revue TK21 n°100

le numéro 100 de la belle revue TK21 vient de paraitre en ligne !

Je suis très heureuse de faire partie de l’aventure pour une seconde fois (après la publication de la série photographique “le petit déjeuner” dans le n°79 en février 2018).

Cette fois il s’agit de la série “Les chaises sont des fenêtres comme les autres” accompagnée d’un extrait d’un texte en cours.

“Voilà nous y sommes ! Voilà, il est là ! Le Numéro 100 est arrivé et avec lui le moment non tant de faire un retour sur les huit années passées à faire vivre ce projet hors norme (rappelons que TK-21 LaRevue est un gratuit réalisé grâce à l’engagement de chacun de ceux qui y participent) mais de composer une fête éditoriale en laissant la parole aux images, aux œuvres, aux artistes.

Ce N° 100 est un jeu auquel certains se sont pliés de bonne grâce, d’autres préférant simplement répondre présent en envoyant des œuvres récentes.
Le protocole invitait à jouer avec les homophonies du mot CENT. « 100 sans sang, sens, ni encens, mais ensemble » et de tisser ainsi les formes qu’une imagination vorace pouvait nous proposer. Qu’elles aient ou non respecté la règle du jeu, les propositions nous ont convaincus de la vitalité du réseau ouvert, mobile, constamment renouvelé, qui fait la force de cette revue dont, créateurs, artistes, écrivains et penseurs sont les véritables auteurs.
(…)”

N’hésitez pas à aller lire la revue :
il y a foule et foule d’artistes et leurs images, textes et vidéos à découvrir !

” Une chaise d’intérieur transposée à l’extérieur, devient ce corps docile et anthropomorphe qui dit dans un même élan la présence et l’absence et l’échelle – humaine. Elle révèle l’action de l’inaction et l’attente assise de celle-celui qui est, avec son mystère premier, assis le cas échéant, qui réfléchit qui parle pleure ou sourit, dont l’esprit s’échappe et reste libre, impossible à définir avec certitude.

La chaise inscrit une position dans l’espace, elle dialogue avec les lieux. Je l’ai adoptée pour récolter un fragment de relation, la marque infime.

Une chaise blanche.
(…)”

Texte extrait de « Ce qui reste / Nos routes amputées des maisons perdues », titre provisoire, écriture en cours.

objets éditoriaux – Château d’Oiron

[Objet Collector] 15 micro-éditions consacrées au projet “La nuit beaucoup” vous attendent à la librairie du monument !

“Comment les obtenir ???

1/ il faut venir sur place

2/ poser cette question en message privé (sur la page facebook du monument) : “quelle est la salle préférée de Pauline Sauveur ?”

3/ donner votre réponse lors de votre venue et vous obtiendrez un exemplaire des trois livrets accompagnés d’une lettre manuscrite de l’autrice.

Ce projet s’inscrit dans la manifestation nationale “D’un monument l’autre, un site un auteur” (partenariat Maison des écrivains et de la littérature et le Centre des monuments nationaux) “

J’ai eu le plaisir d’intervenir cette année au château d’Oiron pour rencontrer et échanger avec des scolaires. Et j’ai écrit un texte spécifique pour le château : La nuit beaucoup.

Trois objets graphiques sont nés de ce projet, prenant la forme de micro-éditions – Conception graphique Geoffrey Saint-Martin.

couverture de “La nuit beaucoup”

texte-collage réalisé à partir des écrits des enfants (sans les modifier)

relevés de textures réalisés par les élèves dans la grande salle d’armes du château d’Oiron

journal – Festival Fotolimo

Tout a commencé jeudi.
Interdite debout dans la rue à 5 h du matin sans la moindre circulation, sans voitures ni piétons dans toutes les lumières ce noir impossible de la ville endormie, j’ai essayé.

Je me disais : alors, aujourd’hui je rate un tgv ?
J’avais un peu de mal à y croire, mais potentiellement c’était là.

Les réservations se faisaient par application et les applications à télécharger ne voulaient pas de mon mot de passe. Seuls circulaient les taxis pleins aux conducteurs qui un à un me faisaient non non de la tête ou de la main à l’index levé devant mon bras qui les appelait et ma mine perplexe. Et ils filaient presque sans bruit les grosses berlines noires. Mais heureusement les pages jaunes et heureusement par téléphone vous êtes dans quelle rue madame ? Le véhicule atteindra finalement avec moi dedans le devant la gare où le métro ne passera que plus tard.

Départ hall deux, mais mon envie d’un café pour la route aura lui aussi mangé des minutes et la vendeuse fatiguée et l’absence de couvercle au gobelet fera que le café s’en ira par terre tout le temps de ma course pour rejoindre le quai. Arriver juste et passer les bornes mon billet en main et longer longer longer jusqu’au bout du train si loin le dernier wagon.
Un sms de Delphine Chevalme me dit qu’on est dans le même, effectivement deux rangées plus loin elle se retourne et à tout à l’heure pour dormir jusqu’à Perpignan où il fait beau. Ça sera une salade chacune et nos bagages et les piquets de bois pour ses drapeaux à nos pieds au café en face de la gare et la musique gitane d’un poste de radio, peut-être pour la manche, un peu plus bas de la place en pente. Puis notre second train jusqu’à Cerbère tranquille.

Débarquées, on sautera direct dans le camion direction l’ancien poste de douane, à la frontière entre Cerbère et Portbou pour attaquer l’accrochage avec l’aide de Carla Yovane Pérez qui a déjà terminé dans les pièces à côté de la mienne.

Sa série a pour sujet les hommes prostitués et leurs clients à Santiago du Chili. Se faire happer par ses images et le silence qu’elles instaurent. Les corps et la chambre et le lit, la lumière à travers les rideaux. Avant ou après la rencontre et l’acte, un bras sur l’épaule, la peau, les regards dans le vague, une main sur la cuisse. Le silence et le souffle, de celui respire, de celui qui s’allume une cigarette. Les bruits feutrés dans l’image font que je mesure mes pas à marcher devant pour les regarder lentement.

Notre lieu est singulier, beau et seul sur la crête de la montagne, tagué, debout face aux deux voies qui vont ou viennent vers les deux villes en contrebas.

Au rez-de-chaussée s’installent les photo-drapeaux de Delphine et Élodie Chevalme, la fiction nocturne sur les toits des immeubles les Éternels. Leurs regards percent l’image. Les corps astronautes dans la nuit de la ville. L’étranger perpétuel renvoyé à ce statut continuel de celui-celle qui vient d’arriver. L’ami sur la première photographie. La fille et sa mère qui se tiennent la main. Tous sont restés immobiles dans les pauses longues de huit minutes éclairés par les lampes torches manipulées à la main par les deux sœurs habillées de noir pour ne pas s’imprimer sur l’image.

Parce que madame Maria nous attend côté Espagne avec une clef pour notre logement on va prendre le camion, monstre docile, pour lequel j’ai eu du mal à défaire le frein à main inversé (coté portière) à en descendre du siège et debout sur la route et des deux bras forcer le soulever d’un cran et l’abaisser enfin pour pouvoir démarrer.

Place de l’église l’escalier étroit dessert notre cuisine et une chambre puis l’autre jusqu’à surplomber la ruelle à l’opposé. Dans le dos plus haut, la montagne sèche et nue et piquante de cactus, la mer à ses pieds le ciel.

Par la suite, on rejoindra le point de ralliement du festival. Se poser au bas de la muraille de la sncf, les briques en arches immenses rebondissent au bord de la ville et soutiennent le plateau des trains des ateliers des voies multiples au-dessus des têtes. L’auvent dans le patio le figuier et les tables en longueur pour partager les repas. Et je souris des deux bassines d’eau chaude sur la table de la cour pour que chacun fasse sa vaisselle, ça me semble si simple pour vivre en commun cette intelligence pragmatique du geste.

