Des mots dehors – retour sur un « Léz’arts ô collège »

Land-art-écrit au collège de St Germain. Un beau projet autour de l’écriture et de l’espace, de l’expérimentation de l’espace du collège, de la mise en espace de l’écriture…

Commencer par lire à chaque fois, partager une histoire. Puis multiplier les approches : déambuler, dedans, dehors, écrire, noter vite, découvrir les lieux fermés aux élèves, écrire et se coltiner les contraintes, encore et chaque fois. Lire et se lire, dire.

Découvrir comment Séverine Delbosq, de la compagnie de danse l’Essoreuse, propose de suivre les mots sur les lèvres d’un autre, de suivre les lignes invisibles et les mouvements du hall au couloir, de l’escalier à la salle, de créer un refrain de mouvements, et se prendre au jeu.

Mettre en forme les textes, tous leurs textes, et la salle informatique se transforme en ruche rédactionnelle, ce qui discutent et ceux qui saisissent sur les claviers, trois heures intenses !

Passage dans le couloir secret.
Bien au chaud à l’intérieur.
Un élève qui s’endort

La cantine est la pièce la plus belle
à 8h39 dans les escaliers
et vous vos stylos bleu sont en mutation comme moi ?
Car moi je les mâchouille.

Passage obscur du froid.
Traces de fatigue sur nos visages, des pas, à l’usure du
temps.

Je suis seul, le collège entier est tombé malade. Les
profs, les élèves, les administrateurs, tout le monde.

Un colibri mort et abandonné c’est comme une chaussette.
Ciel blanc, gris,
au bord du grillage de l’herbe
traces humaines, maisons, clôtures, nature.

Regardant le ciel, respirant un air si pur et sauvage.
Là-bas, il y a mes sept copines.
Là-bas, la chaleur du radiateur nous apaise et la vue
de la fenêtre nous rend nostalgiques.

Demain, je ferai un travail d’écriture sans savoir quoi
mettre.

Rendre les mots imperméables et malléables, accrochables, agrafables, visssables et visibles, lisibles dans tout l’espace extérieur du collège.

 

Merci à tous les élèves, pour leur curiosité et leur implication, c’était une belle conclusion de les voir courir installer leurs textes décider où, comment, faire leurs choix, mettre en oeuvre, occuper la place !
Merci à l’équipe pédagogique et administrative, et aux différents partenaires (Conseil départemental et DRAC du Cher).

Un monde_Tir à vue / Laurent Herrou_Pauline Sauveur (un an)

 

Mise en ligne le 14 juillet prochain de la lecture d’Un monde_Tir à vue (texte intégral) en mémoire des évènements du 14 juillet 2016.

Bande annonce :

Extraits :

(…) des femmes qui oseraient se placer en échantillon qui engloberaient le masculin au nom de quoi je vous le demande alors que moi inversement je l’ai tellement alors que nous nous l’avons totalement intériorisé cette représentation générique par l’autre moitié la moitié qui dicte et confirme intégré tellement intégré au point de devoir lutter je dois lutter pour ouvrir mes yeux pour regarder mathématiquement ce qui est ce qui se passe s’organise partout chaque jour (…).
Pauline Sauveur

(…) Nice est une ville carrée : un seul de ses côtés est mouvant, trompeur, un seul offre une issue, trompeuse elle aussi, dangereuse, inutile.
La mer.
On descendait sur la Promenade des Anglais, Gambetta débouchait à quelques mètres de l’hôpital Lenval par lequel le chauffeur du camion blanc emprunterait l’accès réservé aux piétons et écraserait la foule. On se posait sur les chaises bleues, un banc, parfois la rambarde usée par le temps, et on regardait la mer.(…)
Laurent Herrou

 

Laurent Herrou & Pauline Sauveur / Un monde_Tir à vue (chronique remue.net)

« Attendre dans le hall puis passer ensemble de ces portes fermées au public. Savourer sa chance. Passer dans les coulisses les pièces les bureaux. Découvrir la petite salle de répétition au plafond haut et ses tableaux en fenêtres sur le cours d’eau d’en face. Le micro ? Sur la poubelle à l’envers je propose, pour ne pas avoir à se pencher, qu’il soit à hauteur de bouches, pour qu’on puisse lire nos sept parties successives sans se soucier de l’angle de la tête avec le corps et les feuilles, pour n’avoir qu’à estimer notre proximité avec le micro, ce qui sera déjà bien assez. On sursautera aux portes qui claquent et on éclatera de rire au solo de batterie qui se jouera juste dans la salle à côté alors que normalement le mercredi rien y a personne personne je vous assure !
(…) »


Pauline Sauveur [12 juin 2017]

 

A voir, à lire, sur le site remue.net,  ce texte double, qui prend corps, prend voix, et cette fois s’enregistre.

Faire l’andouille (sur la vidéo) et attaquer le texte sérieusement l’instant d’après.

