il y avait une certaine urgence, la tache de soleil semblait glisser à vue d’œil vers le mur.

L’idée était de recréer la situation en l’exagérant et d’observer ce que cela donnerait. Le symbole était fort pour moi, puisque c’était la première image désirée. L’avantage c’est que les oranges peuvent être un symbole de vie, de vitalité, et que c’est esthétique. Il aurait pris un yaourt cette fois-là, je n’aurai peut-être pas eu la même idée !

21/ Question subsidiaire : comment s’articule l’écriture avec votre travail photographique ?

L’écriture est première dans mon histoire, elle me semble l’être, mais… vu les virées photo à l’âge de deux ou trois ans, je me trompe déjà.

Dans un projet, c’est chaque fois une nouveauté. Je ne sais pas à l’avance quel médium va prévaloir, ni dans quelle proportion, ni si cela va être sur plusieurs fronts ou pas. Pour celui-ci, ce fut la deuxième question, celle que je lui ai posée : texte ou photo ? Il a répondu comme tu veux, donc j’ai pensé ok, les deux, nous verrons. A la base, cela résulte toujours d’une envie (d’images, de postures, ou de phrases, de titres). L’avantage des mots, c’est qu’ils sont libres de l’image et de l’instant, à l’inverse de la photographie. Je peux écrire à propos de ce que je n’ai pas vu. Je peux pousser la logique de l’écriture, de l’idée, longtemps après.

Pour certains projets il y a une troisième dimension, la troisième justement, c’est à dire la matérialité dans l’espace, les installations. Pour que le corps entre en jeu, que le regard résulte d’un mouvement, d’un parcours, parce qu’il y a de l’espace, des objets, des choses qui racontent. C’est toujours une invitation.

Enfin, il y a la quatrième dimension, celle du temps. Le projet Presqu’îl-e a démarré en 2013 et je continue à le travailler. J’ai l’adapté sous la forme d’une pièce, pour deux personnages et demi. Et maintenant, je travaille à une version littéraire de ce double récit, ce qu’il m’en a dit et ce que j’en raconte.

Pour aller plus loin :

– Page FB du collectif *public averti (l’astérisque fait partie du nom)
et l’historique du collectif

– Sujet de recherche, d’une résidence numérique avec la revue Square Magazine, portfolio dans le n°602 – 2015

carnet de la résidence, en ligne

Deviens ce que tu es
Editions Jacques Flament, coll. Images&Mots — 2017

– Exposition en noir et blanc, régulièrement présentée (depuis 2014) accompagnée de lectures du texte Presqu’îl-e en cours d’écriture.

Presqu’îl-e, la pièce
En cours de lecture dans plusieurs comités de lectures théâtre.

Deviens ce que tu es – Expo lecture à Paris

Trans
Traversée
Transfuge — refuge. Trans-planté dans un autre territoire.
Avec le chemin à faire, sur ses propres jambes, pour développer ses propres racines.

L’inventaire du rien.
Là tu viens et rien de fait. Pas encore d’effets visibles, à peine les muscles au niveau des biceps. C’est une pose souvent reprise, lever les bras et faire saillir les muscles, en signe de victoire, de force et de puissance. Pas encore d’effet, et pourtant. Dès la première injection la libido explose, éclate, et envahit tout.

Le projet Presqu’îl-e 
existe
dans un premier livre intitulé Deviens ce que tu es
paru chez Jacques Flament éditions
dans sa belle collection Images&Mots

Il existe aussi sous la forme d’une exposition
actuellement visible (et jusqu’au 30 nov.)
au Café librairie de Sancerre (18)

 

qui donc sera accueillie à la Librairie Violette and Co
au 102 rue de Charonne, Paris 11ème,
et qui sera présente jusqu’au 7 janvier 2018.

Je lirai des extraits du livre ainsi que des pages inédites sur le même sujet.

Et pour fêter dignement le vernissage et la lecture
il y aura à n’en point douter
des cacahuètes !
C’est dire !

Au plaisir de vous y rencontrer : )

 

Récapitulatif des infos :

>> Café Librairie de Sancerre :
4 rue des trois pilliers, 18300 Sancerre
renseignements au 02 48 54 34 80
C’est ouvert le mercredi de 15h à 19h,
du jeudi au samedi de 10h à 12h et 15h à 19h,
et le dimanche de 11h à 12h30 et 15h30 à 18h30.

>> Librairie Violette and Co :
102 rue de Charonne, 75011 Paris
renseignements au 01 43 72 16 07
Ouverte du mardi au samedi de 11h à 20h30
et le dimanche de 14h à 19h.