Pour arriver au quartier général qui est cet hôtel central, on s’engage dans la rue-canal. J’imagine le torrent en cas de phénomène cévenol. Dans le lit sec tout le monde se gare et attrape un escalier ou un autre, quelques marches et un passage dans le garde-corps plein que condamne un portillon de métal pour canaliser le torrent quand il y passe. En attendant, c’est une rue basse aux trottoirs surélevés bordée de maisons hautes qui continuent de s’accrocher au relief, parées de tous les escaliers de la ville.

Le soir à Portbou la mer est plus proche encore, à portée de main et l’écume blanche se voit sans lumière depuis le café ou le restaurant et leurs terrasses presque désertes. C’est le mois de septembre sans touristes.

Chaque jour on aura nos rassemblements les points de rendez-vous pour se serrer les uns et les autres à l’arrière d’une voiture pour covoiturer et aller d’une ville à l’autre, ou sur un pied s’arrêter sur la ligne au poste-frontière.

Les Français logés en Espagne était la modalité d’un financement qui n’aura pas lieu. Mais c’est si bien de se retrouver là, de cet autre côté de la langue. L’espagnol dans la tête et la voix viendra seulement après deux nuits et deux journées entières à entendre parler pour enfin me passer de l’anglais et du finnois qui arrivent en premier chaque fois.

Vendredi, qui n’est que le second jour alors que je crois être ici depuis déjà si longtemps à en avoir même des habitudes et des visages amis, vendredi, il s’agit de terminer l’accrochage et de prêter la main aux collages de Laetitia Tura aidée de sa fille de cinq ans : on l’aura lavée et frottée cette table pour éviter que la colle ne salisse les images et les textes qui s’enchainent.
Nathalie Lescuyer accroche également ses grands formats dans le couloir et l’escalier et les différentes images encadrées dans la salle du fond. Need, le titre et les quatre phrases de son texte de présentation douces et puissantes comme le sont ses images.

La force. De leurs images, à l’une et l’autre, de cet ensemble qui énonce, comme une terre qui raconte, un corps qui se souvient, une main, un téléphone portable, des silhouettes autour d’un feu de nuit qui apparaissent à peine. Une voix qui dit ou qui se tait et qui montre. Regarde, regarde.

Après la longue matinée on veut manger, affamées qu’on est de n’avoir pas pris de petit déjeuner à en rire à force mais affamées. Et ensuite, avec nos deux heures de libres devant, décider avec Delphine de suivre à pied la route qui grimpe et au détour du snack qui domine la ville sur son flanc droit, se glisser entre la roche et les murs et suivre l’escalier qui mène aux vagues en contrebas. La crique est petite et isolée, de là on peut voir la ville de face installée dans les creux et les maisons qui s’échelonnent autour. De là on a sauté dans l’eau fraiche et si salée de la mer comme chaque fois je le redécouvre. Nager mes baskets aux pieds vu les roches glissantes j’ai préféré.

Ce soir il y a la projection au si bel Hôtel du Belvédère, étrange navire qui au lieu de pointer vers la mer suit les voies du chemin de fer. Le film est beau et le travail des photographes dans le film tout autant, les sujets presque tous terribles comme quelques-unes des facettes du Mexique.

Samedi l’orage de la nuit s’est prolongé de pluie jusqu’au matin. Le ciel se détache de la montagne et descend dans la vallée vers la mer grise. Les couleurs et les matières et les textures humides et sombres. J’ai dormi plus longtemps qu’hier et je souris de sentir le vent et l’énergie des vagues à la fenêtre ouverte. C’est un bonheur d’air frais, une tasse de thé à lire Presqu’îl-e pour la lecture du soir, changer le choix des paragraphes et mesurer la voix, le temps, les pauses et le silence. C’est un bonheur plein et étonnant, je me dis depuis quand, depuis combien de temps n’ai-je pas ressenti cela ? Des années (oh) ? En quoi les choses ont changé pour que cela arrive sans effusion, sans bouleversement ni révélation ni rien d’intempestif, un état, de fait, simple évident et silencieux devant la journée promise de pluie alors que cet après-midi la déambulation traversera toutes les expositions. Un état qui s’ajoute ni plus ni moins à tout le reste connu, identique à hier, exactement, le travail, la tension peut-être, et plus loin les questions et le désespoir face à la noirceur du monde qui est toujours la même et dont je suis tellement protégée, je le sais. Un état qui prend place étonnant que je savoure qui fait de l’air entre les idées et les gestes qui fait la pensée sourire.

À 14 h, conférence de Claire Rodier sur son ouvrage Xénophobie business et le cynisme sinistre mondial et capitalisé. Ouvrir les yeux. Approfondir ce que l’on connait, ce que l’on devine. Une nouvelle parcelle de colère et d’impuissance et seulement cette possibilité d’un peu de connaissance pour au moins être conscient avec plus de netteté.

David del Campo présente également son travail sur la population Yezidi. La carte d’un peuple sans terre, et ce que ça veut dire en images pudiques de rester cinq années une famille entière dans une tente de douze mètres carrés. Vue de l’intérieur, la courbe de l’abri en toile à chaque photographie frontale, une couverture, une banquette, les tapis, un tissu et les plaques d’isolant pour tenir le froid dehors.

La déambulation démarre dans la salle rallumée pour voir Poupées. Les filles les gamines et les jeunes femmes gitanes. Les tallons les paillettes et leur vitalité. Des images puissantes et ambivalentes devant leur liberté qui s’efface le jour du mariage, vers quinze ou seize ans souvent. Une violence sourde et pourtant les sourires et les rires sur presque toutes les images.

Au point librairie je ferai deux dédicaces des Yeux brodés, la photo se trouve sur la couverture uniquement mais ce texte s’échelonne en quinze chapitres comme autant d’images.

La déambulation de lieu en lieu, d’exposition en exposition, on se rend sous la pluie dans le tunnel qui mène à la mer, la fin de la rue-canal se transforme en passage souterrain tagué et squatté espace occupé pas si simple. À côté des images de David Del Campo les lambeaux de l’autre exposition ont été enlevés parce que totalement saccagés. Il ne reste que son double texte de présentation l’un en français l’autre en espagnol, comme nous l’avons tous. Est-ce un hasard que ce soit uniquement le travail d’une femme qui ait fait les frais d’une colère de territoire cette nuit ? Les images poétiques de Beatriz Polo reprendront place dès demain face à la mer sous le regard de ceux qui viendront à la plage.

La découverte se poursuit, avec la présentation par la ou le photographe après un préambule par Patrice Loubon ou Claude Belime, les organisateurs émus et enthousiasmés touchés par ce qu’ils nous font découvrir. Sentir la force qui anime les artistes, leur conviction, le travail et le travail et la somme que cela représente, sentir le temps dans la question de la série, le cheminement, les étapes ou les interrogations.

Arrivés au poste de douane en file de voitures sous la pluie qui continue, les visiteurs envahissement les salles et découvrent la série de Xavi Millan dont une image s’érige seule au-dessus de l’anneau scellé dans le mur de l’ancienne cellule. Les Éternels de Delphine et Élodie, et dans le couloir en boucle la vidéo de Gilles Mercier mêlant images dessins et la voix de sa sœur lisant des brides des lettres de leur grand-père résistant.

Après une forme d’impatience qui est aussi une fébrilité sans être du trac mais une électricité sous la peau j’ai commencé la lecture de Presqu’îl-e avec les mains qui tremblent un peu mais ça ne s’est pas vu m’a rassuré Nathalie. Dire et expliquer, résumer le projet. Puis laisser les images parler. Laisser les autres photographes poursuivent et écouter et regarder mieux encore dans toutes les autres pièces du poste-frontière.

