Une chaise dans le paysage

En finnois quand on crie fout-moi la paix, on dit en fait : laisse-moi être.
 

J’aime être à un endroit.
J’aime qu’on me foute la paix !
Qu’on me laisse le temps d’être là, de regarder, d’emmagasiner les sensations de l’espace, les contours, les bruits, m’inscrire dans un lieu, prendre place (racine !).
Le contraire de la précipitation.
La photo, qui est un instant précipité, ultra précipité, instantané, résulte du regard, de l’envie et de ce temps impossible à déterminer qui la précèdent.

L’attente résumée dans l’objet. 

La chaise. 
Symbolisée par.
L’objet anthropomorphe qui révèle et l’action de l’inaction et l’attente assise et le corps qui est, avec son mystère premier, assis sur une chaise, le corps qui réfléchit parle pleure sourit agit pense lit, dont l’esprit s’échappe, reste libre, impossible à définir avec certitude. J’aime cet irréductible-là, de l’esprit dans le corps sur la chaise. Le corps sur la chaise, la présence reconnaissable même de très loin, comme trois points forment un visage : la silhouette inscrit un personnage dans le lieu, l’image, le paysage.

Trouver la chaise qui sera légère (mon dos) et transportable facilement avec la voiture du Parc. Commencer avec cette chaise qui sera une position dans l’espace, qui sera le cadre, le processus, le protocole, un prérequis, le truc là pour commencer, et nous verrons. Parce que c’est peut-être ça l’élan qui a pris place, cette envie de garder une trace, d’être en mesure de renouer avec, de convoquer, d’interpréter, de garder la marque du lieu, l’infime.
(…)

La suite
à lire et à voir en vidéo
sur le site remue.net à la page de ma résidence en Essonne.

Vidéos Marjolaine Grandjean, son Bertrand Larrieu.
remue.net Essonne résidence auteure pauline sauveur photo chaise

 

remue.net Essonne résidence auteure pauline sauveur photo chaise
 

 

Recherches à la chaise – résidence Essonne #7

Autoportraits à la chaise
c’est un travail en cours pour approcher le territoire
pour le regarder
l’arpenter de ses yeux
et voir ce qu’il en ressort sur l’image
après.
C’est aussi ce qui a été filmé et enregistré
le bruit des pas dans le sable ou les herbes
le bruit de l’image de la chaise dans le chemin
C’est le parcours, avec l’objet à la main ou sur le dos ou comme il peut.
Le poids de l’objet puis le geste puis la pause puis la pose
Affaire à suivre
à lire et à retrouver sur le journal de résidence sur ma page sur remue.net
Bonne lecture !
Résidence d’auteure en cours en Essonne
avec la Bibliothèque départementale et le Parc Naturel Régional du Gâtinais Français.