Presqu’île.
Celle que l’on atteint en barque parce que la route n’existe pas. Elle est difficile d’accès et on est chaque fois heureux de l’atteindre. Elle est a ce dosage d’une entité autonome mais reliée. Une route pourrait être tracée, qui y sera dans des années, après. Mais là, elle ne l’est pas.

C’est une presqu’île sauvage, qui ne me fait pas peur, parce que ce presque change la donne. Un jour à pied s’il le faut, la traversée peut se faire, la possibilité est là, l’éventualité du fil, invisible, l’idée. Presqu’île, c’est un lieu, une catégorie d’espace. C’est une idée ronde qui se balade, s’attache, s’emporte et se relie.

Et c’est l’île parfois réelle et complète, quand vient la marée.

ce qui reste_mitä jää

Sur la très belle page réalisée par Christophe Linage
sur le site de Conspiration qui accueille *Public averti

l’exposition Ce qui reste_mitä jää
qui correspond à l’automne trois pour cette année 2017

6 artistes : Michel Barrière, Alexandra Guillot, Christine Guinard, Vincent Labaye, Nicolas Landemard, Camille Rocailleux et moi-même.

6 oeuvres en ligne : vidéos, morceau de musique, photographies, enregistrements, textes.

Et la présentation par Laurent Herrou, de cette exposition qui fait suite à la pièce de l’hiver précédent, ma grand-mère est morte, également visible sur le site de Conspiration.

Une image pour chacun,
un extrait un fragment
de ce qui est :

alexandra guillot
christine guimard – nicolas landemard
camille rocailleux
michel barrière
vincent labaye
pauline sauveur

 

 

diffusion radio / Deviens ce que tu es

C’est avec grand plaisir que j’ai répondu à l’invitation de Carole Bijou, qui anime une émission consacrée à la poésie sur Radio Canut à Lyon :
La poésie débouche (des bouches !)

Carole recevait ce 10 novembre, la poétesse Estelle Fenzy
pour une émission d’une heure sur le thème de la féminité.

Une émission pour découvrir une voix, des livres et tout un univers,
et aussi de la bonne musique pour les oreilles !

Estelle Fenzy, poétesse

une étole de peu
elle suffira bien

et le cri à genoux dans mon corps

plus bleu je crois

Estelle a lu ses textes
et Carole a partagé des extraits
d’Albane Gellé L’air libre
de Vénus Khoury Ghata Quelle est la nuit parmi les nuits

et un extrait de mon projet Presqu’îl-e
publié en partie dans Deviens ce que tu es
paru aux éditions Jacques Flament dans la collection Images&Mots.

« (…) Si je pouvais faire la totale, là, tout de suite, une hystérectomie, je le ferais. En plus ça ne demande que cinq jours d’hospitalisation, après on rentre chez soi se reposer. Enlever l’utérus et les ovaires, avancer, en finir avec ça. De toute façon je suis ménopausé. Alors la question ne se pose plus. Et ça sera un plus pour la demande de changement d’identité. Ce n’est plus obligatoire, mais ça l’a été.

– Comme si c’était l’utérus et les ovaires qui marquaient de façon irrémédiable l’appartenance au genre féminin. Alors, que dire aux femmes qui ont dû subir cette opération, qu’elles ne sont plus femmes ? Bien sûr c’est un élément fort, physique et symbolique. Mais on nous ment alors ? L’état, la loi mentaient quand ils obligeaient à faire l’opération, certifiée, pour avoir le droit de demander le changement de genre sur ses papiers ? Puisque ce n’est plus obligatoire. À croire que l’utérus a cette force inestimable de spécifier l’appartenance du corps de l’individu à tel ou tel genre par son absence ou sa présence. Alors je redemande, qu’en est-il de celles qui l’ont subi sans le choisir ? Elles ne sont plus rien ? Elles sont quoi ? Incomplètes ? Vides ? Sans genre ? Asexuées ? Presque des femmes ? Plus tout à fait ?
(…) »

Retrouvez l’émission sur le site de Radio Canut

Estelle Fenzy  a publié :
Chut (le monstre dort), La Part Commune, 2015
Sans, La Porte, 2015 Rouge vive, Al Manar, 2016
Juste après, La Porte, 2016
L’entaille et la couture, Henry, 2016
Mère, La boucherie littéraire, 2017
Le papillon, Petit Flou, 2017

Deviens ce que tu es – expo lecture à Sancerre

 

C’est avec plaisir que je prépare
la prochaine exposition des photos
tirées du livre Deviens ce que tu es
le livre est publié aux éditions Jacques Flament
dans sa collection Images&Mots

L’exposition aura lieu du
27 octobre au 29 novembre
au Café librairie de Sancerre.

Vernissage et lecture musicale

samedi 27 octobre à 18h30

Je serai accompagnée à l’accordéon par Roby Rousselot !

