pauline sauveur

questionner les liens entre corps et espace(s)

nocturne(s)

Écrire et réfléchir sur une sensation, un besoin, un constat.
Des questions que l’on se pose en vous les posant également.
Avec Laurent Herrou, écrivain, via la page de notre collectif *public averti.

Ces textes sont également à lire sur le site de remue.net, qui nous fait le plaisir de nous accueillir.
Un grand merci à Patrick Chatelier de nous accompagner pour ces publications sur le site de littérature contemporaine.

A suivre !

“Mon test de l’année dernière fut révélateur : une publication par jour (et des liens et des tags et des images et des sources) pendant les deux mois d’été, soit 62 publications, n’a rien changé et surtout rien ouvert sur ma page professionnelle. De sorte que je me demande si je ne devrais pas la supprimer également.
Facebook est une caisse de résonance : les échanges et les contacts y sont bien réels (c’est pour cela que j’ai appris à les dire « numériques » et non « virtuels ») mais il est probable qu’ils s’y noient doucement aujourd’hui, qu’ils s’affaiblissement de plus en plus. C’est une cour de récréation addictive, bien sûr, cette fenêtre de lumière bleue ouverte sur tant et tant de personnes et d’histoires, ouverte sur ce qui nous traverse et se partage, sur des fulgurances, sur les petits ou grands séismes du monde réel, du monde connecté et de nos groupes informels. Mais si ce qui avance détruit ce qui se crée, alors il y a quelque chose qui ne me va plus là-dedans.
(…)”

nocturne #1 © * public averti, pauline sauveur et laurent herrou, 2020

nocturne #1 © * public averti, pauline sauveur et laurent herrou, 2020

“Nous traversions la même chose, la même déception, la même frustration peut-être, et nous nous demandions si c’était soi-même qui était en cause ou si c’était un sentiment plus général.
Parler de * Public Averti nous avait mis d’accord à propos du réseau social sur lequel nous avions mis en place le collectif il y a cinq ans : Facebook n’était pas, ou plus, ce qu’il paraissait être. Que ce soit une illusion ou une arnaque, nous ne le décidions pas encore. Les générations après nous lui avaient déjà préféré Twitter, puis Instagram et d’autres plateformes que je n’explorais pas, personnellement. Nous avions néanmoins utilisé l’outil Spark pour faire valoir une initiative d’exposition virtuelle qui avait rencontré un succès d’estime, lors de ses deux premières éditions. Nous avions relayé photographies et liens via Facebook (et Instagram, la seconde année) mais il nous apparaissait à présent clairement que les statistiques que le réseau fournissait n’avaient aucun sens : d’abord parce qu’elles n’étaient pas vérifiables ; ensuite parce qu’elles étaient pour la plupart anonymes, c’est-à-dire non-reliées à des utilisateurs existants ; enfin parce qu’elles semblaient dépendre d’un algorithme qui se basait sur les précédentes statistiques, d’un post à l’autre, pour nous conduire à penser que le réseau touchait de plus en plus de monde, quand il était évident que le but de ces statistiques était de nous amener à payer un service qui nous assurerait une plus grande visibilité, méritée, nous disait-on, au regard de nos résultats croissants.
(…)”

nocturne #2 © * public averti, laurent herrou et pauline sauveur, 2020

nocturne #2 © * public averti, laurent herrou et pauline sauveur, 2020