À Portbou la pluie s’est arrêtée et chacun gravit le long escalier qui mène au pied du mur de la Renfe où sont collés d’un côté les grands formats Philippe Petit, Border Line. Sur ses photographies, les corps se dédoublent et semblent disparaitre au contraire des lignes bien visibles qui les traversent.
De l’autre on trouve celles de Philippe Dollo, Aître Sudètes ou l’éloge de l’impuissance, images paysages qui sans bruit formulent un effacement de l’histoire et une persistance pourtant, de trace en trace, un lien qui se déroule qui persiste. Jusqu’à atteindre ce couple venu à Portbou justement le jour du collage, dont la femme est allemande et qui viendra et reviendra voir et dire comme ces photographies s’adressent à elle aussi qui racontent l’histoire de son père.

Puis les images d’ombre aux visages clairs d’Anne Sophie-Costenoble et plus loin, s’avancer entre les étals des halles de la ville pour le travail de Camille Carbonaro accroché aux murs carrelés de blanc d’un emplacement laissé libre. Découvrir Appelez-moi Victoria en autofiction en image et en mots, de page en page de collages en photographies d’identité. J’avais fixé en arrivant et en grand dans les couloirs de la gare une de ses photographies sous le pictogramme des escaliers desservant à droite et à gauche deux quais, matérialisant la question qu’elle se pose dans son livre.

Et enfin la présentation du lien rouge qui traverse et relie les deux villes de Ning Zuohong, en chinois simultané français et espagnol. Le fil qu’il installe et qu’il prolonge de lieu en lieu et de poignet en poignet à tous les présents au festival qu’il vient relier d’un bracelet ficelle.

Et enfin se mettre dans la nuit en terrasse rincée de pluie aux chaises qui s’égouttent et tout le monde sourit une bière devant soi.

Plus tard c’est la soirée au poste de douane où se réunir à nouveau à parler fort dans la musique. Manger boire dedans ou dehors juste sous la photographie des oranges étalées sur la table, l’une de mes images en grand format qui se superpose aux précédentes des éditions passées.

Pour finir un sandwich généreux au dernier café ouvert de Portbou la tablée joyeuse et le bruit des vagues.

Dimanche je range ma chambre je débarrasse le linge et refais ma valise. En fin de matinée je retourne voir certaines expositions. Puis lectures de portfolios. Inscrite à deux lectures j’ai décidé de montrer seulement la série Presqu’îl-e dans l’idée de poser la question du prolongement de ce projet multiple. Il y a le corpus de photographies et même cette seconde série que j’appelle complémentaire qui pourrait s’y glisser (dans quelle mesure ?) en apportant des temps de pose, de respiration, un éloignement du sujet du changement de genre, vers d’autres références. Il y a le texte de la taille d’un petit roman, qui se déploie presque entièrement à la première personne, pour ses paroles comme pour mes propres réflexions sur le travail de création et ma manière de photographier, sur les enjeux, sur les questions que je me suis posées progressivement sur le genre, les injonctions, les perceptions. Et enfin, la pièce de théâtre que j’ai adaptée de mes notes, de toute cette histoire, pour proposer deux personnages, il et elle, peut-être les deux voix d’une même entité, et le double, la question du double et du dialogue, intérieur ou pas.

La suite du temps de libre dans le vent frais qui traverse les rues, j’ai suivi les escaliers et sur un muret je me suis assise en surplomb de la baie. Je suis attachée aux rivières et à l’eau des lacs ou des ruisseaux, terriblement, aux arbres, aux arbres nom de nom et aux forêts, qui manquent cruellement ici. Regarder la mer et sentir la force des éléments, entendre et regarder les vagues.
Je ne savais pas que j’aimais ça. Autant.

Et à la tombée de l’après-midi dans la gare presque vide j’ai attrapé le train de nuit qui traversera l’averse proche à mesure que les lumières allument les villes.

Ci-dessus, photographies de Alejandro Pérez Álvarez (Fotolimo 2018).
Toutes les autres photographies : Pauline Sauveur, sauf les six images de la lecture : Philippe Dollo, que je remercie !

Festival Fotolimo quatrième édition
entre Cerbère (France) et Portbou (Espagne
du 20 au 29 septembre 2010

Organisé par Negpos / Patrice Loubon
et Lumière d’encre / Claude Belime

Les artistes exposés à Fotolimo :

Angeles Alonso (France, Mexique)
Camille Carbonaro (France)
Delphine et Élodie Chevalme (France)
Anne-Sophie Costenoble (France)
Philippe Dollo (France)
Pascal Fayeton (France)
Nathalie Lescuyer (France)
Gilles Mercier (France)
Richard Petit (France)
Pauline Sauveur (France)
Zuohong Ning (France, Chine)
David Del Campo (Espagne, Madrid)
Xavier Millán (Espagne, Catalogne)
Beatriz Polo Iañez (Espagne, Baléares)
Neus Solà (Espagne, Catalogne)
Lætitia Tura (France)
Carla Yovane (Chili)

et Claire Rodier, juriste au GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés), et co-fondatrice du réseau euro-africain Migreurop.

Et un vrai et très très grand merci
à toute l’équipe du festival pour leur accueil si chaleureux,
joyeux et facile, efficace et attentif !

Retour au mitan – avec Pascal Osten

Rivière et cailloux – photographie Pascal Osten

“Est-ce que la rivière est un corps qui court?
Est-ce que la surface est l’enveloppe de nos muscles liquides, le lit du ruisseau nos os immergés?
Est-ce que je respire mieux sur ses berges, sous cette pierre humide?
Peut-être que le gravier d’or est un trésors à l’envers?
Peut-être que ce qui le recouvre parle du soin qu’il a fallu pour l’habiller? Délicatement l’envelopper puis le porter puis l’enfouir ou lui donner l’élan et souffler dans l’air frais de la forêt à courir autant?
Debout sur un rocher qui écoute, à l’affût les pieds nus sur la poudre du sentier et ses feuilles sèches? 
Peut-être que le trésor inversé est un don muet, un cri sourd et qu’il nous ramène dans les bois écouter le bruit qu’il fait en trouvant sa place?
Peut-être que ce trésor est plus grand encore quand il se perd, dans la fragilité de la mousse, l’ombre du sous-bois, l’eau glacée du ruisseau, dans l’immensité de la nature qui nous est liée?
Peut-être est-ce tout cela à la fois.
Sûrement qu’il nous faudra être attentifs. 
Probablement qu’il nous sera précieux.
Peut-être qu’il s’agit de trouver le chemin qui nous manque ?”


Pauline Sauveur,
9 septembre 2019

cailloux dorés – photographies Pauline Sauveur

“Les graviers sont dans ma main. Je vais les lancer ici ou là, doucement. Je vais les déposer, les « ricocheter » au mitan d’eaux que je crois connaître. Encore que?

L’or qui les recouvre ne résistera pas à la caresse froide et rythmée du débit des ruisseaux et à peine plus longtemps aux courbes, aux boucles obstinées du courant des rivières. Précieux et mou à la fois, le métal va petit à petit se décoller en de minuscules paillettes qui chatouilleront le ventre de nacre de truites posées au creux des gravières. Nous leurs devons tout cela n’est-ce pas?

Retour au Mitan est une exploration, un chemin pris en tout sens interdits, une pratique du contre-orpaillage, une expédition de trésor rendu, l’idée d’une fortune faite et de suite abandonnée. Pendant des siècles, toujours maintenant, les rêves de quelques-uns sont trop souvent devenus le cauchemar du plus grand nombre. Il fait chaud cet été. Les graviers sont dans ma main, il est grandement temps de rendre ce que nous n’avons jamais cessé de prendre.”