Les articles de la chronique, qui se poursuivra jusqu’au 14 juillet :

1 – LH et PS | Un monde_Tir à vue (introduction)
Deux textes mêlés dès le départ pour une lecture performance, qui se croisent et se répondent, qui abordent le politique, l’indissociable dimension politique de ce que nous sommes, dans une approche fragmentaire du quotidien, à travers ce qu’il peut y avoir de plus intime, de plus banal parfois.

2 – LH et PS | Un monde_Tir à vue (l’art n’est pas une guerre)
Un jour, un message tombe dans la boîte mail, je clique, un voisin, auteur, nouvellement installé à Bruxelles, passé par hasard devant la devanture d’éléments de langage (EDL) souhaiterait venir voir de plus près ce qui s’y trame. Nous convenons d’un rendez-vous.

3 – LH et PS | Un monde_Tir à vue (enregistrement)
Je me dis à l’écoute que nos deux voix se répondent au delà de l’intention du départ, plus fort que ce que le postulat de base postulait. Elles se répondent à la mesure de l’intuition qui présidait au collage initial. C’est audible à nouveau.

4 – LH et PS | Un monde_Tir à vue (lire en écho)
Lire à haute voix, à deux voix, au public, c’est chaque fois mettre en jeu l’espoir de l’écho, intérieur, silencieux, qui touche ceux qui écoutent. C’est ce qui parfois se forme sans se voir, et qui parfois revient.

Bonne lecture !

Un monde_tir à vue / lecture

C’est avec plaisir que je prépare, avec Laurent Herrou
la lecture à deux voix
du texte double Un monde_tir à vue.

La lecture aura lieu à Bourges
au café Un pavé dans la mare

On vous attend
le jeudi 8 juin
à partir de 19h !

café associatif un pavé dans la mare
73 rue bourbonnoux
18000 bourges
tel : 09 87 02 11 84

Le lien vers la page Facebook du collectif :
*public averti_collectif
et
des infos également ici.

***

« J’avais envoyé deux photographies à Pauline : l’une d’une carte postale de Nice que j’avais reçue le lendemain du 14 juillet, et un portrait de moi (la plage, Marseille). J’avais proposé à Pauline de faire de même, sans nous consulter, et que nous mettions en commun nos propositions : ce serait la base de cette lecture que nous allions faire, le 12 août au prieuré. Pauline avait joué le jeu et comme je le pressentais, nos images se répondaient. Comme nos mots se répondent.
(…) » L. H.

« et puis
on s’en fout de la poésie qu’est ce que tu crois
les mots la poésie la littérature hein ces conneries oui
y a ceux qui disent ça et il y a ceux qui s’indignent mais enfin voyons mais pas du tout pas du tout enfin mais la poésie la poésie enfin voyons la littérature la littérature les grands mots dans les grandes bouches les grands cris des grands hommes et des grandes femmes
(…) » P. S.

 

Deviens ce que tu es – parution

Trans.
Transformer.
Transporter.
Transhumance et migration des poils, le troupeau silencieux.
Transylvanie ? Littéralement région au-delà des forêts.
Partir, traverser les forêts inconnues et hantées des contes, celles des épreuves initiatiques.

C’est un rituel qu’il va falloir apprendre.
Les aiguilles c’est du modèle enfant, ça rentre tout seul.
La première fois, j’ai dit bon, OK on y va et j’ai tapé fort en plein la cuisse, paf ! Comme ça. L’infirmière a hurlé : mais vous êtes fou ? Ça m’a fait marrer, je voyais pas où était le problème ça m’a fait mal trois jours, je n’arrivais plus à marcher. Mais au bout de cinq jours c’est parti.

Faire entrer la lumière.
Début des travaux percement d’une ouverture dans le mur du salon. Se mettre de la lumière à l’intérieur, se mettre en lumière. Ouvrir grand.
(…)

Deviens ce que tu es
devenir soi
se chercher
s’atteindre
trouver
transformer
chercher encore

Ce livre photo représente une étape de plus dans ce projet vaste qu’est Presqu’îl-e. Une rencontre un long cours, un projet multiple à la fois photographique, littéraire, théâtral…

Je suis très heureuse de cette nouvelle étape, qui est aussi le prolongement direct de l’exposition photo qui existe depuis 2014.
Elle fut exposée au Luisant à Germigny l’Exempt (18) (expo lecture)
puis l’année d’après aux Silos à Chaumont (52) (résidence d’écriture)
et enfin à Confluences (75) pour Trans time – dégenrez-vous (expo lecture).

C’est un projet qui a aussi été publié dans la revue Square Magazine qui se consacre à la photo carrée et plus précisément dans le n° 602 (2015) après avoir été hébergé et en chantier lors d’une résidence numérique.

Le sujet a également progressé, en filigrane tout le long de ma résidence en Essonne, dont le journal est en ligne sur le site remue.net.

C’est un projet
qui continue
encore.

 

En vente sur le site des éditions Jacques Flament
Collection : Images & mots

ISBN : 978-2-36336-307-7
80 pages
Format 210 × 210 cm
Parution avril 2017
Prix : 20 €