Le café librairie se trouve
au 4 rue des trois pilliers,
à Sancerre (18300)

Renseignements au 02 48 54 34 80

C’est ouvert le mercredi de 15h à 19h,
du jeudi au samedi de 10h à 12h et 15h à 19h,
et le dimanche de 11h à 12h30 et 15h30 à 18h30.

Bienvenus !!!

conspiration et *public averti, automne 3

Conspiration éditeur iconoclaste et *public averti, (collectif que nous avons fondé avec Laurent Herrou, écrivain) présentent bientôt automne 3.

Pour un avant goût :

« Que restera-t-il de votre art ? Qu’espéreriez-vous qu’il en restera ? »
Chaque semaine, la réponse-vidéo de l’un des artistes (Michel Barrière, Alexandra Guillot, Christine Guinard, Vincent Labaye, Nicolas Landemard, Camille Rocailleux et moi-même) de l’Automne Trois, publiée dans le désordre alphabétique :

A voir également sur la page de Conspiration sur Vimeo


1 –Christine Guinard & Nicolas Landemard


2 – Automne 3 / Alexandra Guillot


3 –  Pauline Sauveur


4 –  Michel Barrière


5 –  Camille Rocailleux


6 –  Vincent Labaye

Bons visionnage : )

rencontre lecture atelier livre d’artiste

C’est bientôt !
C’est même tout bientôt et je m’en réjouis.
C’est mercredi jeudi et vendredi prochains.

Les 30 et 31 août et le 1er septembre 2017
de 10h00 à 12h00.

rencontre-lecture-atelier-écriture-livre-d’artiste
à la médiathèque de Fourchambault (58)
dans le cadre de « Patrimoines Ecrits en Bourgognes Franche-Comté »

Je partage l’invitation de la médiathèque :

« La médiathèque vous propose de participer à des « rencontres lectures-ateliers » sur trois jours, du 30 août au 1er septembre 2017, de 10h00 à 12h00.
Celles-ci seront animées par l’auteure photographe architecte : Pauline Sauveur et permettront à chacun de créer son propre livre d’artiste (n’hésitez pas à apporter des photos ou des images à mettre à l’intérieur).
Ateliers gratuits pour enfants à partir de 8 ans, adolescents et adultes.

La jauge étant limitée à 10 personnes maximum, nous vous invitons à réserver vos places en vous inscrivant, dès que possible, à la médiathèque de Fourchambault au 03 86 60 87 89.

Au plaisir de vous accueillir. »

La médiathèque se trouve Avenue Jean Jaurès
à Fourchambault (58600)

Attention !
Pour ceux qui devraient traverser la Loire : le pont de Fourchambault, justement, est fermé, il faut passer par le Guetin ou par la Charité-sur-Loire…

Sur place, vous pourrez voir une riche présentation de livres d’artistes, livres pop up et autres et de livres objets.

Dont les miens :
Désir nu et 3 nouvelles (de) maison / éditions Poïein
Le salon aux cerises et On attend / éditions les mille univers,
en version livre d’artiste, brodés et complétés de textes et de photos,
Chez elle / éditions Littérature Mineure
et les livres uniques :
Lumières, Pierres habitées, Journal de printemps livre-paysage

L’exposition dure jusqu’au 17 septembre !

Et merci à Aurélie Laroche pour la mise en place et les photos de mes livres d’artiste en présentation à la médiathèque : )

Des mots dehors – retour sur un « Léz’arts ô collège »

Land-art-écrit au collège de St Germain. Un beau projet autour de l’écriture et de l’espace, de l’expérimentation de l’espace du collège, de la mise en espace de l’écriture…

Commencer par lire à chaque fois, partager une histoire. Puis multiplier les approches : déambuler, dedans, dehors, écrire, noter vite, découvrir les lieux fermés aux élèves, écrire et se coltiner les contraintes, encore et chaque fois. Lire et se lire, dire.

Découvrir comment Séverine Delbosq, de la compagnie de danse l’Essoreuse, propose de suivre les mots sur les lèvres d’un autre, de suivre les lignes invisibles et les mouvements du hall au couloir, de l’escalier à la salle, de créer un refrain de mouvements, et se prendre au jeu.

Mettre en forme les textes, tous leurs textes, et la salle informatique se transforme en ruche rédactionnelle, ce qui discutent et ceux qui saisissent sur les claviers, trois heures intenses !

Passage dans le couloir secret.
Bien au chaud à l’intérieur.
Un élève qui s’endort

La cantine est la pièce la plus belle
à 8h39 dans les escaliers
et vous vos stylos bleu sont en mutation comme moi ?
Car moi je les mâchouille.

Passage obscur du froid.
Traces de fatigue sur nos visages, des pas, à l’usure du
temps.

Je suis seul, le collège entier est tombé malade. Les
profs, les élèves, les administrateurs, tout le monde.