Pascal Osten
1er octobre 2019

Ce travail est également à découvrir sur le blog Du Bruit Dans l’Atelier avec ses étapes préparatoires et ses échappées dans la forêt et des images de rivière.
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Rivière et cailloux – photographies Pascal Osten
Rivière et cailloux – photographie Pascal Osten
Rivière et cailloux – photographie Pascal Osten

Festival Fotolimo

“Si les limites nous sont nécessaires s’y confronter l’est tout autant. Relier les deux cotés que sépare une frontière c’est chercher le dépassement de l’artificiel pour penser l’unité. Nous proposons dans ce cadre d’appréhender la frontière de façon à mettre à l’épreuve notre conception du monde, de sa géopolitique, et aussi de notre humanité.En ces temps difficiles les frontières sont des enjeux majeurs sur les perspectives de nos devenirs nous les voyons se renforcer en murs, en lignes nettes et en enceintes pour un repli sur soi. Or ces fermetures mortifères ne sont elles pas d’illusoires obstacles aux autres qui entrainent à refuser la différence et l’inconnu ? Car fermé sur lui-même tout organisme s’étouffe et meurt.Sans l’altérité nous dépérissons. Nous avons besoin de l’autre.Cette année nous souhaitons mettre en avant que la frontière peut aussi être un concept qui nous unit. Loin de la limite (que les mots anglais « boundary » ou « border » définissent mieux) c’est dans l’acceptation de son épaisseur que nous souhaitons l’aborder. Nous osons espérer la frontière en tant qu’interface, comme lieux producteurs des échanges qui nous nourrissent dans une vision cosmopolite et universelle. (…) “

Extrait du texte de présentation du Festival Foto Limo 2019

par Claude Belime et Patrice Loubon
Directeurs artistiques
Lumière D’encre / Negpos
(Le texte complet est lisible sur 9 Lives magazine )

Très heureuse d’être invitée à exposer ma série Presqu’îl-e, ce qui me permettra de montrer de nombreuses images inédites !

Le festival se déroule entre Portbou et Cerbère
du 19 au 29 septembre 2019


Consultez le programme du festival !


Je serai aux côtés de :

Angeles Alonso (France, Mexique)
Camille Carbonaro (France)
Delphine et Elodie / Delphine Élodie Chevalme (France)
Anne-Sophie Costenoble (France)
Philippe Dollo (France)
Pascal Fayeton (France)
Nathalie Lescuyer (France)
Gilles Mercier (France)
Richard Petit (France)
Ning Zuohong (France, Chine)
David Del Campo (Espagne, Madrid)
Xavi Millan (Espagne, Catalogne)
Beatriz Polo Iañez (Espagne, Baléares)
Neus Solà (Espagne, Catalogne)
Laetitia Tura (France)
Carla Yovane (Chili)

Bienvenu.e.s !!!

Intervenir

Texte écrit à l’intention des architectes et des professionnels travaillant en lien avec le patrimoine, dans le cadre d’une formation à la sensibilisation du jeune public.
Formation menée en 2018 par le CAUE du Doubs, le CAUE de la Nièvre, et l’association Pixel, qui devrait se renouveler au second semestre 2019.

« Intervenir :
Agir, prendre part à une action.
Se mêler d’une action, d’une situation en cours,
en vue d’influer sur le cours des évènements (…) »
Larousse.fr

C’est être invité, être un élément étranger dans un milieu donné.
C’est l’occasion d’une rencontre dans un cadre spécifié, organisé.
C’est revendiquer une place particulière, ni enseignant, ni animateur, ni prestataire de service, qui nécessite d’être pédagogue et pédagogique, à chaque étape.
C’est venir avec son propre bagage, au service d’un projet, d’une idée, pour accompagner un groupe dans une approche de la notion d’architecture, de patrimoine, d’espace.

Et parce qu’on ne donne généralement que des conseils que l’on aurait aimé recevoir soi-même, voici quelques points que j’aurais voulu avoir en tête lorsque j’ai commencé à intervenir auprès de jeunes élèves.

Les enjeux :
Il s’agit de partager, d’apporter, de porter, soutenir, impulser : un regard, une sensibilité, une préoccupation par rapport à l’espace et au bâti, suivant un projet définit (une thématique, un lieu, une ville, un quartier, un monument, un bâtiment spécifique, etc).

Les moyens :
Notre pratique professionnelle, nos centres d’intérêt.
Et les moyens décidés en amont.

L’interlocuteur :
Privilégier une personne bien identifiée représentant la structure qui a la charge du public (centre social, accueil périscolaire, établissement scolaire).

Le cadre :
Préciser et mettre au point en partenariat avec la structure :

  • Statut de l’intervenant.
  • Nombre d’enfants, d’ateliers, d’heures d’intervention.
  • Durée globale, calendrier et date de restitution.
  • Condition de restitution (forme, enjeux, ouverture au public, invitations).
  • Conditions matérielles : rémunération, prise en charge des trajets, repas, hébergement éventuel.
  • Prise en charge du matériel, des fournitures nécessaires.
  • Précisions concernant les conditions et facilités sur place (photocopies, prêt de matériel).

À bien évaluer également :

  • Temps de préparation
  • Réunions préalables
  • Temps de recherche et documentation
  • Mise en place et création d’outils spécifiques ou adaptation d’outils existants.
  • Temps de préparation avant chaque atelier
  • Traitement des éléments suite à chaque rencontre (traitement des photographies, des éléments produits, fichiers, documents…)
  • Préparation de la restitution (complément éventuel, plan d’accrochage, cartels, notes explicatives, invitations ?)
  • Temps d’accrochage (doubler l’estimation !)

Le choix des mots :
pour moi :
Un atelier (n’est pas un cours)
Un intervenant (n’est pas un animateur)
Une restitution (n’est pas nécessairement un rendu)
Une contrainte : oblige et interdit, laissant ensuite le reste libre
Une consigne : peut amener à ce que chacun arrive au même endroit, au même résultat.

L’ouverture :
Il me semble impératif de donner à chaque fois une vraie place à ce qui arrive, ce qui n’était pas nécessairement prévu, aux réponses, aux questions, aux intuitions, aux trouvailles des enfants, des participants.

Les difficultés :
Une piste pour dépasser les difficultés éventuelles est de toujours revenir aux fondamentaux : à ce qui a été défini, à ce qui vous porte (sujet, approche) et aux élèves. Se rappeler que l’on est un intervenant avec un but, si les conditions sont ouvertement remises en cause (abandon, désintérêt, mauvais accueil) se rappeler que l’on peut stopper une action, un atelier.

La restitution :
C’est un moment privilégié, pour mettre en valeur le travail réalisé mais aussi les tâtonnements, les essais, les recherches, les brouillons. Ne jamais hésiter à exposer les brouillons ! Pensez à ouvrir plus largement la restitution : visite par les autres classes, par les parents, ouverture au public, faire faire des visites guidées par les élèves…

Le caillou dans la chaussure :
ou la vertu du corps étranger, qui est un élément spécifique, qui étonne, inspire, dérange, perturbe, nourrit.

Il s’agit de s’engager avec un groupe dans une approche de l’architecture (du patrimoine, de l’environnement, de l’urbanisme) pour s’emparer, mettre en valeur, s’amuser (s’amuser !) détourner, faire fructifier, amplifier, suivre, poursuivre ce qui ressort des ateliers, des réflexions, des connaissances, des propositions.

À garder sereinement en tête : dans la chaussure, le caillou gêne immanquablement à un moment ou un autre. On peut être confronté au fait qu’on dérange (ponctuellement) parce qu’on est invité, qu’on est étranger à la structure qui accueille, parce qu’on a des privilèges (accès aux photocopieurs, aux fournitures, à un budget transport, à une salle) parce qu’on a un soutien spécifique pour travailler en demi groupes, parce qu’il peut y avoir de la lassitude, des questions, des inquiétudes, parce que les modalités sont différentes, parce que le résultat est inconnu et pour une part imprévisible.

Rassurez-vous et rassurez autour de vous : ce sont ces mêmes caractéristiques qui en feront un projet intéressant, une rencontre marquante, une intervention réussie.

Et bons ateliers  !”

Corps en écho – vidéo du projet

de l’homme de Vitruve au corps contemporain

Ou comment approcher le lieu, riche de son histoire, de son architecture, de toutes les traces du temps et des œuvres qu’il héberge ? Témoignage de la Renaissance à travers chaque personnage sculpté, chaque décor, chaque ornementation, qui nous regarde depuis 500 ans.

Approcher les lieux, la lumière, le silence de la pierre et la texture du bois des parquets. Inviter les élèves à s’emparer de cette idée, pour rechercher, réinterpréter, matérialiser une nouvelle image du corps, des corps et de ses postures, en dialogue avec l’espace particulier de cet Hôtel, qui l’est tout autant.

Partir de l’Homme de Vitruve et de l’icône que c’est, presque un logo, un pictogramme, une signature. Que ce soit le point de départ, l’image mentale commune, et accompagner les étudiants dans leurs recherches, à travers la photographie et l’écriture.

Et prendre place collectivement, dans le lieu du dialogue, entretenu au fil des rencontres depuis le début de l’année, et proposer, humblement, cette réponse multiple, personnelle, fictionnelle, intime et singulière.


Mars 2019

Corps en échos, ou la relation, la tension, entre corps et espace.
S’approcher des lieux, la pièce, l’escalier monumental, l’oratoire, la salle basse, le passage couvert incliné. Ces espaces de l’Hôtel Lallemant à Bourges, construit entre 1495 et 1518, durant la première Renaissance française, confrontés au corps de celle ou celui qui regarde, qui s’installe, qui questionne.

Retour en vidéo sur ce projet mené avec la classe préparatoire aux études supérieures – Classe d’approfondissement en arts plastiques du Lycée Alain-Fournier, année 2018-2019.
Vidéo réalisée par l’un des étudiants : Antoine Resende.

Photographie Delphine Bordat

Lire – d’un monument l’autre

“nous sommes entrés les uns après les autres l’ouverture était mince mais suffisante et l’air sifflait tout autour il s’agissait de nous protéger du gel du froid qui pénètre les os de la neige qui tombait déjà qui tombera les jours prochains comme chaque fois comme chaque année il s’agissait simplement de ça mettre à l’abri les plus jeunes les plus faibles les plus vieux ceux qui étaient épuisés les blessés et tout le reste du groupe nous étions devant et autour et sur les flancs en bordure nous étions aux marges et à l’avancée aux arrières et sur nos gardes il fallait se relayer les premiers étaient venus en éclaireurs ils avaient réussi franchi l’ouverture avec précaution
(…)”

Extrait de mon texte “La nuit, beaucoup”

D’un monument l’autre, un site, un auteur.
Un auteur, un texte, un monument, et une lecture commune ce jeudi 13 juin à 18h00, pour partager les textes écrits pour chaque site.

Très heureuse de lire aux côtés des auteurs présents : Daniel Arsand, Nicole Caligaris, Fabienne Jacob, Christine Montalbetti, Jean-Pierre Ostende, Marc Pautrel, Jérôme Prieur.

J’ai eu le plaisir de découvrir le château d’Oiron et d’en faire le décor accueillant les personnages du texte, invitée par la MEL, maison des écrivains et de la littérature et le Centre des monuments nationaux.

A découvrir ce jeudi 13 juin à 18h
à l’Orangerie de l’Hôtel de Sully,
au 62 rue Saint Antoine, Paris 75004

Attention :
réservation nécessaire au 01 55 74 60 91
ou par mail
à n.georgepicot (at) maison-des-ecrivains.asso.fr

Au plaisir de vous y rencontrer !

Complément du 20 juin 2019 :
Quelques images de la lecture passée
!

Merci à Carine Guimbard, administratrice du Château d’Oiron pour ces photographies !


Et quelques unes de mes images du Château d’Oiron :

Revue les Impromptus

Des textes
des images
un dialogue
une Revue les impromptus
un numéro 2

ravie de faire partie de la publication
avec une photographie en dialogue
avec les mots d’ André Orphal

Revue arrivée
encre et papier par la poste
en main
lire et
découvrir de nombreuses collaborations
joyeuses
joueuses et colorées
noires et graves
gravées

Et quelques images :
Notre page avec André Orphal
la page de Lise Paco / Matt Bed
la page de Guylaine Monnier / Jean-Michel Delage
celle de Laurent Bouisset / Nicolas Guyot
et celle de Stéphanie Max / Ben Coudert

Merci, merci Olivia HB : )

Avec :
Leafar Izen, Lise Paco, Federica Nadalutti, Jane Agou, Pauline Sauveur, Anne Bernasconi, Stéphane Beauvais, Aurélie Noël Hugo Ferrero, Ez Nogood, Matt Bed, Insolo Veritas, Jean-louis Massot, Pierre Touron, André Orphal, Nicolas Liau, Christophe Esnault, Ben Coudert, Olivia Del Proposto, Laurent Bouisset, Jean Gabriel Cosculluela, Martin Laquet, Jos Roy, Radière Thierry, Michel Vautier, Clemens Coulon, Jean-Baptiste Ferrero, Nicolas Guyot, Stéphanie Max, Elodie Loustau, Elia Lesourt, Stéphanie Durdilly, Brixi Fondant, Guylaine Monnier, Gabrielle Jarzynski, Tristan Jeanne-Valès, Jean-Michel Delage

Prologue Thomas Màsp
Design et couverture Olivia HB

La revue est au prix de 8,99€
Pour se la procurer :
Revue les Impromptus tome 2,
ISBN 97823221468995

André Orphal (texte) Pauline Sauveur (photographie)
Lise Paco / Matt Bed
Guylaine Monnier / Jean-Michel Delage
Stéphanie Max / Ben Coudert
Laurent Bouisset / Nicolas Guyot

Bonne lecture !

Les arbres sont des marcheurs lents

Les arbres sont des marcheurs lents dans l’hiver aux feuilles caduques. Leurs branches secouent le vent froid et la nuit blanche de brume.

Ils savent les chemins hésitants et le bord des routes qui s’allume un instant sous les phares d’une voiture sur la nationale déserte. Ils connaissent les pas isolés de ceux qui sur le bas-côté, doucement avancent et insistent, qui explorent le trajet en train de se faire, celui qui toujours reste à faire, un jour après l’autre, un pied ou l’autre, devant.

Les arbres sont des marcheurs lourds qui dorment comme les chevaux, debout.

Puis ils avancent et relient leurs aires et leurs territoires de broussailles, à l’ombre ou sous la pluie, par delà les champs invisibles de neige, ils poursuivent les méandres et brodent les contours flous du paysage.

Une silhouette s’éloigne, dos droit sous la tempête qui redouble et martèle. Elle ignore la pluie qui s’engouffre et balaye, elle ignore la neige. Puisque chaque fois l’orage s’éloigne et finit, puisque le vent s’essouffle et caresse et termine enroulé aux brins de laine à ton cou. Ce qu’il en reste de froid t’accompagnera demain au soleil de février

Hêtre vivant – de François Dejardin

Sur la vitre de la portière, les gouttes s’écoulent aux jointures des doigts de ma main posée là, un appui avant le noir, un abri, un visage, peut-être une envie. Et l’eau froide glisse dans ma manche. Faire une pause sur le parcours, une étape, un répit, de quoi en fumer une et arrêter de penser, à nouveau s’astreindre au vide, reprendre l’élan et ne plus y penser, aller de l’avant.