Un colibri mort et abandonné c’est comme une chaussette.
Ciel blanc, gris,
au bord du grillage de l’herbe
traces humaines, maisons, clôtures, nature.

Regardant le ciel, respirant un air si pur et sauvage.
Là-bas, il y a mes sept copines.
Là-bas, la chaleur du radiateur nous apaise et la vue
de la fenêtre nous rend nostalgiques.

Demain, je ferai un travail d’écriture sans savoir quoi
mettre.

Rendre les mots imperméables et malléables, accrochables, agrafables, visssables et visibles, lisibles dans tout l’espace extérieur du collège.

 

Merci à tous les élèves, pour leur curiosité et leur implication, c’était une belle conclusion de les voir courir installer leurs textes décider où, comment, faire leurs choix, mettre en oeuvre, occuper la place !
Merci à l’équipe pédagogique et administrative, et aux différents partenaires (Conseil départemental et DRAC du Cher).

Un monde_Tir à vue / Laurent Herrou_Pauline Sauveur (un an)

Mise en ligne le 14 juillet prochain de la lecture d’Un monde_Tir à vue (texte intégral) en mémoire des évènements du 14 juillet 2016.

Bande annonce :

Extraits :

(…) des femmes qui oseraient se placer en échantillon qui engloberaient le masculin au nom de quoi je vous le demande alors que moi inversement je l’ai tellement alors que nous nous l’avons totalement intériorisé cette représentation générique par l’autre moitié la moitié qui dicte et confirme intégré tellement intégré au point de devoir lutter je dois lutter pour ouvrir mes yeux pour regarder mathématiquement ce qui est ce qui se passe s’organise partout chaque jour (…).
Pauline Sauveur

(…) Nice est une ville carrée : un seul de ses côtés est mouvant, trompeur, un seul offre une issue, trompeuse elle aussi, dangereuse, inutile.
La mer.
On descendait sur la Promenade des Anglais, Gambetta débouchait à quelques mètres de l’hôpital Lenval par lequel le chauffeur du camion blanc emprunterait l’accès réservé aux piétons et écraserait la foule. On se posait sur les chaises bleues, un banc, parfois la rambarde usée par le temps, et on regardait la mer.(…)
Laurent Herrou

Laurent Herrou & Pauline Sauveur / Un monde_Tir à vue (chronique remue.net)

« Attendre dans le hall puis passer ensemble de ces portes fermées au public. Savourer sa chance. Passer dans les coulisses les pièces les bureaux. Découvrir la petite salle de répétition au plafond haut et ses tableaux en fenêtres sur le cours d’eau d’en face. Le micro ? Sur la poubelle à l’envers je propose, pour ne pas avoir à se pencher, qu’il soit à hauteur de bouches, pour qu’on puisse lire nos sept parties successives sans se soucier de l’angle de la tête avec le corps et les feuilles, pour n’avoir qu’à estimer notre proximité avec le micro, ce qui sera déjà bien assez. On sursautera aux portes qui claquent et on éclatera de rire au solo de batterie qui se jouera juste dans la salle à côté alors que normalement le mercredi rien y a personne personne je vous assure !
(…) »


Pauline Sauveur [12 juin 2017]

A voir, à lire, sur le site remue.net,  ce texte double, qui prend corps, prend voix, et cette fois s’enregistre.

Faire l’andouille (sur la vidéo) et attaquer le texte sérieusement l’instant d’après.

Les articles de la chronique, qui se poursuivra jusqu’au 14 juillet :

1 – LH et PS | Un monde_Tir à vue (introduction)
Deux textes mêlés dès le départ pour une lecture performance, qui se croisent et se répondent, qui abordent le politique, l’indissociable dimension politique de ce que nous sommes, dans une approche fragmentaire du quotidien, à travers ce qu’il peut y avoir de plus intime, de plus banal parfois.

2 – LH et PS | Un monde_Tir à vue (l’art n’est pas une guerre)
Un jour, un message tombe dans la boîte mail, je clique, un voisin, auteur, nouvellement installé à Bruxelles, passé par hasard devant la devanture d’éléments de langage (EDL) souhaiterait venir voir de plus près ce qui s’y trame. Nous convenons d’un rendez-vous.

3 – LH et PS | Un monde_Tir à vue (enregistrement)
Je me dis à l’écoute que nos deux voix se répondent au delà de l’intention du départ, plus fort que ce que le postulat de base postulait. Elles se répondent à la mesure de l’intuition qui présidait au collage initial. C’est audible à nouveau.

4 – LH et PS | Un monde_Tir à vue (lire en écho)
Lire à haute voix, à deux voix, au public, c’est chaque fois mettre en jeu l’espoir de l’écho, intérieur, silencieux, qui touche ceux qui écoutent. C’est ce qui parfois se forme sans se voir, et qui parfois revient.

Bonne lecture !

Un monde_tir à vue / lecture

C’est avec plaisir que je prépare, avec Laurent Herrou
la lecture à deux voix
du texte double Un monde_tir à vue.

La lecture aura lieu à Bourges
au café Un pavé dans la mare

On vous attend
le jeudi 8 juin
à partir de 19h !

café associatif un pavé dans la mare
73 rue bourbonnoux
18000 bourges
tel : 09 87 02 11 84

Le lien vers la page Facebook du collectif :
*public averti_collectif
et
des infos également ici.

***

« J’avais envoyé deux photographies à Pauline : l’une d’une carte postale de Nice que j’avais reçue le lendemain du 14 juillet, et un portrait de moi (la plage, Marseille). J’avais proposé à Pauline de faire de même, sans nous consulter, et que nous mettions en commun nos propositions : ce serait la base de cette lecture que nous allions faire, le 12 août au prieuré. Pauline avait joué le jeu et comme je le pressentais, nos images se répondaient. Comme nos mots se répondent.
(…) » L. H.

« et puis
on s’en fout de la poésie qu’est ce que tu crois
les mots la poésie la littérature hein ces conneries oui
y a ceux qui disent ça et il y a ceux qui s’indignent mais enfin voyons mais pas du tout pas du tout enfin mais la poésie la poésie enfin voyons la littérature la littérature les grands mots dans les grandes bouches les grands cris des grands hommes et des grandes femmes
(…) » P. S.

 

une préface – deviens ce que tu es

Deviens ce que tu es

c’est aussi
la préface de Christophe Dillinger,
qui est notamment photographe, rédacteur en chef et fondateur de Square Magazine, consacrée à la photo carrée, strictement carrée.

« Parfois, l’image ne suffit pas.

C’est pareil quand on parle. On se met vite à agiter les bras, à montrer du doigt, on dessine dans l’air. Les mots ne suffisent plus non plus.
Une photo, ça prend une fraction de seconde. Mais ça n’est pas toujours assez pour saisir le moment. Un moment, ça peut durer des minutes entières, voire même des années. On nous parle de Punctum. Certains veulent nous faire croire qu’une photo, ça devrait suffire. Que le reste, c’est de la gnognotte.

Le Punctum, je l’ai ressenti une seule fois dans ma vie. C’était à une exposition qui s’intitulait je crois « Controversies: A Legal and Ethical History of Photography » qui avait lieu à la Bibliothèque nationale à Paris en 2011, organisée par Daniel Girardin, Christian Pirke et Petr Nedoma. Quelques 80 photos, des baisers interdits de Toscani (interdites en Italie), à Abu Ghraib. Et puis, au détour d’une cloison bénigne, La petite fille et le vautour de Kevin Carter. Et là c’est le coup de poing dans l’estomac. Les larmes me viennent aux yeux et je m’offre un « fuck ! » qui résonne dans toute la galerie. On me regarde de biais mais je m’en fous. Je le tiens, mon punctum, après 40 ans de recherche.

Un punctum tous les 40 ans, alors qu’on ne vienne pas me rabâcher les oreilles avec la puissance de la photographie. C’est un art comme les autres. Un art qui a ses limites : essayez de prendre en photo une licorne qui vole dans un ciel vert. Vous ne pouvez pas ? C’est étrange, le moindre marmot de 5 ans peut le dessiner, lui. (…)  »
Christophe Dillinger

Le livre est en vente
sur le site des éditions Jacques Flament
ISBN : 978-2-36336-307-7
80 pages
Format 210 × 210 cm
Parution avril 2017
Collection Images & mots
Prix : 20 €

Deviens ce que tu es – parution

Trans.
Transformer.
Transporter.
Transhumance et migration des poils, le troupeau silencieux.
Transylvanie ? Littéralement région au-delà des forêts.
Partir, traverser les forêts inconnues et hantées des contes, celles des épreuves initiatiques.

C’est un rituel qu’il va falloir apprendre.
Les aiguilles c’est du modèle enfant, ça rentre tout seul.
La première fois, j’ai dit bon, OK on y va et j’ai tapé fort en plein la cuisse, paf ! Comme ça. L’infirmière a hurlé : mais vous êtes fou ? Ça m’a fait marrer, je voyais pas où était le problème ça m’a fait mal trois jours, je n’arrivais plus à marcher. Mais au bout de cinq jours c’est parti.