Je vois le ravin au loin qui longe un bois au sommeil léger, à la sortie de la ville, il succède aux jardins clôturés des lotissements vides à la tombée du soir, les volets fermés pour la plupart. Il y avait là-bas, seule grande ouverte, la bouche noire de la porte absente de la maison en chantier sur une parcelle, au fond. Elle aura la vue belle sur le marronnier et le bout du chemin qui se perd dans un virage.

Les arbres sont des marcheurs aux ailes déployées qui annoncent l’air frais et notre essentiel besoin de respirer. Dont la trace persiste au-delà des yeux.

Les arbres sont des marcheurs endurants qui nous regardent suivre une idée peu claire. Leur bruissement ténu nous l’assure. Ils observent nos efforts fragiles et nos traces inaudibles qui s’additionnent. Ils savent combien les sentiers se travaillent, se prolongent et se croisent, ils savent comme se construisent les jours à venir. Et avec la douceur du couchant chaque fois, ils reconnaissent quand vers le Nord c’est l’été.

Pauline Sauveur
le 5 mai 2019

Merci à François Dejardin pour cette belle invitation à écrire un texte à partir de ses photographies et dessins réunis pour cette exposition à la Traces Galerie, à Liège (Belgique).

Le site de François Dejardin : http://polykrom.be/

Corps en échos – le corps contemporain

Une artiste coréenne dont on ne voit que la main, pose des oranges sur la table, l’une après l’autre et laisse le dernier emplacement vide. Elle a filmé chacun de ses gestes. Nous laissant avec l’infime déséquilibre de cet emplacement libre qui ne sera pas comblé.

Dans un autre plan, on ne voit rien, tout est blanc, on s’interroge, c’est étrange.
Il y a comme des remous sur une feuille de papier. Et lentement apparaît un curieux animal, qui doucement avance, déchirant le papier comme il peut, langue humaine qui fend le silence de la page, alors que le visage reste caché par le papier.

Un autre plan encore, elle pense dormir.
Mais le fauteuil est trop petit. Elle tente en vain de dormir sur son fauteuil. Ses tentatives sont à la fois drôles et désarmantes. Elle nous montre l’impossibilité du sommeil. Tête en arrière sur le dossier trop bas, bras et jambes qui glissent sur l’absence d’accoudoir, pieds qui ne tiennent pas sur l’assise trop petite et trop souple. Tout est inconfortable.

Ailleurs, elle installe une chaise devant un téléphone public mural. On n’entendra que des bribes de sa conversation, incompréhensibles, mêlées aux bruits de la circulation, des piétons qui traversent le champ de la caméra sans hésitation.

Je ne connais pas son nom, mais chacune de ses performances est un morceau jubilatoire de sérieux, de poésie et d’entêtement.
Peut-être que l’étrangeté et la puissance des performances viennent de ce qu’elles travaillent la question de l’inconfort du monde. Avec le corps, inévitable. Le corps, là, sur les bras, que l’on a sur les bras, qui nous oblige.
(…)

Extrait du texte que j’ai écrit pour l’exposition, en introduction à la question du corps plongé dans le lieu, dans l’espace de l’Hôtel Lallemant et de ses caractéristiques, sa matière, ses ambiances, ses histoires à réinterpréter.

Travail d’étudiant en dialogue avec une image de ma série “Le petit déjeuner”

Exposition installée jusqu’au 31 mai 2019

Et ce dialogue à travers les âges et les images, la question du visage, du regard, du corps qui raconte :

Les performances répètent, déclinent le corps absolument, résolument là. La présence. Elles impliquent le regard, et dans un même mouvement nous impliquent dans un rapport immédiat, confortable ou pas, face à celui ou celle qui s’expose et s’engage devant nous. Présence.

C’est de la viande vivante qui pense et qui se met sous votre nez, impossible à nier. Un corps qui agit et qui parfois même vous regarde.
On peut aimer, détester, être mal à l’aise, attiré, perplexe, dégouté, on peut même décider de partir parce que là c’est trop, ou rester parce que là c’est trop. Mais c’est soi et l’autre.

Le performeur a cette force-là, d’être présent au-delà de lui seul, inscrit dans une réalité, terriblement concrète, qui nous rend à nous-mêmes.

À quoi pense-t-il ? À quoi pense-t-elle ? À quoi penses-tu, Alexandra Guillot, à chaque feuille que tu prends avec attention et sérieux, dont tu nourris la machine à déchiqueter qui ronronne, qui découpe en filaments ? L’étrangeté de ce geste voulu, répété, répété, répété, et son unicité à chaque fois.

Et cette autre question, posée par une petite fille qui regarde et qui demande à Laurent Herrou qui reçoit Alexandra : elle est vivante ?. Il répond oui. Elle demande à nouveau : mais qu’est-ce qu’elle fait ? Il rajoute alors : son travail.

Les performeurs sont en cela magnifiques qu’ils sont, plus clairement que tous les autres. Ils redeviennent eux-mêmes bien sûr, à la fin, après, ils vous parlent à nouveau, ils boivent et mangent, ils aiment et reprennent leur vie.

Mais un temps encore, on peut les regarder du coin de l’œil.
Peut-on vraiment leur faire confiance ?
Sont-ils vraiment revenus ?
Redevenus comme nous ?

Suite et fin du texte.

Corps en échos exposition

accrocher, installer, prendre possessions des lieux, et adapter, improviser, pour finalement trouver un équilibre, entre le sens, les contraintes du lieu et de l’accrochage, entre les différents travaux présentés, leur multiplicité, et nouer le dialogue, sur les murs.

Puis lancer l’invitation !

L’ exposition est prolongée jusqu’au 31 mai !

Hôtel Lallemant
5 rue L’Hôtel Lallemant
18000 BOURGES

Ouvert du mardi au samedi 10-12h et 14-18h
Ouvert le dimanche de 14-18h
Fermé le lundi.

“Comme Vitruve ou Dürer, c’est à un dialogue entre l’architecture et le corps que nous convient les étudiants de la classe prépa artistique (CPES-CAAP) du lycée Alain-Fournier, au sein même de l’Hôtel Lallemant, premier hôtel particulier de la Renaissance française. Le parcours pluridisciplinaire mis en scène par les étudiants traverse l’Hôtel Lallemant en mettant en exergue le corps confronté au lieu sous forme d’installations, d’expositions, de textes. La restitution publique est le résultat de plusieurs mois de rencontres avec Pauline Sauveur, autrice, architecte et photographe, d’ateliers, d’expérimentations de l’espace par le corps, de travaux d’écriture, de photographies…”
Extrait de la présentation sur Berry Province

Silhouettes

Corps et espace
sur les traces d’un atelier avec deux classes de collégiens.

C’était après exploration du bâtiment
après leurs photographies de détails
leur travail sur de minuscules tirages sur papier calque au format diapositive
Après avoir apprivoisé j’espère, le regard, les lieux, la lumière.

Arriver dans le couloir, par deux ou trois, en chuchotant (en essayant) parce qu’il y a des cours à côté.
Poser et prendre la photographie.

Les images seront tirées sur papier
exposées en une longue ligne
traversant les couloirs et rejoignant les salles

Elles y sont encore : )

Projet mené dans le cadre des actions de sensibilisation à l’architecture du CAUE 58​

Corps en échos – rencontres

Lire. Lire parce que c’est ça, inviter une autrice. C’est des mots des textes et l’envie de les partager. C’est l’occasion de dire, comme chaque fois en préambule, installez-vous bien, confortablement, oui, même la tête sur les bras si vous voulez, on pose tout et je vous lis quelque chose. Un extrait de mon journal de résidence, un extrait de Un monde_Tir à vue, et d’autres encore.