Faire entrer la lumière.
Début des travaux percement d’une ouverture dans le mur du salon. Se mettre de la lumière à l’intérieur, se mettre en lumière. Ouvrir grand.
(…)

Deviens ce que tu es
devenir soi
se chercher
s’atteindre
trouver
transformer
chercher encore

Ce livre photo représente une étape de plus dans ce projet vaste qu’est Presqu’îl-e. Une rencontre un long cours, un projet multiple à la fois photographique, littéraire, théâtral…

Je suis très heureuse de cette nouvelle étape, qui est aussi le prolongement direct de l’exposition photo qui existe depuis 2014.
Elle fut exposée au Luisant à Germigny l’Exempt (18) (expo lecture)
puis l’année d’après aux Silos à Chaumont (52) (résidence d’écriture)
et enfin à Confluences (75) pour Trans time – dégenrez-vous (expo lecture).

C’est un projet qui a aussi été publié dans la revue Square Magazine qui se consacre à la photo carrée et plus précisément dans le n° 602 (2015) après avoir été hébergé et en chantier lors d’une résidence numérique.

Le sujet a également progressé, en filigrane tout le long de ma résidence en Essonne, dont le journal est en ligne sur le site remue.net.

C’est un projet
qui continue
encore.

En vente sur le site des éditions Jacques Flament
Collection : Images & mots

ISBN : 978-2-36336-307-7
80 pages
Format 210 × 210 cm
Parution avril 2017
Prix : 20 €

Sauvage(s)! – parution

Sauvage(s)!

c’est un livre collectif édité par ONiva, pour Ogres Nourris à l’Insouciance Vibrante de l’Art (oui, carrément) est un éditeur lyonnais.
C’est une maison qui se définie elle-même comme « farouchement indépendante, intégralement associative, raisonnablement démocratique, écologiquement responsable et foncièrement humaine« .

C’est un livre, née d’une image, celle de l’écriture-fauve, d’une main qui griffe la page lors d’un atelier d’écriture, avec les yeux de celle à qui appartient la main, cachés derrière une longue mèche de cheveux noirs.

C’est un livre avec
les textes de fabienne bergery, valérie sourdieux, judith lesur,
joséphine caraballo, marlène tissot, prune chanay, loutre barbier,
aurélie ruffié, lara caproni, pauline sauveur, polina vittoria,
servane danton, marie-lise priouret, anne-laure néron
et les illustrations de dorothée richard.

EXTRAITS :
« (…)
Paysages de mots tus et bouches cousues à travers le monde. Que deviennent tous les milliards de cris tus par jour ? Nos larynx finiront-ils atrophiés à force de ravaler ce qui devrait naturellement jaillir de nos gorges déployées ? (…) »
Le cri tu tue / Joséphine Caraballo

« (…)
Ils prennent sur tes battements de cœur
Sur ta respiration
Ils ont pris l’intérieur
Et ils restent en-deçà. Ils tournent… (…) »
La meute-loups / Marie-Lise Priouret

« (…)
24 images seconde qui déploient la tragédie, participent à l’apologie de l’horreur. La propagande en marche se rue sur nous…
À quelques mètres de moi, dans la chambre, son corps ensommeillé respire, palpite.
Je connais exactement l’endroit où la menace ne m’atteint pas, où je me dispense du monde. (…) »
Vivantes / Valérie Sourdieux Zoppardo

« (…)
Je me fonds dans l’eau avec vous, je suis l’habitante de l’étang autant que vous, puisque je vis et respire avec vous, et je vous vois tous, je vous parle et vous comprends, êtres majestueux, je suis femme et nous avons les mêmes besoins et les mêmes plaisirs. (…) »
Entre chien et loup / Fabienne Bergery

« (…)
il ne faut plus rêver, il faut dépasser le rêve. (…) »
Soleil par terre / Laurence Loutre-Barbier

« (…)
D’ailleurs, je te berce tu sais. Tu vois bien. Tu sens. Le bercement.
Tu mords, tu mords, mais c’est pas grave.
Non, j’ai pas peur. Pourquoi j’aurais ? (…) »
Deux mains les dents / Pauline Sauveur

Sauvage(s)!
textes / photos / dessins
84 pages
11 x 17 cm
ISBN 978-2-915356-18-2
12 euros

Chez elle – parution

« presqu’île presqu’elle presqu’une île et de l’eau de l’eau partout de l’eau en ville j’habite chez elle et je dors dans le bureau il y a de gros travaux dehors dans le bureau je dors au pied du fusil mitrailleur je dors des boîtes de cartouches et la mallette en alu bien rangés je dors bien je pars à l’école chaque matin je file droit jusqu’au parc moche de l’église je tourne à gauche et j’entre dans le quartier de la montagne rouge
(…) »

Un texte court et deux photographies, dans le livre édité par Littérature mineure, imprimé et plié par Marie-Laure Dagoit, éditrice aussi élégante que son catalogue.

Chez elle
pauline sauveur
8 euros

Le drôle de chat qui mord – parution

Il est sorti, ce 10 février 2017, aux éditions de la Souris qui raconte !

Le drôle de chat est une drôle d’histoire…
Au départ, je voulais écrire sur l’architecture, les maisons.
Puis c’est devenu tragique et grave (au début).
Et la maison, comme les habitants ont appris à traverser le temps, à doucement continuer.

Le livre est numérique.
Pas de papier, ni de carton pour la couverture, pas d’album dans les mains.

J’ai d’abord découvert les premiers croquis de Giovanna Gazzi.
Puis ses propositions de mise en page et en animation.
Et en janvier dernier j’ai ouvert un mail avec le chemin de fer, c’est à dire l’enchainement de toutes les pages, le corps du livre avec l’intégration du texte. Quelle émotion !

Il y a peu, j’ai regardé le livre complet. Car oui le numérique fait livre. La voix raconte, les images s’étendent sur deux pages, une avec le texte de la page et l’autre pour le dessin. La musique effleure les pages, donne le ton, les bruitages légers accompagnent la lecture. Les animations, si simples, pleines de poésie.

Je suis très heureuse de faire partie d’une tel ensemble !

« Le drôle de chat qui mord
Ou
Le tamanoir froissé
Le tigre du Berry aux dents acérées
Le coléoptère géant qui dort à moitié

Quelle est cette ombre triste et glacée ?
Installée dans la maison, dans la clairière, dans la forêt ?
À côté du champ d’orge et de blé ?
Il était une fois, il y a fort longtemps, une femme et un homme qui s’aimaient.
Ils trouvèrent un grand pré, une clairière et un morceau de forêt.
Ils étaient jeunes et beaux, jeunes et amoureux.
Donc, plein d’amour et de volonté, ils commencèrent à labourer le champ, couper du bois et construire une maison. Ainsi passait chaque jour. Et ainsi chaque soir passait.
A la nuit tombée, ils retournaient à la petite cabane qu’ils habitaient juste à l’orée des bois, en attendant que leur maison soit terminée. La saison passait et chaque histoire grandissait : l’orge et le blé dans le champ, l’enfant dans le ventre de sa mère et le toit sur la grande et belle et unique pièce de la maison en bois. Au début de l’automne ils s’installèrent, et commencèrent immédiatement la construction d’une petite chambre à l’arrière, tournée vers la forêt.
Au printemps ce fut la joie. Mais, l’enfant attendu, c’est un mystère, touché par une maladie sans nom, ne vécu que le temps d’une saison. Inconsolables et malheureux les amoureux fermèrent la petite chambre et condamnèrent la porte par une belle étoffe brodée.
(…) »

Auteure : Pauline Sauveur
Illustratrice : Giovanna Gazzi
Conteuse : Cécile Givernet
Animateur : Prakash Topsy
Développement : Pierre Canthelou
Editions : La souris qui raconte

Et pour en savoir un peu plus,
vous pouvez aller lire notre interview croisée sur le blog de la Souris,
extrait de l’interview :

(…)
LSQR :
Les illustrations de Giovanna Gazzi, d’une délicatesse infinie, respectent votre phrasé. Pas de pathos, mais au contraire une immense bienveillance sur ce sujet vivant qu’est la mort ! Vous le dites si bien ! Qu’avez-vous éprouvé à leur découverte, et si je vous demandais de choisir une seule image dans tout le livre, quelle serait-elle ?

PS :
Ce fut assez long je me souviens, pour trouver la personne qui prendrait en charge l’illustration. Mais j’étais confiante, car il me semble que l’idée de base dont on avait parlé ensemble, d’un dessin délicat et plein de poésie, était ce qu’il fallait pour ce texte. Aussi, j’ai beaucoup aimé ce que j’ai découvert du travail de Giovanna quand vous m’avez envoyé le lien.
Et dès les premier croquis j’ai adoré. C’était très beau de voir sa proposition, de voir le déroulé d’images prendre forme. Je me souviens aussi de l’instant où j’ai découvert le chemin de fer complet, c’était le 7 janvier 2016, il pleuvait, j’étais en déplacement, et j’ai ouvert le mail dans un café. J’étais sous le charme et heureuse. Je l’ai évoqué dans le journal de résidence que j’écrivais à ce moment là comme d’un moment lumineux. (c’est grâce au journal que je me souviens de la date !)

Pour choisir une seule image, quelle affaire ! J’aime toutes les petites bébêtes qui traversent l’écran, j’aime beaucoup l’arbre au fil des saisons, et la page avec le lièvre le tamanoir et le hérisson fâché !
Mais à choisir une seule page ce serait celle avec le petit bonhomme de bois sur le buffet. J’ai été étonnée et emballée par chaque détail, comme d’avoir 4 ans et de poser le nez sur le rebord du meuble pour regarder entre les bols, les vases, et les pots de fleurs. Mais heureusement le livre comporte plein de pages, on peut toutes les aimer !
(…)

Pour voir les 14 premières pages : un extrait gratuit du drôle de chat.