Pour la suite, il y a chaque fois deux sacs remplis des livres que j’aime, souvent de photographes, d’artistes, qui parlent (oui les livres parlent, au moins autant, et mieux que moi bavarde) de démarche, de projets fous, de recherches, aussi d’architecture ou de dinosaures. Des livres avec de l’image, qui sont souvent les premiers car la découverte est plus rapide et le temps toujours compté.

Puis, pour la seconde rencontre dédiée à l’écriture, des livres presque exclusivement littéraires. Dont j’aurais voulu, aimé, lire un extrait de chaque, pour le plaisir des mots en bouche, pour la jubilation, la surprise, pour tout ce qu’ils ouvrent de portes et de questions, mais définitivement, le temps est compté.

écrire
avec la contrainte de début de phrases imposés
ici
là-bas
sur le mur
et puis
dans la pièce
dans l’idée
malheureusement
soudain
heureusement
finalement
lire
(à leur tour)

Alors des livres, de la littérature et un peu d’autres choses (toujours tricher).
Et le silence gourmand comme l’heure des frites à la cantine, que l’assiette est pleine et qu’on a faim, le silence de ceux qui plongent et savourent.
Dans quelques instants les entendre murmurer oh mais c’est bien, s’exclamer, se lire une phrase, rire et partager entre eux, ceux qui n’aiment pas auront la délicatesse de ne pas le dire à haute voix, d’autres échangeront rapidement leur livre, certain.e.s notent un titre, un auteur, une autrice.

Télescopages – Fabienne Yvert – éd. Attila
Lettre ouverte au banquier séquestré dans ma cave depuis plusieurs semaines – Eric Pessan – éd. Le Réalgar
Que faire des classe moyennes – Nathalie Quintane – éd. P.O.L
Le livre d’un été – Tove Jansson – éd. Albin Michel
Construire en habitant – Patrick Bouchain et Exyzt – éd. Actes Sud
Courir – Jean Echnoz – les Éditions de minuit
Ab absurdo – Marc Dubuisson – éd Lapin
Joconde jusqu’à 100 – Hervé Le Tellier – éd. Le Castor astral
Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres – Marcel Benabou – éd. Le Seuil
Écrire – marguerite Duras – éd. Folio
La belle et la bête – Jean Cocteau – éd. du Rocher
La tristesse durera toujours – Yves Charnet – éd. La Table ronde

Projet avec le lycée Alain Fournier et la classe prépa art. ou CPES-CAAP – Classe préparatoire aux études supérieures – Classe d’approfondissement en arts plastiques, dans le cadre du programme Viva Leonardo Da Vinci ! 500 ans de Renaissance(s) en Centre-Val de Loire.

500 ans de Renaissance – rencontre 1

Un projet qui s’inscrit dans le temps, c’est le cas de le dire, pour travailler à partir d’un bâtiment emblématique de la Renaissance à Bourges : l’Hôtel Lallemant et à partir d’une dessin encore plus emblématique, le croquis de l’homme de Vitruve de Léonnard de Vinci, ainsi que ceux dessinés par Dürer.

Soit, le corps et l’espace et l’envie immédiate de continuer ce que j’ai pu commencer dans une série comme le Petit déjeuner, ou les Chaises.
Un corps dans l’image et dans l’espace, dans le cadre de la photographie, déterminé par l’appareil, par le geste de photographier cette relation.

Visuel pour le projet à partir d’une photographie de la série Le petit déjeuner avec Laurent Herrou et une vue de l’Hôtel Lallemant.

Dans l’escalier central, hélicoïdal,
pour la colonne vertébrale que c’est chaque fois, pour un bâtiment,
et l’ombre de l’écrivain, Laurent Herrou,
et la pesanteur inversée.
Presque un programme.

L’homme de Vitruve – Leonard de Vinci (vers 1490)
Autoportrait – Albrecht Dürer (1500)


Et cette image que j’aime,
depuis qu’il me l’a montrée,
m’expliquant qu’il l’avait réalisée la veille,
le soir, une fois les enfants couchés.
Sacred heart – Tomaz Szrama (2012

Sacred heart – Tomaz Szrama (2012)


Et commencer par la visite : )

Dans la cour (basse) de l’Hôtel Lallemant à Bourges.


Le titre et l’idée du projet :
Corps en écho – De l’Homme de Vitruve au corps intime et contemporain


Ravie d’avoir été invitée à mener ce projet, par le lycée Alain Fournier, avec la classe prépa art. Classe répondant au doux nom de CPES-CAAP – Classe préparatoire aux études supérieures – Classe d’approfondissement en arts plastiques.
Et de pouvoir compter sur la complicité des musées de la ville et du service patrimoine de Bourges.
Le tout, dans le cadre du programme
Viva Leonardo Da Vinci ! 500 ans de Renaissance(s) en Centre-Val de Loire.

Écriture et châteaux

“nous étions devant et autour et sur les flancs en bordure nous étions aux marges et à l’avancée aux arrières et sur nos gardes il fallait se relayer les premiers étaient venus en éclaireurs ils avaient réussi franchi l’ouverture avec précaution c’était la première fois ils s’étaient frayés un chemin jusqu’ici les occupants d’avant semblaient s’être évanouis depuis longtemps il n’en restait rien aucun signe aucune présence même leur odeur avait disparue alors les premiers des nôtres s’étaient aventurés
(…)”

C’est un vrai plaisir d’être invitée* à écrire avec le si beau point de départ que représente le Château d’Oiron.

Découvrir le lieu la pierre les colonnes les voûtes la masse d’air sous les plafonds majestueux et la lumière qui traverse les vitraux. Se retrouver confrontée à l’exposition Curios&Mirabilia. Les œuvres faites à la mesure des pièces immenses ou des petits cabinets de curiosité qui s’étagent en demi-niveaux au bout d’escaliers en bois.

*Invitation faite par la Maison des écrivains et de la littérature et par le Centre des Monuments Nationaux.

poésie à la radio

ou comment raconter les phases déclic et oublier un chanteur
indiquer de la pop dépressive et se dire qu’il n’y a pas que ça
lire des extraits
lire Je suis un écrivain de Laurent Herrou
lire Le livre d’un été de Tove Jansson
et lire Les yeux bordés

et remercier Carole Bijou pour cette belle émission d’une heure qui passe trop vite qu’elle appelle la poésie débouche sur radio Canut à Lyon

Les yeux brodés
collection Marges

toujours disponible aux éditions Jacques Flament :
http://www.jacquesflamenteditions.com/349-les-yeux-brodes/

retour sur l’exposition parisienne – Galerie Canopy

tout le mois de décembre 2018, nos photographies ont pris place à la Galerie Canopy, Paris 20ème.
Avec le plaisir de se rencontrer pour la première fois pour la plupart d’entre nous, après une année d’échanges et de travail en commun suite à la publication du numéro 7 de la revue-livre NiepceBook (éditions Corridor éléphant) qui nous réunissait sous le thème Territoire et égalité.

7 photographes :
Chrystel Capparos
Antonio Domingues
Baptiste Gamby
Guillaume Lavit d’Hautefort
Ymy Nigris
Christophe Vandon
et moi-même

Captation et montage vidéo Baptiste Gamby

Un accrochage chaleureux, et un beau vernissage le samedi 8 décembre !
Merci à tous les visiteurs !

Territoire(s) et égalité(s)

Territoire(s) et égalité(s)
du 7 au 23 décembre
Galerie Canopy à Paris

Vernissage samedi 8 décembre à 19h !

” Le monde reste une obscurité. Le faire pénétrer dans une chambre noire permet de comprendre pas à pas des petites poches de réalité. Les photographes de cette exposition le prouvent. Et si la carte n’est pas le territoire, la photographie témoigne d’un état de fait et d’un espoir pour peu qu’elle ne se veuille ni colonialiste ni voyeuriste. Un corps « différent » devient un corps miroir. Il est réfléchi par le corps du récit des photographes.
(…)”
Jean-Paul Gavard-Perret

Nous seront 7 photographes, réunis autour de ce thème qui nous rassemblait déjà dans le NiepceBook n°7 publié par Corridor Eléphant, éditeur spécialisé dans la photographie contemporaine.

J’exposerai aux côtés de :
Chrystel Capparos
Antonio Domingues
Baptiste Gamby
Guillaume Lavit d’Hautefort
Ymy Nigris
Christophe Vandon

Galerie Canopy
19 rue Pajol – 75018 Paris
Métro 2 – station La chapelle

Ouverture : jeudi de 14h00 à 19h00
du vendredi au dimanche, de 14h00 à 20h00

Bienvenu.e.s !

Lecture au café Cassiopée – Paris

” Dehors, de l’air. Dehors, c’est presque l’été. Chaque plante sait se qu’elle a à faire, chaque animal aussi je suppose, mais le trèfle est moins farouche et se laisse observer sans ciller si je bouge. Je scrute entre les orteils peut-être la chance a quatre feuilles ?
(…)”
Les yeux brodés

préface de Laurent Herrou
éditions Jacques Flament, 2018

Lecture
jeudi 6 décembre à 19h30
au Cassiopée Café

21 rue Custine
75018 Paris

En exposition, les photographies de la série Chez elle

Chez elle, qui est aussi un livre
aux éditions Littérature Mineure de la belle Maison Dagoit

 

la poésie débouche – radio

Très heureuse et curieuse de cette prochaine rencontre, invitée par Carole Bijou pour son émission la poésie débouche, qui passe sur Radio Canut, basée à Lyon, 102.2 FM.

Ce sera vendredi 30 novembre pour une heure de direct, de 15 à 16h.

Il m’aura fallu trouver (choisir !!!) deux musiques (et pas trois, dix, vingt six) et deux extraits de livres (fichtre!!!) ce que j’ai dû me résoudre à faire, in extrémis.

Pour des mots dans les oreilles, rendez-vous vendredi , avec dedans même un extrait des yeux brodés.

Et pour ceux qui auraient piscine, cantine, Martine, tartine, routine, bref qui ne pourraient pas, l’émission, comme toutes les autres est ensuite archivée sur la jolie page de l’émission : La poésie débouche

à bientôt !

Une forêt de poche

Tenter le pop up
plier le papier
pour déplier une forêt de bouleaux
dessiner comme l’image qui trotte dans la tête.

Le bouleau dont on dit que ses feuilles d’un vert tendre, presque transparentes (de la taille de) en oreille de souris annonce le printemps bien plus que la date sur le calendrier. Dont l’écorce séchée a le velouté du cuir. Dont le bouquet de feuilles solides en été parfument le sauna…

Une forêt pour s’évader.

Les yeux brodés – avis

Trois avis sur Les yeux brodés !
Trois fois merci !

Merci à Jean-Paul Gavard-Perret pour son article sur le livre,  sur le site lelitteraire.com

“Le corps est omni­pré­sent mais sans être « matière » à exhi­bi­tion. S’en per­çoivent les effets de pro­fon­deurs, de sur­faces, de lignes et pers­pec­tives Existe une sorte de dérive urbaine là où « la petite » est qui elle fut, ce qu’elle devient. La créa­trice nous ramène à des points de jonc­tion et d’achoppement, sans lamento mais selon des rafraî­chis­se­ments à la mémoire de la rai­son de vivre ou de ten­ter de le faire.
L’écriture dans sa ténuité inci­sive et alerte crée un che­min qui balance entre la brû­lure des ronces morales et la nudité du soleil rêvé. Il fend la nuit du passé et l’auteure l’élucide dans la lumière du pré­sent. Là où tout fut pour l’enfant obs­cur et résis­tant, Pau­line Sau­veur l’érige en une trans­pa­rence — ce qui ne veut pas dire que l’écriture la sauve pour autant. La lit­té­ra­ture semble deve­nir un art aussi rupestre que contemporain.(…)”
Jeau-Paul Gavard-Perret
lelitteraire.com
21 septembre 2018

Les yeux brodés
préface Laurent Herrou
Jacques Flament Editions

Le livre, aux éditions Jacques Flament

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La publication de Moonpalaace,
blogeuse sur Instagram

25 septembre 2018

Je croule littéralement et avec bonheur sous les lectures de la sélection Elle.Quand Pauline Sauveur m’a proposé de m’envoyer son livre, j’avoue que j’ai hésité à en rajouter un à ma débordante pile…

Après une rapide visite à son blog, j’ai été intriguée et charmée par le choix des mots et des images. Pauline est auteure, photographe et architecte.
Alors j’ai ouvert la version numérique du livre qu’elle m’a offert, et puis j’ai été happée par son écriture, à la fois intrigante et infiniment poétique…

Le court texte mène le lecteur sur un chemin mystérieux, ou tel le Petit Poucet, il recherche des indices, les assemble et devine à travers la forêt le sentier onirique dessiné par l’auteure. Ce chemin, ce pourrait être celui d’une libération, celui d’un être sensible qui parvient à se défaire petit à petit des entraves de sa vie, ou tente au moins de les mettre à distance.

J’aime les mots qui sonnent, qui ont cette résonance bien au-delà de la page, que l’on prend plaisir à dire autant qu’à lire…

Et chez pauline_sauveur , les mots ont trouvé leur juste place : l’un appelle l’autre tout naturellement, ils résonnent entre eux.
Cette prose poétique gagne encore à être lue à haute voix…Ces mots disent l’incompréhension du monde, la difficulté à grandir, à être soi, à être mère, la souffrance, la vie, la mort.

Ce livre, c’est une nuée de mots qui s’assemblent pour former tels des oiseaux dans les airs, un dessin harmonieux dans le ciel du récit…

Merci Pauline pour cette poétique surprise.
Quelqu’un qui vous offre ses mots… quel plus beau cadeau ?

Morceau choisi :
« La route s’enroule sous les arbres, il ne me reste que le pont, petit pont de bois et la forêt à traverser. (…)
En fait, ce n’était pas un pont, juste une tuile. La tuile. Fine et croquante, dorée aux amandes. Délicieuse. Quelle idée de marcher dessus, on devrait pas marcher sur des biscuits, non plus. Tout a craqué , simple, net, immédiat. »”

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Et enfin l’avis de Sandra Knafo
également blogueuse sur Instagram

Le 26 septembre 2018

“C’est avec une vive curiosité que j’ai lu Les yeux brodés. Comment ne pas être intriguée par ce titre qui nous fait de l’œil ?

Un titre élégant tout en couture. Il s´agit d´un recueil initiatique et délicat en équilibre entre éclipse et lyrisme. Portée par une jolie plume gracile, l’auteure Pauline Sauveur dévide le fil de certains souvenirs, une liste de courses, les doutes, la souffrance, l’abandon, les craintes face à la maternité, tout en cherchant la juste place dans sa vie.

On lit et on écoute avec avidité et admiration ces mots sonores oui sonores qui s’échappent de la bande son de chaque phrase. Une jolie résonance poétique à lire!!! Je ne sais pas pourquoi le choix gracieux des mots les définissant et les identifications associées m’ont parfois fait penser à Marcel Duchamp.

#alire #arelire
Merci encore à #paulinesauveur pour m’avoir envoyé ce recueil qui m’a infiniment touchée.
#rentreelitteraire #bookstagram
#bookstagrammer #alireavoixhauteaussi “

Merci !!
Merci !!
Merci !!