Les éditions fonctionnent sur un principe d’abonnement.
Vous trouverez toutes les infos sur leur site.

Bonne lecture !

Klaxon à Bruxelles *public averti avec éléments de langage

éléments de langage éditions Pascale Fonteneau Caroline Coppé Yannick Kujawa Laurent Herrou Pauline Sauveur Klaxon *public averti lecture rencontre auteurs

C’est un vrai plaisir de préparer prochainement cette nouvelle session de klaxon, soirée de lectures, à Bruxelles, accueillis par éléments de langage, comptoir éditorial indépendant et par Nicolas de Mar-Vivo.

Vous pourrez entendre, écouter, voir et rencontrer :
Pascale Fonteneau, Caroline Coppée, Yannick Kujawa, ainsi que les deux fondateurs de *public averti, Laurent Herrou et moi-même.

Buffet offert à partir de 18h
Livres en vente sur place, ceux des auteurs et bien sûr ceux des éditions éléments de langage.
Bienvenus !

Et en attendant écouter voir le lecteur en ces lieux qui nous accueillent :

éléments de langage éditions conception sonore Kivasana le lecteur Nicolas de Mar-Vivo
Le lecteur, contre-performance de Nicolas de Mar-Vivo.
(Montez le son !) – Conception sonore : Kivasana

« Deviens ce que tu es » en préparation

Choix des photos
ordre des images
choix des mots des phrases
choix de la place des mots
à quelle page
relire et relire
lire la préface en préparation par Christophe Dillinger
fondateur et rédacteur de Square Magazine*
s’en réjouir
voir la maquette électronique en pdf
scruter
relire encore
dire oui à un BAT (bon à tirer)
et s’en re-réjouir

Préparation du livre Deviens ce que tu es
à paraitre aux éditions Jacques Flament
collection Images et mots.

sortie prévue
avec le soleil et le printemps, en avril !

collection Images et Mots pauline sauveur auteure editions Jacques Flament deviens ce que tu es

 

pauline sauveur auteure préface Christophe Dillinger deviens ce que tu es Jacques Flament éditions

 

*Square mag, qui m’a accueillie en résidence numérique sur ce sujet
et à retrouver au fil du blog ici.

 

Sauvage(s)! lecture rencontre et dédicaces à Lyon !

Jeudi 9 mars à partir de 19h
MJC du Vieux Lyon
5 place Saint-Jean Lyon 5ème
Sauvage(s)!
avec
et
les textes de fabienne bergery, valérie sourdieux, judith
lesur, joséphine caraballo, marlène tissot, prune chanay, loutre
barbier, aurélie ruffié, lara caproni, pauline sauveur, polina
vittoria, servane danton, marie-lise priouret, anne-laure néron

et les illustrations de dorothée richard

et la présence de presque toutes ce jeudi !

EXTRAITS :
« (…)
Paysages de mots tus et bouches cousues à travers le monde. Que deviennent tous les milliards de cris tus par jour ? Nos larynx finiront-ils atrophiés à force de ravaler ce qui devrait naturellement jaillir de nos gorges déployées ? (…) »
Le cri tu tue / Joséphine Caraballo
« (…)
Ils prennent sur tes battements de cœur
Sur ta respiration
Ils ont pris l’intérieur
Et ils restent en-deçà. Ils tournent… (…) »
La meute-loups / Marie-Lise Priouret
« (…)
24 images seconde qui déploient la tragédie, participent à l’apologie de l’horreur. La propagande en marche se rue sur nous…
À quelques mètres de moi, dans la chambre, son corps ensommeillé respire, palpite.
Je connais exactement l’endroit où la menace ne m’atteint pas, où je me dispense du monde. (…) »
Vivantes / Valérie Sourdieux Zoppardo
« (…)
Je me fonds dans l’eau avec vous, je suis l’habitante de l’étang autant que vous, puisque je vis et respire avec vous, et je vous vois tous, je vous parle et vous comprends, êtres majestueux, je suis femme et nous avons les mêmes besoins et les mêmes plaisirs.
Entre chien et loup / Fabienne Bergery
« (…)
il ne faut plus rêver, il faut dépasser le rêve. (…)
Laurence Loutre-Barbier
« (…)
D’ailleurs, je te berce tu sais. Tu vois bien. Tu sens. Le bercement.
Tu mords, tu mords, mais c’est pas grave.
Non, j’ai pas peur. Pourquoi j’aurais ? (…) »
Deux mains les dents / Pauline Sauveur
Au plaisir de vous y croiser !